Radiation société INPI : la procédure complète en 2026

Radiation société INPI : conditions, étapes, coûts et pièges à éviter. Guide pratique 2026 avec exemple concret pour ne rien manquer.

Relu le 03.10.26 · 7 min de lecture · revu par Marie Gattepaille, juriste

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Radiation société INPI : ce qu’il faut savoir avant de se lancerComment radier une société de l’INPI ?Quelle différence entre radiation et cessation d’activité ?Comment supprimer mon entreprise sur INPI ?Comment procéder, étape par étapeCe qu’il faut retenir avant d’engager une radiation

L'essentiel

  1. La radiation d'une société à l'INPI ne se fait qu'après la clôture de la liquidation, jamais en simple cessation d'activité
  2. Une société en sommeil non réactivée sous 2 ans peut être radiée d'office par le greffier (art. R123-125 du Code de commerce)
  3. Radier une entreprise individuelle est une formalité directe ; radier une société suppose deux étapes distinctes (dissolution puis radiation)

Radier une société auprès de l’INPI, c’est acter au registre du commerce la fin définitive de son existence juridique, après dissolution et liquidation. Cette formalité, réalisée sur le guichet unique des formalités des entreprises, ne se confond ni avec une simple cessation temporaire d’activité, ni avec une dissolution seule : elle en est la conséquence finale et irréversible.

Beaucoup de dirigeants nous écrivent en pensant qu’il suffit de « supprimer » leur société sur le site de l’INPI. En réalité, la radiation société INPI répond à une logique précise, en plusieurs étapes, avec des délais et des frais bien distincts selon que l’on ferme une entreprise individuelle ou une société. Nous détaillons ici la procédure complète, ses pièges, et la différence essentielle avec la mise en sommeil.

Radiation société INPI : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

La radiation n’est jamais la première étape d’une fermeture d’entreprise. Pour une société (SASU, SAS, SARL, EURL, SCI…), elle intervient uniquement après deux phases préalables :

  1. la dissolution, décidée en assemblée générale extraordinaire (ou par décision de l’associé unique en SASU/EURL), qui nomme un liquidateur ;
  2. la liquidation, pendant laquelle le liquidateur règle les dettes, recouvre les créances, et établit les comptes de clôture.

Ce n’est qu’une fois ces comptes approuvés et l’annonce légale de clôture publiée que la radiation peut être déclarée. Nous avons détaillé chacune de ces étapes dans notre annonce légale de dissolution : prix, contenu, publication et dans notre guide sur l’annonce légale de clôture de liquidation.

⚠️ Erreur fréquente : penser que la mise en sommeil et la dissolution obéissent aux mêmes règles de gouvernance. La mise en sommeil et la reprise d’activité sont de simples décisions du dirigeant (gérant ou président), déclarées au guichet unique — aucune assemblée générale ni procès-verbal n’est requis, sauf disposition contraire des statuts. La dissolution, elle, exige bien un acte formel : PV d’assemblée générale extraordinaire ou décision de l’associé unique. Ne confondez jamais ces deux logiques.

Pour une entreprise individuelle ou un auto-entrepreneur, la situation est plus simple : il n’y a pas de personnalité morale distincte à dissoudre. Une déclaration de cessation d’activité au guichet unique entraîne directement la radiation du registre, moyennant 83,64 € TTC de frais de greffe.

Comment radier une société de l’INPI ?

Concrètement, la radiation d’une société se déclare sur le guichet unique des formalités des entreprises, opéré par l’INPI, qui a remplacé les CFE depuis 2023. C’est le liquidateur — et non plus le gérant ou le président, dont les fonctions cessent à la dissolution — qui effectue cette formalité.

Les pièces à réunir sont généralement les suivantes :

  • le procès-verbal de clôture de liquidation, approuvant les comptes définitifs ;
  • l’attestation de parution de l’avis de clôture dans un support d’annonces légales ;
  • une déclaration sur l’honneur de non-condamnation du liquidateur, si elle n’a pas déjà été fournie à la dissolution ;
  • le formulaire de radiation dématérialisé sur le guichet unique.

