Mise en Sommeil
Reprise d'activité

Reprise activité auto-entrepreneur radié : que faire ?

Auto-entrepreneur radié après 24 mois de CA nul : peut-il reprendre son activité ? Procédure, délais et coûts expliqués pour 2026.

Par Marie Gattepaille · · 7 min de lecture Mis à jour le 24 juin 2026
En bref
  • Un auto-entrepreneur radié d'office après 24 mois de CA nul ne peut pas simplement 'reprendre' : il doit créer une nouvelle micro-entreprise.
  • La radiation est automatique et irréversible : aucune procédure de reprise au sens strict n'existe pour la micro-entreprise.
  • La recréation est simple et gratuite via le guichet unique INPI, mais entraîne un nouveau numéro SIRET et un redémarrage fiscal complet.
Sommaire

Non : un auto-entrepreneur radié ne “reprend” pas son activité, il en crée une nouvelle. La radiation efface l’immatriculation et le numéro SIRET ; il n’existe aucune procédure de réactivation comme pour une société mise en sommeil. La seule voie est de déposer une nouvelle déclaration de micro-entreprise sur le guichet unique INPI — une démarche gratuite, mais qui remet les compteurs à zéro sur le plan fiscal et social.


Pourquoi un auto-entrepreneur est-il radié ?

La radiation d’office n’est pas une sanction : c’est un mécanisme de purge du registre des entreprises inactives. Elle intervient lorsque le chiffre d’affaires déclaré est nul pendant au moins 2 années civiles consécutives (ou 8 trimestres consécutifs). Dans ce cas, l’URSSAF notifie l’entrepreneur, qui dispose d’1 mois pour justifier la poursuite de son activité avant que la radiation ne devienne effective.

Ce mécanisme est souvent confondu avec la durée maximale applicable aux sociétés immatriculées au RCS, qui est de 2 ans avant radiation d’office possible par le greffier (art. R123-125 du Code de commerce). Le principe se ressemble, mais la logique diffère profondément : une société en sommeil conserve sa personnalité juridique et peut être réactivée par une simple inscription modificative au RCS. Un auto-entrepreneur radié, lui, n’a pas accès à cette voie de réactivation.

Pour une personne physique exerçant en entreprise individuelle, une déclaration de cessation temporaire d’activité reste possible en amont : elle est limitée à 1 an, prolongeable d’1 an pour une activité commerciale (2 ans maximum). Passé ce délai, ou en l’absence de toute démarche, le risque de radiation pour inactivité devient réel.

⚠️ Exemple illustratif — Nathalie, gérante de la SARL “Lumière & Décors”, avait mis sa société en sommeil 18 mois avant de la réactiver sans difficulté : une simple formalité au greffe, sans nouvelle immatriculation. Son neveu, lui, exerçait en auto-entrepreneur et avait simplement cessé de déclarer du chiffre d’affaires sans en informer l’URSSAF. Deux ans plus tard, il a reçu une notification de radiation : contrairement à sa tante, il n’a pas pu “réactiver” son activité — il a dû créer une nouvelle micro-entreprise avec un nouveau SIRET. Cette différence de régime surprend souvent les entrepreneurs qui passent d’un statut à l’autre.

⚠️ Piège de praticien : tant que vous restez sous le statut auto-entrepreneur, déclarer “néant” chaque mois ou trimestre à l’URSSAF est une obligation, même en l’absence totale d’activité. Beaucoup d’entrepreneurs cessent de déclarer en pensant que l’absence de chiffre d’affaires suffit à signaler leur inactivité — c’est l’inverse : ne plus déclarer du tout expose, en plus du risque de radiation, à des pénalités pour défaut de déclaration. La déclaration “néant” reste due jusqu’à la radiation effective.

La “mise en sommeil” d’un auto-entrepreneur n’est donc pas identique à celle d’une EURL ou d’une SARL. Les formalités, les délais et les conséquences diffèrent sensiblement. Notre guide sur la mise en sommeil auto-entrepreneur : démarches 2026 détaille ces nuances.


