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L'essentiel
- La dissolution volontaire résulte d'une décision des associés (AG/PV), à ne pas confondre avec la mise en sommeil, décidée par le seul dirigeant.
- La procédure comprend deux étapes distinctes au greffe : la dissolution (~173,97 € TTC) puis la radiation (~7,26 € TTC), plus deux annonces légales.
- Le boni de liquidation versé aux associés est imposé comme un revenu distribué, en principe au PFU de 31,4 %.
La dissolution volontaire d’une société est la décision, prise par les associés, de mettre fin à l’activité et d’engager sa liquidation. Elle se distingue de la mise en sommeil, réversible, et suppose un procès-verbal d’assemblée, deux formalités au greffe et deux annonces légales avant la radiation définitive.
Avant d’aller plus loin, une question mérite d’être posée franchement : votre société a-t-elle vraiment besoin d’être dissoute, ou traverse-t-elle simplement une pause ? Beaucoup de dirigeants engagent une dissolution alors qu’une mise en sommeil aurait suffi, le temps de retrouver un repreneur ou de relancer l’activité. Nous revenons sur cette nuance en fin d’article, mais commençons par le cadre légal de la dissolution elle-même.
Dissolution volontaire société : de quoi parle-t-on exactement ?
Juridiquement, la dissolution est l’acte par lequel les associés décident de mettre fin à l’existence de la société avant le terme prévu par les statuts (ou à son terme, ou pour tout autre motif légal). Elle n’entraîne pas la disparition immédiate de la personne morale : la société « survit » pour les besoins de sa liquidation, le temps que le liquidateur règle les créanciers, recouvre les créances et répartisse le solde entre associés.
C’est cette confusion — croire que la dissolution ferme immédiatement la société — qui piège le plus souvent les dirigeants pressés. En réalité, tant que la clôture de liquidation n’a pas été publiée et la radiation effectuée, la société conserve des obligations : tenue de comptes, réponse aux créanciers, et parfois dépôt fiscal.
⚠️ Ne confondez pas les trois formalités. La mise en sommeil et la reprise d’activité sont de simples décisions du dirigeant (gérant ou président), déclarées au guichet unique, sans assemblée générale ni PV obligatoire — sauf si vos statuts l’exigent. La dissolution, à l’inverse, requiert bien un acte formel : un procès-verbal d’assemblée générale extraordinaire (ou une décision de l’associé unique en SASU/EURL) qui nomme le liquidateur. Ne mélangez jamais ces deux logiques dans vos démarches.
Quels sont les trois types de dissolution d’une société ?
On distingue en pratique trois grandes familles de dissolution, selon leur origine :
- La dissolution volontaire (ou amiable) : décidée par les associés eux-mêmes, en assemblée générale extraordinaire, sans qu’aucune difficulté ne l’impose. C’est le cas le plus fréquent — cessation d’activité choisie, mésentente entre associés, ou fin de projet.
- La dissolution statutaire : elle intervient automatiquement à l’arrivée du terme prévu dans les statuts (une société ne peut être constituée pour plus de 99 ans), ou lorsqu’un événement prévu par les statuts se réalise.
- La dissolution judiciaire ou de plein droit : prononcée par un tribunal (mésentente grave entre associés, extinction de l’objet social, annulation du contrat de société) ou constatée automatiquement, par exemple en cas de perte de la moitié du capital social sans régularisation, ou lorsque la société ne compte plus qu’un seul associé dans certaines formes juridiques sans transformation.
Cet article porte sur la première catégorie, la plus courante : la dissolution volontaire décidée par les associés eux-mêmes, sans contentieux ni difficulté financière — la société ne doit d’ailleurs pas être en état de cessation des paiements, sous peine de basculer vers une procédure collective (liquidation judiciaire).
Quel est le coût de la dissolution d’une société ?
Le coût d’une dissolution-liquidation se décompose en trois postes : les frais de greffe, les annonces légales, et éventuellement les honoraires d’un prestataire qui pilote le dossier.
| Poste | Montant | Moment |
|---|---|---|
| Frais de greffe — dissolution (avec dépôt d’acte) | 173,97 € TTC | Après le vote de l’AG |
| Frais de greffe — radiation (clôture de liquidation) | 7,26 € TTC | Après la clôture |
| Annonce légale — dissolution / nomination du liquidateur | ≈ 153 € HT | Après le vote de l’AG |
| Annonce légale — clôture de liquidation | ≈ 111 € HT | Après l’approbation des comptes de liquidation |
| Total frais de greffe cumulés | ≈ 181,23 € TTC | — |
Ces montants correspondent au barème en vigueur pour une inscription modificative avec dépôt d’acte ; ils ne comprennent ni les honoraires d’accompagnement ni d’éventuels frais annexes (expert-comptable, avocat en cas de litige). Sur miseensommeil.fr, l’accompagnement d’une dissolution-liquidation est facturé 200 € HT, les deux annonces légales étant incluses dans ce forfait — ce qui évite d’avoir à démarcher deux organes de presse habilités séparément.
À titre de comparaison, une simple mise en sommeil coûte 150 € HT (frais de greffe en sus, nettement inférieurs puisqu’il n’y a qu’une seule inscription modificative, sans dépôt d’acte dans la majorité des cas). C’est l’un des arguments qui doit peser dans votre décision si votre société n’a pas vocation à disparaître définitivement.
Quelles sont les conséquences d’une dissolution de société ?
La dissolution emporte plusieurs effets, souvent sous-estimés par les dirigeants qui pensent « tourner la page » du jour au vote de l’AG.
