Auto-entrepreneur radié après 24 mois : que faire ?
Votre micro-entreprise a été radiée d'office après 2 ans d'inactivité ? Découvrez vos options concrètes : recréer, régulariser ou reprendre autrement.
- Un auto-entrepreneur est radié automatiquement après 24 mois civils consécutifs de chiffre d'affaires nul déclaré.
- La radiation d'office ferme définitivement le numéro SIRET existant : il est impossible de 'réactiver' l'ancienne structure.
- La seule voie pour reprendre une activité en micro-entreprise est de créer une nouvelle entreprise individuelle via le guichet unique INPI.
- Des obligations fiscales et sociales peuvent subsister après la radiation : vérifiez votre situation avant de recréer.
Sommaire
- Pourquoi votre micro-entreprise a-t-elle été radiée après 24 mois ?
- Ce que la radiation change concrètement pour vous
- Vos trois options après la radiation
- Un exemple pour mieux visualiser la situation
- La procédure concrète pour recréer votre micro-entreprise
- Aurait-on pu éviter la radiation ? Ce que la mise en sommeil formelle change
- Checklist avant de recréer votre micro-entreprise
Votre micro-entreprise affichait un chiffre d’affaires nul depuis deux ans et vous venez de recevoir un avis de radiation d’office : c’est la règle automatique du régime micro-entrepreneur. Le numéro SIRET est clôturé, l’immatriculation supprimée. Pour reprendre une activité, vous devez créer une nouvelle entreprise — mais plusieurs points méritent d’être vérifiés en amont avant de cliquer sur “Valider”.
Pourquoi votre micro-entreprise a-t-elle été radiée après 24 mois ?
La radiation automatique d’un auto-entrepreneur n’est pas une sanction : c’est un mécanisme prévu par les textes. Le régime micro-entrepreneur repose sur une logique d’activité réelle. Lorsque le chiffre d’affaires déclaré est nul pendant 24 mois civils consécutifs, l’administration considère que l’activité a cessé et prononce la radiation d’office.
Concrètement, ce comptage porte sur les mois civils de déclaration de CA nul, et non sur une période glissante à partir de la date de création. Si vous avez déclaré 0 € de janvier 2023 à décembre 2024, la radiation peut intervenir début 2025.
Cette règle s’applique indépendamment du fait que vous ayez ou non formalisé une cessation temporaire d’activité. Ce sont deux démarches distinctes :
- La cessation temporaire d’activité déclarée (mise en sommeil) : démarche volontaire, qui signale officiellement votre inactivité auprès du guichet unique INPI et vous protège juridiquement. Pour une personne physique, elle est limitée à 1 an, renouvelable une fois, soit 2 ans au maximum.
- L’inactivité de fait non déclarée : le CA est nul mais aucune démarche formelle n’a été effectuée — situation beaucoup plus courante chez les micro-entrepreneurs, et qui débouche mécaniquement sur la radiation au bout de 24 mois.
⚠️ Si vous étiez en cessation temporaire déclarée mais que vous n’avez pas repris dans le délai légal, la radiation peut également intervenir à l’expiration de cette période. La mise en sommeil ne suspend pas indéfiniment l’obligation de reprendre ou de cesser définitivement.
Pour comprendre les obligations qui persistent pendant une période d’inactivité (déclarations de CA, CFE, cotisations), consultez notre article sur les cotisations minimales de l’auto-entrepreneur en sommeil ainsi que celui sur la déclaration de CA en période de sommeil.
Ce que la radiation change concrètement pour vous
La radiation produit plusieurs effets immédiats qu’il est essentiel de comprendre avant d’agir.
La clôture du SIRET est définitive
Le numéro SIRET attribué à votre micro-entreprise est supprimé des registres. Il ne peut pas être réactivé, même si vous souhaitez reprendre exactement la même activité sous le même nom commercial. Toute reprise implique la création d’une nouvelle entreprise, avec un nouveau SIRET.
