Reprise activité SARL : déclaration guichet unique INPI
Comment déclarer la reprise d'activité d'une SARL via le guichet unique INPI ? Procédure, documents, délais et obligations : tout ce qu'il faut savoir.
- La reprise d'activité d'une SARL se déclare via le guichet unique INPI sous forme d'inscription modificative au RCS.
- La déclaration doit intervenir dans les 2 ans suivant la mise en sommeil, sous peine de radiation d'office.
- La reprise entraîne immédiatement le rétablissement de toutes les obligations déclaratives : TVA, IS, dépôt des comptes.
- La décision de reprise relève normalement du gérant seul : un procès-verbal d'assemblée n'est requis que si les statuts l'imposent.
Sommaire
- Pourquoi la déclaration de reprise est-elle obligatoire ?
- Le piège à éviter : qui doit décider la reprise ?
- Le guichet unique INPI : fonctionnement et accès
- Documents à fournir : le détail des pièces justificatives
- Obligations fiscales et sociales qui reprennent à la date de reprise
- Faire appel à un prestataire : ce que nous prenons en charge
- Synthèse de la procédure : les étapes clés
Pour déclarer la reprise d’activité d’une SARL après une mise en sommeil, il suffit en principe d’une décision du gérant : aucune assemblée générale n’est obligatoire, sauf si vos statuts l’imposent explicitement. Cette décision se déclare ensuite au Registre du commerce et des sociétés (RCS) via le guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), sous la forme d’une inscription modificative, entièrement dématérialisée. Elle entraîne la publication d’un avis au BODACC et le rétablissement immédiat de toutes les obligations déclaratives et fiscales de la société.
Pourquoi la déclaration de reprise est-elle obligatoire ?
Lorsqu’une SARL a fait l’objet d’une mise en sommeil, une mention de cessation temporaire d’activité a été portée au RCS conformément à l’article R123-46 du Code de commerce. Cette mention modifie l’état de la société dans les registres officiels : elle signale aux tiers (fournisseurs, clients, banques, administration) que la société n’exerce plus d’activité commerciale.
À compter de la reprise effective de l’activité, la SARL est juridiquement et fiscalement tenue de faire constater ce changement d’état. Ne pas déclarer la reprise expose la société à un décalage entre sa situation réelle et sa situation enregistrée — ce qui peut engager la responsabilité du gérant vis-à-vis des tiers et de l’administration fiscale.
La déclaration de reprise constitue une inscription modificative au RCS, au sens de l’article R123-45 du Code de commerce. Elle est transmise exclusivement par voie électronique depuis la réforme du guichet unique.
⚠️ Attention à la durée maximale de 2 ans. Une société ne peut rester en sommeil plus de deux ans. Au-delà, le greffier peut procéder à la radiation d’office, conformément à l’article R123-125 du Code de commerce. Si vous approchez de cette limite, la reprise (ou la dissolution-liquidation) doit être déclarée sans tarder.
Exemple illustratif : Nathalie, gérante de la SARL « Lumière & Décors », avait mis sa société en sommeil 18 mois plus tôt pour régler une situation personnelle. Lorsqu’elle a souhaité reprendre son activité, elle a d’abord cru — sur les conseils d’un proche — qu’il lui fallait réunir une assemblée générale et faire signer un procès-verbal par ses deux associés minoritaires. En relisant les statuts de sa société, elle a constaté qu’aucune clause n’imposait une décision collective pour ce type d’acte de gestion : une simple décision du gérant, datée et signée, a suffi pour engager la démarche auprès du guichet unique.
Le piège à éviter : qui doit décider la reprise ?
C’est le point sur lequel les dirigeants se trompent le plus souvent, dans un sens comme dans l’autre. La reprise d’activité, comme la mise en sommeil, est par défaut une décision du gérant. Aucune assemblée générale ni procès-verbal d’AG n’est exigé par la loi pour cette formalité — sauf si les statuts de votre SARL prévoient expressément que ce type de décision doit être pris collectivement par les associés.
Deux erreurs symétriques sont à éviter :
- Convoquer une AG alors qu’elle n’est pas requise : c’est une perte de temps et de formalisme inutile, qui peut retarder la déclaration sans bénéfice juridique.
- Se contenter d’une décision du gérant alors que les statuts imposent une décision collective : dans ce cas, l’inscription modificative pourrait être contestée par un associé ou fragiliser la régularité de la formalité.
📌 Piège de praticien. Avant toute démarche, relisez précisément la clause des statuts relative aux pouvoirs du gérant et aux décisions soumises à l’assemblée. Beaucoup de statuts-types de SARL ne mentionnent rien sur la cessation ou la reprise d’activité — dans ce silence, c’est le droit commun qui s’applique, et le droit commun confie cette décision au gérant seul.
Le guichet unique INPI : fonctionnement et accès
Toutes les formalités des entreprises — création, modification, cessation — transitent par le guichet unique électronique des formalités des entreprises, opéré par l’INPI et accessible à l’adresse formalites.entreprises.gouv.fr.
Le guichet unique remplace les anciens centres de formalités des entreprises (CFE) ainsi que la déclaration directe auprès du greffe. Il centralise la transmission vers le greffe du tribunal de commerce, l’administration fiscale, les organismes sociaux et, le cas échéant, l’INSEE.
Pour déclarer la reprise d’activité d’une SARL, vous devez :
- Créer ou accéder à votre espace sur formalites.entreprises.gouv.fr avec le SIREN de la société.
- Sélectionner une formalité de modification pour une personne morale.
- Renseigner la rubrique relative à la cessation/reprise d’activité en indiquant la date effective de reprise.
- Joindre les pièces justificatives requises (voir section suivante).
- Valider et payer les frais de greffe en ligne.