Radiation : une situation irréversible sur le plan administratif

La radiation efface l’immatriculation de l’auto-entrepreneur. Contrairement à une société mise en sommeil — qui conserve sa personnalité juridique, son numéro SIREN et ses obligations déclaratives —, l’auto-entrepreneur radié cesse purement et simplement d’exister en tant qu’entité économique immatriculée.

ÉlémentAprès mise en sommeil (société)Après radiation (auto-entrepreneur)
Numéro SIREN/SIRETConservéSupprimé
Reprise possible sans nouvelle immatriculationOui (inscription modificative au RCS)Non
Obligations déclaratives pendant l’inactivitéMaintenues (comptes annuels, déclarations fiscales)Supprimées
Coût de la démarche de repriseFrais de greffe + honorairesNouvelle création gratuite
Délai avant reprise opérationnelleQuelques jours (guichet unique)Quelques jours (guichet unique)

Cette distinction est fondamentale. Si vous aviez opté pour une structure sociétaire — EURL, SASU, SARL — la logique est radicalement différente : la reprise se fait par une décision du dirigeant (gérant ou président), formalisée par une inscription modificative au RCS via le guichet unique INPI. Aucune assemblée générale ni procès-verbal n’est obligatoire par défaut pour cette reprise, sauf si les statuts de la société l’imposent expressément. Pour en savoir plus, les articles sur la mise en sommeil EURL : procédure et coût 2026 et la mise en sommeil SARL : procédure et coût 2026 détaillent ces démarches.


Comment recréer une micro-entreprise après radiation ?

Bonne nouvelle : recréer une micro-entreprise après radiation est simple, rapide et totalement gratuit. Voici les étapes concrètes.

1. Vérifiez votre éligibilité au régime micro-entrepreneur

Le régime micro-entrepreneur est accessible à toute personne physique majeure souhaitant exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale, sous réserve de respecter les plafonds de chiffre d’affaires en vigueur pour 2026 : 203 100 € pour la vente de marchandises, 83 600 € pour les prestations de services (BIC/BNC) et l’hébergement. Aucun délai de carence n’existe après une radiation : vous pouvez déposer votre déclaration dès le lendemain de la radiation.

2. Déclarez votre activité sur le guichet unique INPI

Toutes les formalités de création, modification et cessation d’entreprise sont centralisées sur formalites.entreprises.gouv.fr, géré par l’INPI. La démarche est entièrement dématérialisée.

Vous devrez renseigner :

  • Votre identité et adresse personnelle
  • La nature de votre activité (code APE/NAF)
  • La date de début d’activité souhaitée
  • Vos choix en matière de versement libératoire de l’impôt sur le revenu, une option à exercer dans le délai indiqué lors de votre déclaration sur le guichet unique INPI

3. Obtenez votre nouveau numéro SIRET

À l’issue de la procédure, l’INSEE attribue un nouveau numéro SIREN et un nouveau numéro SIRET. L’ancienne immatriculation reste définitivement close. Toute relation contractuelle antérieure (clients, fournisseurs, organismes sociaux) devra être mise à jour avec les nouvelles références.

4. Informez les organismes sociaux et fiscaux

La création d’une nouvelle micro-entreprise implique une nouvelle affiliation à l’URSSAF et un nouveau démarrage du cycle de cotisations sociales. Les taux du micro-social applicables en 2026 dépendent de la nature de l’activité : 12,30 % pour l’achat/revente de marchandises (BIC), 21,20 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC), 25,6 % pour les autres prestations de services (BNC), 23,2 % pour les professions libérales réglementées relevant de la CIPAV. Ces taux s’appliquent dès le premier euro de chiffre d’affaires déclaré.

💡 Bon à savoir : si vous envisagez de reprendre une activité plus structurée — avec des associés, un capital social, ou des besoins de financement importants — il peut être préférable de créer directement une EURL ou une SASU plutôt qu’une nouvelle micro-entreprise. Notre page dédiée à la reprise d’activité d’une entreprise individuelle vous guide dans ce choix.


Avez-vous intérêt à recréer une micro-entreprise ou à changer de statut ?

La radiation est parfois l’occasion de reconsidérer la forme juridique la plus adaptée à votre activité. Plusieurs critères méritent d’être pesés.