Les obligations déclaratives passées restent dues
La radiation ne solde pas les éventuelles dettes antérieures. Plusieurs points méritent votre attention :
| Obligation | Situation après radiation | Action à mener |
|---|---|---|
| Déclarations de CA URSSAF | Arriérés exigibles même après radiation | Vérifier et régulariser auprès de l’URSSAF |
| CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) | Peut rester due pour l’année en cours | Vérifier avec votre SIE (service des impôts des entreprises) |
| Déclaration de revenus (BIC/BNC) | Revenus de l’année de radiation à déclarer | Intégrer dans votre déclaration 2042-C PRO |
| TVA (si franchise dépassée) | Régularisation à effectuer | Contacter votre SIE |
Pour la CFE en particulier, un dégrèvement est possible en cas d’absence totale d’activité, en application de l’article 1478 du Code général des impôts. Mais ce dégrèvement doit être demandé explicitement — il n’est pas accordé d’office. Lisez notre article dédié : Auto-entrepreneur en sommeil : CFE due ou exonérée ?
Piège de praticien fréquent : beaucoup d’auto-entrepreneurs croient que la radiation clôt également leurs obligations déclaratives passées. C’est faux. La radiation ne concerne que le registre administratif. Un ancien micro-entrepreneur peut ainsi recevoir des relances URSSAF ou un titre de recette pour CFE plusieurs mois après sa radiation, sur des périodes où son SIRET était encore actif. Régularisez toujours votre situation avant de recréer une nouvelle structure.
Le régime ARE éventuel n’est pas automatiquement perdu
Si vous perceviez des allocations chômage (ARE) pendant la période d’inactivité de votre micro-entreprise, la radiation n’emporte pas automatiquement la perte de vos droits. La situation dépend du mode de cumul choisi (maintien partiel ou versement différé) et de votre date de radiation. Référez-vous à notre guide ARE et mise en sommeil : durée et droits en 2026 pour évaluer votre situation.
Vos trois options après la radiation
Une fois radié, vous vous trouvez devant un choix stratégique. Il n’existe pas de procédure de “réouverture” : la table est vierge. Voici les trois chemins possibles.
Option 1 — Recréer une micro-entreprise
C’est la voie la plus rapide et la plus simple si vous souhaitez reprendre la même activité dans le cadre du régime micro-entrepreneur.
Conditions à réunir :
- Être en situation régulière vis-à-vis de l’URSSAF et des impôts (pas de dette bloquante)
- Respecter les plafonds de chiffre d’affaires du régime micro : 203 100 € pour les activités de vente de marchandises et 83 600 € pour les prestations de services (BIC/BNC) et l’hébergement (plafonds 2026)
- Ne pas exercer une activité exclue du régime (certaines professions libérales réglementées, agriculture rattachée à la MSA, etc.)
Procédure :
- Rendez-vous sur le guichet unique INPI (formalites.entreprises.gouv.fr)
- Créez un compte ou connectez-vous
- Déposez une déclaration de début d’activité d’entreprise individuelle
- Choisissez le régime fiscal micro et l’option micro-social
- Recevez votre nouveau SIRET sous quelques jours
Il n’existe aucun délai de carence entre la radiation et la recréation. Vous pouvez techniquement déposer votre nouvelle immatriculation dès le lendemain de la radiation.
💡 Si votre situation a évolué depuis la création initiale — nature de l’activité, domiciliation, volume d’affaires prévu — c’est le bon moment pour revoir votre structure juridique et ne pas recréer mécaniquement à l’identique.
Option 2 — Créer une société (SASU, EURL, etc.)
La radiation de votre micro-entreprise peut être l’occasion de franchir un cap. Si votre activité a vocation à croître, à accueillir des associés, ou si votre protection sociale mérite d’être consolidée, la création d’une société unipersonnelle (SASU ou EURL) peut être préférable.