Une fois la formalité validée, le greffe procède à la radiation au RCS et publie un avis au BODACC. La société disparaît alors définitivement : plus de Kbis, plus de personnalité morale, plus d’obligations déclaratives.

FormalitéFrais de greffe TTC (barème en vigueur)
Cessation temporaire (mise en sommeil), société, sans dépôt d’acte166,71 €
Cessation temporaire (mise en sommeil), société, avec dépôt d’acte173,97 €
Cessation temporaire, entreprise individuelle / auto-entrepreneur83,64 €
Dissolution (inscription modificative avec dépôt d’acte)173,97 €
Radiation (clôture de liquidation)7,26 €
Avis BODACC isolé11,84 €

Ce tableau illustre un point souvent mal compris : la radiation en elle-même coûte très peu (7,26 € TTC), mais elle est précédée d’une dissolution nettement plus onéreuse. Au total, dissolution et radiation cumulées représentent environ 181,23 € de frais de greffe, hors les deux annonces légales obligatoires (environ 153 € HT pour la dissolution, 111 € HT pour la clôture).

Quelle différence entre radiation et cessation d’activité ?

C’est la confusion la plus fréquente chez les dirigeants qui nous contactent. La cessation d’activité — au sens de mise en sommeil — est une pause réversible : la société continue d’exister juridiquement, conserve son numéro SIREN, son Kbis (avec la mention « activité cessée »), et peut redémarrer à tout moment sur simple déclaration de reprise. La radiation, elle, est la mort juridique de la société : elle survient au terme de la liquidation et ne peut pas être « annulée ».

Exemple type : Notre cliente Nathalie, gérante de la SARL Lumière & Décors, a d’ailleurs vécu ces deux logiques de très près. Elle avait mis sa société en sommeil pendant 18 mois, pensant disposer d’une marge confortable. À l’approche de la deuxième année, elle a découvert qu’au-delà du délai maximal, le greffier peut procéder à une radiation d’office en application de l’article R123-125 du Code de commerce — une radiation qu’elle n’aurait pas maîtrisée, sans liquidation organisée ni répartition de son actif. Elle a finalement choisi de réactiver son activité à temps, évitant cette issue.

Ce distinguo mérite d’être retenu :

SituationNatureRéversible ?Formalité au guichet unique
Mise en sommeilPause d’activitéOui, sous 2 ansDéclaration de cessation temporaire (décision du dirigeant)
Reprise d’activitéRedémarrage—Déclaration de reprise (décision du dirigeant)
DissolutionFin de vie sociale décidéeNon (sauf régularisation avant clôture)Inscription modificative avec dépôt d’acte de dissolution
RadiationDisparition définitiveNonDéclaration de radiation par le liquidateur

Si vous hésitez entre suspendre temporairement votre activité et fermer définitivement votre société, notre page dédiée à la mise en sommeil détaille les conditions et le coût de cette option réversible, souvent plus adaptée qu’on ne le pense à une difficulté passagère.

Comment supprimer mon entreprise sur INPI ?

Cette question, très recherchée, part d’une intuition compréhensible mais inexacte : il n’existe pas de fonction « supprimer mon entreprise » sur le portail du guichet unique. La marche à suivre dépend entièrement de la structure juridique.

Pour une entreprise individuelle ou un auto-entrepreneur, la fermeture est directe : une déclaration de cessation d’activité au guichet unique entraîne la radiation immédiate, sans étape de dissolution ni de liquidation préalable, puisqu’il n’existe pas de patrimoine social distinct de celui du dirigeant.

Pour une société, la « suppression » suppose de suivre le parcours complet :

  1. décision de dissolution et nomination d’un liquidateur ;
  2. publication de l’annonce légale de dissolution ;
  3. inscription modificative de dissolution au RCS (dépôt d’acte, 173,97 € TTC) ;
  4. opérations de liquidation (recouvrement, apurement du passif, répartition de l’actif net) ;
  5. approbation des comptes de liquidation et publication de l’annonce légale de clôture ;
  6. déclaration de radiation au guichet unique dans le délai d’un mois à compter de la publicité de la clôture.