Sur le plan comptable et fiscal. La dissolution entraîne l’arrêt d’un exercice comptable et l’établissement d’un bilan de clôture. Si la liquidation dégage un boni de liquidation (l’actif net restant après paiement des dettes et remboursement du capital), celui-ci est imposé, entre les mains des associés personnes physiques, comme un revenu distribué au sens des articles 112 et 161 du Code général des impôts. Il est en principe soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, sauf option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Sur les déficits reportables. Si la société a accumulé des déficits fiscaux, la clôture définitive de l’activité met fin à la possibilité de les reporter en avant (imputation sans limite de durée, plafonnée à 1 000 000 € majoré de 50 % du bénéfice excédentaire, selon le BOFiP BOI-IS-DEF-10-30) ou en arrière sur l’exercice précédent (plafond de 1 000 000 €, BOFiP BOI-IS-DEF-20-10). C’est un point à anticiper avec votre expert-comptable avant de voter la dissolution : dans certains cas, prolonger l’activité, même à faible niveau, permet de mieux valoriser ces déficits.
Sur les contrats en cours. Baux commerciaux, contrats de travail, abonnements : la dissolution n’y met pas fin automatiquement. Le liquidateur doit les résilier ou les céder dans le cadre de ses pouvoirs, ce qui peut générer des indemnités à provisionner avant de clôturer.
Sur la CVAE, si la société y était assujettie : la suppression totale de cette contribution ayant été reportée à 2030, une société encore active en 2026-2027 reste redevable dans les mêmes conditions que d’ordinaire (taux maximal de 0,28 % de la valeur ajoutée, exonération sous 500 000 € de chiffre d’affaires), y compris pour l’exercice de dissolution.
Comment procéder à une dissolution volontaire, étape par étape
1. Vérifier l’absence de cessation des paiements. Une société qui ne peut plus payer ses dettes exigibles avec son actif disponible relève d’une procédure collective, pas d’une dissolution amiable. En cas de doute, un point avec votre expert-comptable s’impose avant toute convocation d’assemblée.
2. Convoquer et tenir l’assemblée générale extraordinaire. Les associés votent la dissolution et nomment le liquidateur amiable — souvent le dirigeant lui-même, mais pas obligatoirement. La décision est consignée dans un procès-verbal, que vous rédigez et signez (nous mettons à votre disposition un modèle pré-rempli à partir des informations que vous nous transmettez, mais l’acte reste le vôtre).
3. Publier l’annonce légale de dissolution. Elle informe les tiers de l’ouverture de la liquidation et de l’identité du liquidateur. Nous détaillons le contenu exact et les tarifs pratiqués dans notre guide sur l’annonce légale de dissolution, ainsi que ses spécificités pour les SASU.
4. Déclarer la dissolution au guichet unique. Le liquidateur transmet le dossier (PV de dissolution, attestation de parution, formulaire dédié) pour inscription modificative au RCS. Le Kbis mentionnera alors la société « en liquidation ».
5. Réaliser les opérations de liquidation. Recouvrement des créances, cession des actifs, paiement des dettes, dans la limite du mandat du liquidateur, qui ne peut excéder trois ans mais reste renouvelable.
6. Clôturer la liquidation. Une seconde assemblée approuve les comptes de liquidation et constate soit un boni, soit un mali. Ce moment fait l’objet d’une seconde annonce légale — voir notre guide sur l’annonce légale de clôture de liquidation — puis d’une formalité de radiation au guichet unique, à effectuer dans le délai d’un mois suivant cette publication.
Pour une SARL, ces étapes obéissent à un formalisme précis que nous détaillons dans notre guide complet de la liquidation amiable SARL.
Dissolution ou mise en sommeil : la question à se poser avant de trancher
Nous accompagnons régulièrement des dirigeants persuadés qu’une dissolution est la seule issue, alors que leur situation appelle plutôt une pause. C’est le cas de Nathalie, gérante de la SARL « Lumière & Décors » : après la perte de son principal client, elle envisageait de dissoudre la société, convaincue qu’il n’y avait plus rien à faire. En creusant sa situation, il est apparu qu’elle espérait reprendre une activité de conseil sous la même structure d’ici un an ou deux, une fois son nouveau projet finalisé. Une dissolution aurait clos définitivement cette possibilité et généré des frais qu’elle n’avait pas besoin d’engager. Elle a opté pour une mise en sommeil : la société a été déclarée en cessation temporaire d’activité auprès du guichet unique, sans PV ni assemblée puisque ses statuts ne l’exigeaient pas. Dix-huit mois plus tard, elle a repris son activité, toujours sans formalisme lourd — une simple déclaration de reprise.
Ce cas illustre une règle simple : la dissolution est irréversible, la mise en sommeil ne l’est pas. Tant que votre société n’exerce plus d’activité mais que rien n’impose sa disparition — pas de dettes bloquantes, pas de mésentente insoluble entre associés, une possibilité réelle de reprise —, la mise en sommeil mérite d’être étudiée en priorité. Elle maintient certaines obligations (dépôt des comptes annuels, déclarations fiscales même à néant) mais évite les deux annonces légales et la double formalité de radiation propres à la dissolution. Notre guide après mise en sommeil, que faire ? détaille les options à l’issue de cette période, y compris la bascule vers une dissolution si la reprise n’est finalement plus envisagée — la mise en sommeil ne fermant définitivement aucune porte, dans la limite légale de deux ans avant radiation d’office par le greffier.
💡 Vous hésitez entre mise en sommeil et dissolution volontaire ? Chaque situation a ses spécificités fiscales et sociales. Contactez-nous pour un échange sur votre dossier avant de convoquer une assemblée générale.
*Rédigé avec l’assistance d’outils d’IA, sous la responsabilité éditoriale de NORGE CONSEIL. Mise à jour : 10 juin 2026.
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