Mise en Sommeil
Reprise d'activité

Reprise activité SARL en sommeil : les étapes

Réactivez votre SARL en sommeil en 5 étapes clés : décision des associés, déclaration au guichet unique INPI, radiation BODACC et reprise des obligations fiscales.

Par Marie Gattepaille · · 8 min de lecture
En bref
  • La reprise d'activité d'une SARL en sommeil s'effectue via une inscription modificative au RCS, déposée sur le guichet unique de l'INPI.
  • La décision de reprise relève normalement du gérant seul ; une assemblée générale ou un procès-verbal n'est obligatoire que si les statuts de la SARL l'imposent.
  • La reprise fait renaître les obligations fiscales, sociales et comptables de la société à compter de la date de reprise effective.
  • La cessation temporaire d'activité d'une société est limitée à 2 ans ; au-delà, la radiation d'office est possible (art. R123-125 du Code de commerce).
Sommaire

Reprise d’activité d’une SARL en sommeil : étapes, formalités et obligations

Réactiver une SARL en sommeil ne demande pas systématiquement une assemblée générale : c’est en principe le gérant seul qui décide de la reprise, exactement comme il a décidé de la mise en sommeil. Une décision collective des associés n’est requise que si vos statuts l’imposent expressément. Une fois la décision prise, il reste à déclarer la reprise au guichet unique de l’INPI sous forme d’inscription modificative au RCS — une démarche dématérialisée qui fait immédiatement renaître les obligations fiscales et sociales de la société.


Ce que signifie concrètement “sortir une SARL de sommeil”

La mise en sommeil d’une SARL correspond à une cessation temporaire totale d’activité, déclarée au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) conformément à l’article R123-46 du Code de commerce. La société conserve sa personnalité morale, son numéro SIREN, et demeure inscrite au RCS — mais elle cesse toute exploitation commerciale.

Sortir une SARL de sommeil, c’est l’opération inverse : déclarer la reprise de l’activité afin que le RCS en prenne acte, que le Kbis soit mis à jour, et que la société retrouve pleinement son statut opérationnel.

Cette démarche est distincte de la dissolution-liquidation. Contrairement à la fermeture définitive, la reprise d’activité n’exige ni liquidation des actifs, ni radiation définitive, ni nouvelle immatriculation. La SARL repart avec son historique juridique intact.

Exemple illustratif : Nathalie, gérante de la SARL “Lumière & Décors”, avait mis sa société en sommeil pendant 18 mois pour régler une situation personnelle. Au moment de relancer son activité, elle a d’abord cru — comme beaucoup de dirigeants — qu’une assemblée générale s’imposait. En relisant ses statuts, elle a constaté qu’aucune clause ne l’exigeait : sa décision de gérante, datée et conservée, a suffi pour engager la déclaration de reprise.

⚠️ Attention au délai de 2 ans. L’article R123-125 du Code de commerce dispose qu’une société en cessation temporaire d’activité depuis plus de 2 ans sans reprise ni dissolution peut faire l’objet d’une radiation d’office par le greffier. Si ce délai approche, il est urgent d’agir.


Étape 1 — La décision de reprise : qui décide, et sous quelle forme ?

C’est le point sur lequel le plus de dirigeants se trompent : la reprise d’activité, comme la mise en sommeil elle-même, est par défaut une décision du gérant. Aucune assemblée générale ni procès-verbal n’est obligatoire de plein droit (service-public.gouv, fiche F37362). Cette règle vaut pour la SARL comme pour les autres formes de sociétés.

Piège de praticien à éviter : ne confondez pas cette règle par défaut avec ce que vos propres statuts peuvent prévoir. Certains statuts de SARL — notamment ceux rédigés avec des clauses de gouvernance renforcée — soumettent explicitement la cessation et la reprise d’activité à une décision collective des associés. Avant d’engager quoi que ce soit, relisez vos statuts : c’est leur contenu, et non une règle générale, qui détermine si une assemblée générale est requise.

Si vos statuts imposent une décision collective, organisez-la :

  • En assemblée générale ordinaire, selon les modalités prévues par les statuts ;
  • Ou par consultation écrite des associés, si les statuts le permettent.

Dans ce cas, le procès-verbal doit contenir la date de la décision, l’identité des associés présents ou consultés, la résolution approuvant la reprise d’activité à une date précise, et les signatures requises par les statuts. Il sera conservé au registre des assemblées et servira de pièce justificative lors du dépôt du dossier.