📌 À retenir : c’est le respect de ce délai d’un mois après la publication de l’annonce de clôture qui déclenche l’obligation, pour le liquidateur, de déposer la formalité de radiation. Un retard n’entraîne pas d’annulation de la liquidation, mais il retarde la fin officielle des obligations déclaratives de la société — comptes annuels, CFE, etc. — qui subsistent tant que la radiation n’est pas actée.

Si votre société est actuellement en sommeil et que vous vous demandez si la case dissolution est inévitable, sachez qu’une reprise d’activité reste possible jusqu’à l’expiration du délai de deux ans. Nous détaillons les démarches concrètes dans notre article Après mise en sommeil : que faire ? Guide complet.

Comment procéder, étape par étape

Voici la check-list opérationnelle que nous recommandons à nos clients avant d’engager une radiation :

  1. Vérifier l’état des comptes de liquidation. Aucune radiation ne peut être déclarée avant l’approbation des comptes définitifs par les associés (ou l’associé unique).
  2. Publier l’annonce légale de clôture dans le même support que l’annonce de dissolution, ou dans un autre support habilité, selon les mentions légales requises. Notre guide annonce légale de clôture de liquidation : mode d’emploi détaille le contenu exact attendu.
  3. Réunir les pièces justificatives : attestation de parution, PV de clôture, déclaration sur l’honneur du liquidateur si nécessaire.
  4. Déclarer la radiation sur le guichet unique, dans le délai d’un mois suivant la publicité de la clôture.
  5. Conserver le récépissé de dépôt et surveiller la publication au BODACC, qui matérialise la fin effective de l’inscription.
  6. Solder les obligations fiscales résiduelles : la déclaration de résultat, la CFE de l’année de clôture et, le cas échéant, l’imposition du boni de liquidation entre les mains des associés (soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, en application des articles 112 et 161 du Code général des impôts).

💡 Ce parcours en plusieurs étapes explique pourquoi nos honoraires diffèrent selon la formalité demandée : 150 € HT (+ frais de greffe) pour une mise en sommeil ou une reprise d’activité, contre 200 € HT (+ les deux annonces légales) pour un accompagnement complet dissolution-liquidation jusqu’à la radiation. Si votre situation est plus complexe, mieux vaut en discuter directement avec nous via notre page contact.

Ce qu’il faut retenir avant d’engager une radiation

La radiation société INPI ne s’improvise pas : elle est l’aboutissement d’un processus de dissolution-liquidation, jamais une action isolée. Confondre cette formalité définitive avec une simple cessation temporaire d’activité conduit souvent des dirigeants à s’engager trop tôt dans une fermeture irréversible, alors qu’une mise en sommeil aurait suffi à traverser une période difficile.

Avant toute décision, posez-vous la question suivante : votre société a-t-elle vocation à redémarrer un jour, même dans plusieurs mois ? Si la réponse est incertaine, la mise en sommeil reste l’option la plus prudente, à condition de respecter le délai maximal de deux ans et de continuer à déposer vos comptes annuels et vos déclarations fiscales, même à néant, conformément aux articles L232-21 et suivants du Code de commerce. Si la réponse est clairement non, alors la dissolution-liquidation, suivie de la radiation, est la voie à engager sans attendre — pour éviter tout risque de radiation d’office par le greffier.

Pour aller plus loin sur les formalités liées, consultez également notre guide sur l’annonce légale mise en sommeil : est-ce obligatoire ? ou, si vous préparez une reprise en SAS, notre article annonce légale reprise d’activité SAS : guide complet.


Rédigé avec l’assistance d’outils d’IA, sous la responsabilité éditoriale de NORGE CONSEIL. Dernière mise à jour : 3 octobre 2026.

Rédaction NORGE CONSEIL
Revu par Marie Gattepaille, juriste · rédigé avec l'assistance d'outils d'IA · mis à jour le 03.10.26
Les situations, prénoms et sociétés cités en exemple sont fictifs.
Cet article n'est pas un conseil juridique personnalisé. Vos statuts priment.