Les différences structurelles sont importantes :
| Critère | Micro-entreprise | EURL | SASU |
|---|---|---|---|
| Plafond de CA | Oui (voir plafonds en vigueur) | Non | Non |
| Régime social dirigeant | TNS (auto-entrepreneur) | TNS (gérant majoritaire) | Assimilé salarié |
| Déduction des charges réelles | Non | Oui | Oui |
| Comptabilité | Simplifiée | Complète | Complète |
| Responsabilité | Limitée au patrimoine pro (depuis 2022) | Limitée aux apports | Limitée aux apports |
Pour une exploration de vos options, notre guide Après mise en sommeil : que faire ? Guide complet détaille les différentes formes juridiques accessibles lors d’une reprise.
Option 3 — Ne pas recréer immédiatement
Cette option est sous-estimée. Si vous êtes en phase de réflexion, en reconversion, ou si vous bénéficiez encore de droits ARE, différer la recréation peut être pertinent. Reprendre une activité sous le régime micro-entrepreneur peut impacter votre ARE selon les règles de cumul en vigueur. Analysez ce point avant de vous immatriculer à nouveau.
Consultez notre article ARE et cotisations sociales : reprendre après sommeil pour mesurer l’impact d’une reprise sur vos droits en cours.
Un exemple pour mieux visualiser la situation
(Exemple illustratif, anonymisé.) Thomas, graphiste indépendant en micro-entreprise, cesse de facturer en janvier 2023 après un arrêt de santé. Il continue de déclarer 0 € chaque trimestre mais n’effectue aucune démarche de mise en sommeil formelle. En mars 2025, il reçoit une notification de radiation d’office pour 24 mois consécutifs de CA nul. Il pense alors que tout est réglé — mais découvre en mai 2025 un rappel de CFE de l’année 2024, période durant laquelle son SIRET était encore actif. Il doit en demander le dégrèvement auprès de son SIE, démarche qu’il aurait pu anticiper. Une mise en sommeil déclarée dès 2023 n’aurait pas évité la radiation, mais aurait clarifié sa situation administrative bien plus tôt.
Ce type de surprise est évitable. La démarche de cessation temporaire formelle — même pour une micro-entreprise — donne une visibilité claire sur les délais et les obligations résiduelles.
La procédure concrète pour recréer votre micro-entreprise
Si vous optez pour la recréation en micro-entreprise, voici la marche à suivre étape par étape.
Étape 1 : Régulariser votre situation administrative
Avant de déposer une nouvelle immatriculation, assurez-vous que :
- Toutes vos déclarations de CA ont été effectuées auprès de l’URSSAF (même les périodes à 0 €)
- Aucune cotisation URSSAF n’est en souffrance ou, si c’est le cas, qu’un échéancier a été accepté
- La CFE de l’année de radiation a été traitée (dégrèvement demandé si nécessaire)
- Votre déclaration de revenus intègre bien l’année de la radiation
Un dossier propre évite les blocages administratifs lors de la nouvelle immatriculation et les mauvaises surprises ultérieures.
Étape 2 : Préparer les informations nécessaires
Pour immatriculer une entreprise individuelle, vous aurez besoin de :
- Votre pièce d’identité en cours de validité
- Une justification de domicile (domiciliation au domicile personnel, en centre d’affaires, ou dans des locaux professionnels)
- Le code APE/NAF correspondant à votre activité (l’INSEE l’attribue lors de l’immatriculation)
- Le cas échéant, les justificatifs de qualification professionnelle si votre activité est réglementée (artisan, profession de santé, etc.)
Étape 3 : Déposer la déclaration sur le guichet unique INPI
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création d’entreprise passent par le guichet unique dématérialisé de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). L’ancien système des Centres de Formalités des Entreprises (CFE) n’est plus compétent pour les nouvelles immatriculations.
La procédure est entièrement en ligne. Le délai d’obtention du SIRET est généralement de 1 à 5 jours ouvrés.
Étape 4 : Informer vos partenaires et clients
Un nouveau SIRET signifie de nouvelles coordonnées administratives. Pensez à mettre à jour :
- Vos factures et devis (mentions légales obligatoires)
- Votre compte bancaire professionnel si vous en aviez un
- Votre compte URSSAF (le nouveau SIRET sera automatiquement rattaché)
- Vos assurances professionnelles (RC Pro, etc.)