Si rien dans vos statuts n’impose une décision collective, une décision écrite et datée du gérant suffit comme base juridique de la déclaration de reprise. Conservez-la néanmoins par écrit : elle peut être demandée en cas de contrôle ou de vérification ultérieure.


Étape 2 — Préparer le dossier de déclaration de reprise

La déclaration de reprise d’activité prend la forme d’une inscription modificative au RCS, déposée via le guichet unique des formalités des entreprises géré par l’INPI, conformément à l’article R123-45 du Code de commerce.

Voici les documents généralement requis :

DocumentDétails
Décision de reprise (du gérant, ou procès-verbal des associés si les statuts l’exigent)Original ou copie certifiée conforme
Formulaire de déclaration de modificationRempli en ligne sur le guichet unique INPI
Attestation de domiciliationSi l’adresse du siège social a changé depuis la mise en sommeil
Pièce d’identité du gérantEn cours de validité
Justificatif de non-condamnation du gérantSi requis par le greffe

📌 Certification conforme. Les copies d’actes déposées doivent être certifiées conformes à l’original par le représentant légal de la société, conformément aux articles R123-102 et A123-4 du Code de commerce.

Si la situation de votre SARL a évolué depuis la mise en sommeil — changement de gérant, modification de l’objet social, nouvelle adresse de siège — ces modifications doivent être déclarées en même temps que la reprise d’activité, dans le même dossier ou séparément selon leur nature.


Étape 3 — Dépôt sur le guichet unique INPI et traitement par le greffe

Depuis l’entrée en vigueur du guichet unique, toutes les formalités de modification d’entreprise passent obligatoirement par le portail du guichet unique de l’INPI. Il n’est plus possible de déposer directement au greffe du tribunal de commerce.

Le processus se déroule ainsi :

  1. Connexion au guichet unique de l’INPI ;
  2. Sélection de la formalité de modification correspondant à la reprise d’activité ;
  3. Renseignement des informations demandées (date de reprise, nature de l’activité reprise…) ;
  4. Téléversement des pièces justificatives ;
  5. Paiement des frais de greffe directement sur la plateforme ;
  6. Réception de l’accusé de dépôt électronique.

Le greffe du tribunal de commerce territorialement compétent traite ensuite le dossier ; le délai de traitement varie d’un greffe à l’autre, il est donc préférable de se renseigner directement auprès du greffe concerné. En cas d’anomalie, un retour vous est adressé via la plateforme pour régularisation.

Une fois l’inscription modificative validée :

  • Le Kbis de la SARL est mis à jour et mentionne la date de reprise d’activité ;
  • Un avis est publié au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales) ;
  • La mention de cessation temporaire d’activité est levée.

Les frais de greffe applicables à une inscription modificative de société sont de 166,71 € TTC avec avis BODACC sans dépôt d’acte, ou 173,97 € TTC avec dépôt d’acte.

Pour vous accompagner dans ces démarches sans risquer d’erreur de dossier, notre service de reprise d’activité d’une SARL prend en charge l’intégralité du montage et du dépôt pour 150 € HT + frais de greffe.


Étape 4 — Réactiver les obligations fiscales et sociales

La reprise d’activité ne se limite pas au volet administratif. Elle déclenche la renaissance des obligations fiscales, sociales et comptables que la mise en sommeil avait suspendues ou allégées, à compter de la date de reprise effective.

Sur le plan fiscal

TVA : si votre SARL était assujettie à la TVA avant la mise en sommeil, les déclarations reprennent à compter de la date de reprise effective. Il peut être nécessaire de contacter votre Service des Impôts des Entreprises (SIE) pour réactiver votre compte TVA si celui-ci avait été suspendu.

Impôt sur les sociétés (IS) : les obligations déclaratives reprennent. Pour un exercice clos au 31 décembre, la déclaration de résultat (liasse IS) doit être déposée au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai. Le traitement d’un exercice partiel ou d’une liasse “néant” couvrant une période de sommeil dépend de la situation exacte de votre société : votre expert-comptable ou votre Service des Impôts des Entreprises pourra vous indiquer la marche à suivre adaptée.

CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) : pendant la mise en sommeil, un dégrèvement est possible en l’absence d’activité, conformément à l’article 1478 du Code général des impôts ; toute réclamation doit être déposée avant le 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement (art. R196-1 du LPF). Dès la reprise, la CFE due dépend de la base minimale fixée par votre commune, dans la fourchette légale selon votre chiffre d’affaires (art. 1647 D du CGI). Renseignez-vous auprès de votre SIE sur la procédure de sortie du dégrèvement. Pour aller plus loin sur la fiscalité locale en période d’inactivité, l’article auto-entrepreneur en sommeil : CFE due ou exonérée ? apporte des éclairages utiles sur la logique du dégrèvement, transposables pour partie aux sociétés.

Sur le plan social

Le statut social du gérant conditionne les cotisations dues :

  • Gérant majoritaire (TNS) : les cotisations sociales minimales reprennent à compter de la reprise. Les modalités précises de reprise des déclarations de revenus TNS après une période de sommeil dépendent de votre situation individuelle : votre URSSAF ou votre expert-comptable pourra vous accompagner sur la marche à suivre.
  • Gérant minoritaire ou égalitaire (assimilé salarié) : la reprise de versement de rémunération entraîne la reprise des déclarations DSN et du paiement des charges sociales patronales et salariales.

💡 ARE et reprise d’activité. Si le gérant bénéficiait d’allocations chômage (ARE) pendant la mise en sommeil, la reprise d’une activité rémunérée peut affecter ses droits. Consultez notre article ARE et cotisations sociales : reprendre après sommeil pour comprendre les impacts concrets avant de vous lancer.


Étape 5 — Vérifier les obligations comptables et remettre la société en ordre

La mise en sommeil n’a pas suspendu les obligations comptables de la SARL. Vous devez vous assurer que les comptes annuels ont bien été déposés pour chaque exercice durant la période de sommeil, conformément aux articles L232-21 et suivants du Code de commerce.

Checklist avant reprise effective :

ObligationStatut à vérifier
Dépôt des comptes annuels des exercices en sommeilObligatoire pour chaque exercice clos
Conservation de la décision de reprise (gérant ou associés selon les statuts)Pièce justificative du dossier
Mise à jour du registre des bénéficiaires effectifsSi des changements sont intervenus
Contrats fournisseurs / baux commerciauxVérifier la validité et les éventuelles clauses de résiliation automatique
Assurances professionnellesÀ réactiver ou souscrire avant toute activité
Ouverture / réactivation du compte bancaire professionnelCertaines banques clôturent les comptes inactifs

Si des retards de dépôt de comptes existent, il est préférable de les régulariser avant ou simultanément à la reprise, pour éviter des injonctions de dépôt sous astreinte émises par le président du tribunal de commerce.

Pour une vision globale des suites à donner après une période de sommeil, l’article après mise en sommeil : que faire ? Guide complet vous offre un panorama complet des démarches de sortie de sommeil — que vous choisissiez la reprise ou la dissolution.


Ce qu’il faut retenir avant de lancer la procédure

Réactiver une SARL en sommeil est une procédure structurée, mais elle ne souffre pas l’approximation. Le réflexe le plus répandu — et le plus inutile dans la majorité des cas — consiste à organiser une assemblée générale alors que la décision du gérant suffisait. Vérifiez toujours vos statuts avant de vous lancer dans une formalité que rien n’impose.

Quelques points de vigilance essentiels :

  • Relisez vos statuts avant toute chose. C’est leur contenu, et non une règle générale, qui détermine si une décision collective des associés est requise pour la reprise.
  • Vérifiez la date de mise en sommeil initiale. Si les 2 ans sont proches, agissez sans délai pour éviter la radiation d’office (art. R123-125 du Code de commerce). Dans ce cas, consultez également notre article sur les droits ARE et mise en sommeil en 2026 si vous êtes dans une situation mixte emploi/activité.
  • Anticipez la reprise des obligations fiscales. Contactez votre SIE en amont pour éviter toute surprise sur la TVA ou la CFE.
  • Préparez vos justificatifs. Un dossier incomplet est retourné par le greffe, ce qui allonge les délais.

💡 Besoin d’un accompagnement clé en main ? Notre équipe prend en charge l’intégralité de votre dossier de reprise d’activité SARL : rédaction des actes, montage du dossier, dépôt sur le guichet unique. Contactez-nous pour obtenir un devis ou poser vos questions — nous vous répondons sous 24 heures ouvrées.

Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 24 juin 2026.

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