Le dossier est ensuite transmis automatiquement au greffe compétent pour traitement. Un accusé de réception électronique est délivré immédiatement, mais l’inscription modificative n’est opposable aux tiers qu’après validation par le greffe et publication au BODACC.
Documents à fournir : le détail des pièces justificatives
La constitution du dossier est une étape déterminante. Un dossier incomplet entraîne un rejet ou une demande de complément qui retarde l’inscription et donc la régularité de la reprise.
| Pièce | Détail |
|---|---|
| Formulaire de modification | Rempli directement en ligne sur le guichet unique INPI |
| Justificatif de la décision de reprise | Décision du gérant par défaut ; procès-verbal d’assemblée uniquement si les statuts l’imposent. Date = date effective de reprise |
| Certification conforme des actes | Peut être exigée par le greffe selon l’art. R123-102 et A123-4 du Code de commerce |
| Pièce d’identité du gérant | En cas de changement ou de première inscription du gérant |
| Justificatif de domicile du siège | Si l’adresse a évolué pendant la période de sommeil |
📌 Conseil pratique. Le document de décision de reprise — qu’il s’agisse d’une décision du gérant ou, le cas échéant, d’un procès-verbal — doit mentionner explicitement la date à laquelle l’activité reprend. Cette date sera celle retenue par le greffe pour l’inscription modificative et par l’administration fiscale pour la reprise des obligations déclaratives. Soyez précis : une date approximative peut créer des difficultés lors d’un contrôle.
Obligations fiscales et sociales qui reprennent à la date de reprise
La déclaration de reprise ne se limite pas à une formalité administrative. Elle déclenche le rétablissement immédiat de l’ensemble des obligations de la SARL.
Sur le plan fiscal :
- TVA : les déclarations (CA3 ou CA12) reprennent à compter du premier jour de la période de reprise. Si la SARL était en franchise en base, cette situation doit être réévaluée au regard du chiffre d’affaires prévisionnel.
- Impôt sur les sociétés : la déclaration de résultat (liasse IS) doit couvrir l’intégralité de l’exercice, y compris les mois de sommeil, et est due au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai pour un exercice clos au 31 décembre.
- CFE : le dégrèvement pour absence d’activité prévu à l’article 1478 du Code général des impôts cesse de s’appliquer dès la reprise ; la date précise de rétablissement de la base d’imposition dépend du calendrier propre à chaque service des impôts des entreprises, qu’il convient d’interroger directement.
Sur le plan comptable :
L’obligation de dépôt des comptes annuels au greffe (articles L232-21 et suivants du Code de commerce) n’a jamais été suspendue pendant la mise en sommeil. Elle demeure donc pleinement applicable. La reprise d’activité ne génère pas de nouvel exercice comptable : les comptes couvrent l’exercice civil (ou statutaire) en cours.
Pour Nathalie, la reprise de son activité a surtout signifié un point de vigilance sur la CFE : sa société avait bénéficié d’un dégrèvement pendant la période de sommeil, et elle a dû anticiper le retour à une base de calcul normale dès l’exercice de reprise.
Pour un guide complet sur les suites à donner après une mise en sommeil, consultez notre article Après mise en sommeil : que faire ? Guide complet.
Si vous étiez salarié ou demandeur d’emploi pendant la période de sommeil, les impacts sur l’ARE méritent une attention particulière : lisez notre article ARE et cotisations sociales : reprendre après sommeil ainsi que ARE et mise en sommeil : durée et droits en 2026.
Faire appel à un prestataire : ce que nous prenons en charge
La démarche sur le guichet unique INPI est théoriquement accessible à tout dirigeant. En pratique, la plateforme est réputée pour ses délais de traitement variables, ses demandes de pièces complémentaires parfois surprenantes, et l’absence d’interlocuteur direct en cas de blocage.
Notre service reprise d’activité d’une SARL prend en charge l’intégralité du dossier :
- Vérification des statuts pour déterminer si une décision du gérant suffit ou si une décision collective est requise
- Préparation et vérification des pièces justificatives
- Rédaction du document de décision de reprise
- Dépôt du dossier sur le guichet unique INPI
- Suivi jusqu’à l’obtention du Kbis actualisé
Les honoraires sont de 150 € HT, auxquels s’ajoutent les frais de greffe (166,71 € TTC pour une inscription modificative avec avis BODACC sans dépôt d’acte, 173,97 € TTC avec dépôt d’acte — barème en vigueur). Le délai de traitement après dépôt d’un dossier complet varie selon la charge du greffe compétent ; contactez-nous pour un point précis sur votre dossier.
💡 Vous avez des questions sur votre situation spécifique ? Contactez notre équipe via la page /contact — nous répondons sous 24 h ouvrées.
Synthèse de la procédure : les étapes clés
| Étape | Action | Délai indicatif |
|---|---|---|
| 1 | Décision de reprise (gérant seul, sauf si les statuts imposent une décision collective) | Avant toute démarche |
| 2 | Dépôt du dossier sur le guichet unique INPI | J |
| 3 | Accusé de réception électronique | Immédiat |
| 4 | Traitement par le greffe | Variable selon le greffe compétent |
| 5 | Publication au BODACC | Après validation greffe |
| 6 | Kbis mis à jour disponible | Simultané à la publication |
| 7 | Reprise des obligations fiscales et sociales | À la date de reprise effective |
La reprise d’activité d’une SARL via le guichet unique INPI est une formalité structurée, mais elle conditionne la régularité de votre situation juridique, fiscale et sociale. Vérifier d’abord vos statuts pour savoir qui doit décider, puis préparer un dossier complet, évite les allers-retours avec le greffe et garantit une inscription modificative rapide et opposable aux tiers.
Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 24 juin 2026.
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