- Vos éventuels contrats en cours avec des clients ou fournisseurs
📌 Attention aux devis ou contrats signés sous l’ancien SIRET : ils ne sont plus rattachés à votre nouvelle structure. Régularisez-les avec vos cocontractants si des prestations sont encore en cours.
Aurait-on pu éviter la radiation ? Ce que la mise en sommeil formelle change
La question mérite d’être posée, notamment si vous envisagez de recréer rapidement. La mise en sommeil formelle — déclaration de cessation temporaire d’activité via le guichet unique INPI — présente des avantages concrets par rapport à une simple inactivité de fait.
Pour une personne physique (entreprise individuelle, dont la micro-entreprise), la cessation temporaire d’activité est limitée à 1 an, renouvelable une fois, soit 2 ans au maximum au total. Ce délai est identique à la durée qui déclenche la radiation automatique pour CA nul.
Mais la mise en sommeil formelle offre une protection supplémentaire : elle suspend officiellement l’activité et clarifie votre situation vis-à-vis de l’URSSAF, des impôts et de vos partenaires. Une inactivité non déclarée laisse en revanche planer le doute sur la réalité de la cessation, et peut générer des relances de cotisations ou des incompréhensions administratives.
Comparaison synthétique :
| Situation | Durée maximale | Protection administrative | Radiation automatique |
|---|---|---|---|
| Inactivité non déclarée | Pas de limite formelle | Aucune | Oui, après 24 mois de CA nul |
| Mise en sommeil déclarée | 2 ans (1 an + renouvellement) | Oui, opposable aux tiers | Oui, si pas de reprise à l’issue |
| Cessation définitive déclarée | Sans objet | Oui | Immédiate (volontaire) |
Si vous êtes dans cette situation aujourd’hui, la prochaine fois — ou pour une structure différente que vous créeriez — il peut valoir la peine d’anticiper. Notre service reprise d’activité d’une entreprise individuelle vous accompagne dans la régularisation et la relance de votre activité dans les règles.
Checklist avant de recréer votre micro-entreprise
Avant de cliquer sur “Valider” sur le guichet unique INPI, voici les points à avoir validés :
- Déclarations URSSAF à jour : toutes les périodes déclarées, même à 0 €
- Cotisations soldées ou échéancier en place : vérifier son espace URSSAF autoentrepreneur
- CFE traitée : dégrèvement demandé si activité nulle, ou règlement effectué
- Déclaration de revenus à jour : BIC/BNC de la dernière année d’activité déclarés
- Choix de la forme juridique confirmé : micro-entreprise ou société ?
- Domiciliation prévue : domicile, centre d’affaires, local professionnel
- Activité éligible au régime micro : vérifier l’exclusion éventuelle de votre profession
- Impact sur l’ARE évalué : si vous percevez encore des allocations chômage
- Assurance RC Pro anticipée : à souscrire avant le démarrage effectif de l’activité pour certaines professions
💡 Des questions sur votre situation spécifique ? Notre équipe répond à toutes vos interrogations. Contactez-nous pour un accompagnement personnalisé.
La radiation de votre micro-entreprise après 24 mois d’inactivité n’est pas une fin : c’est un point de départ obligé pour quiconque souhaite reprendre une activité indépendante. La procédure de recréation est accessible, rapide et entièrement dématérialisée. L’essentiel est de ne pas brûler les étapes : régularisez votre situation administrative passée avant de créer une nouvelle structure, et prenez le temps d’évaluer si le régime micro-entrepreneur est toujours la forme la plus adaptée à votre projet.
Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 22 juin 2026.
Une formalité de reprise d'activité d'une entreprise individuelle à faire ?
On monte et déposons votre dossier au guichet unique. Devis clair et frais annoncés d'avance · 150 € HT · dépôt au greffe sous 48h · sans engagement.