Boni de liquidation : définition et imposition
Boni de liquidation : définition, calcul et imposition (PFU 30 %, art. 112 et 161 du CGI). Découvrez qui paie quoi et l'exonération de l'associé unique.
- Le boni de liquidation est le solde positif restant à répartir après remboursement du capital aux associés.
- Chez l'associé personne physique, il est imposé comme un revenu distribué (art. 112 et 161 du CGI), au PFU de 30 % ou sur option au barème progressif.
- Un droit de partage de 2,5 % peut s'ajouter, mais il n'est pas dû lorsque l'associé unique est une personne physique (SASU, EURL).
- Aucun boni n'est imposable si la liquidation ne dégage pas d'excédent au-delà des apports.
Sommaire
Le boni de liquidation est le solde positif qui subsiste après la clôture de la liquidation d’une société, une fois toutes les dettes réglées et le capital social remboursé aux associés. Cet excédent est imposé chez l’associé personne physique comme un revenu distribué (articles 112 et 161 du Code général des impôts), au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, ou sur option au barème progressif.
Qu’est-ce que le boni de liquidation ?
Le boni de liquidation apparaît à la toute fin de la vie d’une société, lors de la clôture de liquidation. Le liquidateur a réalisé l’actif (vendu les biens, encaissé les créances), apuré le passif (payé les dettes), puis remboursé aux associés le montant de leurs apports, c’est-à-dire le capital social.
Ce qu’il reste ensuite à répartir constitue le boni. Il représente l’enrichissement de la société au fil des années : bénéfices mis en réserve non distribués, plus-values latentes réalisées lors de la liquidation, report à nouveau créditeur.
📌 Le boni de liquidation ne se confond pas avec le remboursement du capital. Rembourser les apports n’est jamais imposable : vous récupérez ce que vous aviez mis. Seul l’excédent au-delà des apports — le boni — est susceptible d’être taxé.
À l’inverse, si le partage ne permet même pas de rembourser intégralement le capital, on parle de mali de liquidation : une perte, dont le traitement fiscal diffère radicalement (voir notre article sur le mali de liquidation et ses conséquences).
Comment calcule-t-on le boni de liquidation ?
Le calcul intervient sur la base des comptes définitifs de liquidation, approuvés par les associés lors de l’assemblée de clôture. La logique est la suivante :
| Étape | Élément | Effet sur le boni |
|---|---|---|
| 1 | Actif net après réalisation | Point de départ |
| 2 | – Passif restant (dettes, impôts) | Diminue |
| 3 | – Remboursement du capital social (apports) | Diminue |
| 4 | = Boni de liquidation | Solde positif à répartir |
En pratique, le boni correspond donc à l’actif net de liquidation, diminué du capital social remboursé. Il regroupe le plus souvent :
- les réserves (légale, statutaires, facultatives) non distribuées ;
- le report à nouveau créditeur ;
- le résultat de liquidation (dont les éventuelles plus-values sur cession d’actifs).
⚠️ La date de dissolution et celle de clôture de liquidation sont deux moments distincts. La dissolution ouvre la liquidation ; le boni ne se détermine qu’à la clôture, après que le liquidateur a tout soldé. Ne confondez pas ces deux étapes : la fermeture d’une société se déroule en deux temps, comme nous l’expliquons dans notre service de dissolution-liquidation.
L’imposition du boni chez l’associé
Le sort fiscal du boni dépend de la qualité de l’associé qui le perçoit.
Associé personne physique
Pour un associé personne physique, le boni de liquidation est assimilé à un revenu distribué en application des articles 112 et 161 du Code général des impôts. Il suit donc le régime des dividendes.
Par défaut, il est soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, qui se décompose en :
- 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu ;
- 17,2 % au titre des prélèvements sociaux.
L’associé peut néanmoins opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu (option globale annuelle), ce qui peut être avantageux pour les foyers faiblement imposés. Cette option ouvre alors, sous conditions, un abattement sur la fraction imposable des distributions.
| Situation | Régime d’imposition | Taux |
|---|---|---|
| Associé personne physique (défaut) | Revenu distribué – PFU | 30 % |
| Associé personne physique (sur option) | Revenu distribué – barème progressif | Taux marginal + prélèvements sociaux |
| Remboursement du capital (apports) | Non imposable | 0 % |
Associé personne morale
Lorsque l’associé est une société soumise à l’impôt sur les sociétés, le régime diffère : le boni peut relever du régime des plus-values ou, sous conditions de détention, du régime mère-fille. Ce point technique dépend étroitement de votre montage ; nous vous invitons à en discuter lors d’un échange personnalisé.
Le droit de partage de 2,5 % : quand est-il dû ?
Au-delà de l’imposition du revenu distribué, le partage du boni entre les associés peut donner lieu à un droit d’enregistrement dit droit de partage, au taux de 2,5 %, assis sur le montant du boni partagé.
Ce droit vise l’opération de partage entre plusieurs ayants droit. Il en résulte une conséquence essentielle :
💡 Le droit de partage de 2,5 % n’est pas dû lorsque l’associé unique est une personne physique (SASU, EURL). En l’absence de pluralité d’associés, il n’y a pas de partage taxable : le boni revient en totalité à l’associé unique. C’est un point d’économie souvent ignoré des dirigeants de sociétés unipersonnelles.
Nous détaillons l’assiette, le redevable et cette exonération dans notre article dédié : droit de partage de 2,5 % : qui le paie sur le boni ?.
Le montant exact des droits et modalités déclaratives dépend de votre situation ; en cas de doute, vérifiez le régime applicable auprès de votre service des impôts (impots.gouv.fr) ou faites-vous accompagner.
En pratique : anticiper la fiscalité avant de fermer
La fiscalité du boni pèse directement sur ce que l’associé récupère réellement. Deux réflexes utiles avant d’engager la liquidation :
- Distinguer capital et boni dès l’établissement des comptes de liquidation, pour identifier la part réellement imposable.
- Vérifier votre structure : un associé unique personne physique échappe au droit de partage, ce qui change le calcul net.
Si vous hésitez encore entre fermer votre société et la conserver, notre comparatif fermer ou mettre en sommeil sa société vous aidera à trancher : la mise en sommeil reste une pause réversible, quand la dissolution est définitive.
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Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 6 juillet 2026.
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