Restez en micro-entreprise si :

  • Votre chiffre d’affaires prévu reste inférieur aux seuils du régime
  • Vous exercez seul, sans associé
  • Votre activité ne génère pas de charges déductibles importantes
  • Vous souhaitez une gestion administrative minimale

Envisagez une société (EURL, SASU) si :

  • Votre activité est susceptible de croître rapidement
  • Vous souhaitez séparer patrimoine personnel et professionnel
  • Vous anticipez des investissements ou des recrutements
  • Vous souhaitez vous associer ultérieurement

La question du statut est étroitement liée à celle du choix entre maintien d’activité, pause et cessation définitive. Pour l’anticiper, notre article sur la mise en sommeil ou dissolution : comment choisir ? et celui sur la mise en sommeil ou radiation : comment choisir ? vous aideront à structurer votre réflexion.


Conséquences fiscales et sociales de la recréation

Recréer une micro-entreprise après radiation n’est pas anodin sur le plan fiscal. Voici les principaux points de vigilance.

Impôt sur le revenu

En micro-entreprise, les bénéfices sont imposés à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des BIC ou BNC selon la nature de l’activité. Si vous aviez opté pour le versement libératoire lors de votre précédente immatriculation, vous devrez formuler une nouvelle option lors de la création : le délai à respecter est précisé directement sur le guichet unique INPI au moment de la déclaration, il est donc conseillé de s’en assurer avant de valider votre dossier.

Cotisations sociales

Le régime micro-social s’applique automatiquement, selon les taux rappelés plus haut, calculés sur le chiffre d’affaires effectivement encaissé. Aucune cotisation minimale n’est due en l’absence de chiffre d’affaires — c’est l’un des principes du régime micro-social (à la différence des cotisations minimales applicables aux travailleurs indépendants au régime réel). Mais attention : une fois l’activité recréée, la déclaration de chiffre d’affaires (même “néant”) redevient une obligation mensuelle ou trimestrielle, sous peine de pénalité de 60,10 € par déclaration manquante.

CFE (Cotisation Foncière des Entreprises)

La CFE s’applique à compter de la deuxième année d’activité : une nouvelle micro-entreprise bénéficie d’une exonération de CFE l’année de sa création. Si une activité reprend ensuite sans chiffre d’affaires, un dégrèvement reste possible sur le fondement de l’article 1478 du CGI, sous réserve de déposer la réclamation avant le 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement (art. R196-1 du LPF).

📌 À retenir : la recréation d’une micro-entreprise remet tous les compteurs à zéro. Cela peut être un avantage (exonération de CFE la première année, et potentiellement de nouveaux droits aux aides à la création comme l’ACRE — à vérifier auprès de l’URSSAF selon votre situation personnelle) ou un inconvénient (perte de l’antériorité, nouveau SIRET à communiquer à tous vos partenaires).


Ce qu’il faut retenir avant de se relancer

La radiation d’un auto-entrepreneur pour chiffre d’affaires nul prolongé est automatique et irréversible. Elle ne ferme pas la porte à une reprise d’activité, mais elle impose de repartir sur une base entièrement nouvelle : nouveau SIRET, nouveaux droits, nouvelles obligations déclaratives dès le premier jour.

La procédure de recréation est accessible, gratuite et dématérialisée via le guichet unique INPI. Elle ne demande que quelques minutes si votre situation est simple. En revanche, si votre activité relancée nécessite une structure plus robuste — ou si vous êtes dans un cas limite (activité mixte, associés potentiels, patrimoine à protéger) — il est utile d’être accompagné, notamment pour choisir entre micro-entreprise et société dès le départ plutôt que de devoir changer de statut une fois l’activité repartie.

Pour toute question sur la reprise d’activité sous forme sociétaire, les formalités auprès du greffe ou le choix entre micro-entreprise et société, notre équipe reste disponible. Contactez-nous pour un échange personnalisé sur votre situation.

Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 24 juin 2026.

Une formalité de reprise d'activité d'une entreprise individuelle à faire ?

On monte et déposons votre dossier au guichet unique. Devis clair et frais annoncés d'avance · 150 € HT · dépôt au greffe sous 48h · sans engagement.

Sur le même sujet

On gère votre reprise d'activité d'une entreprise individuelle
150 € HT · réponse sous 24h
Démarrer