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SARL sans activité : que faire ? Les 4 options

SARL inactive : mise en sommeil, dissolution, cession ou maintien ? Comparez les 4 options, leurs coûts et obligations légales pour choisir la bonne décision.

Par Marie Gattepaille · · 10 min de lecture
En bref
  • Une SARL sans activité dispose de 4 options principales : mise en sommeil, dissolution-liquidation, cession des parts ou maintien sans formalités (risqué).
  • La mise en sommeil est limitée à 2 ans maximum ; au-delà, la radiation d'office est possible (art. R123-125 du Code de commerce).
  • Même sans activité, la SARL reste soumise à des obligations légales : dépôt des comptes annuels et déclarations fiscales.
  • La dissolution-liquidation met fin définitivement à la société ; la mise en sommeil préserve la possibilité d'une reprise future.
Sommaire

SARL sans activité : que faire ? Les 4 options pour gérer votre société inactive

Une SARL qui ne facture plus rien n’est pas pour autant déchargée de ses obligations : elle reste inscrite au RCS comme une société active, avec tout ce que cela implique. Quatre options existent pour régulariser cette situation : la mise en sommeil (cessation temporaire réversible), la dissolution-liquidation (fermeture définitive), la cession des parts sociales, ou le maintien sans formalités — la seule à proscrire. Voici comment choisir selon votre situation.

Exemple illustratif : Nathalie, gérante de la SARL “Lumière & Décors”, a vu son activité de décoration d’intérieur s’arrêter du jour au lendemain lorsqu’elle a dû s’absenter dix-huit mois pour s’occuper d’un parent malade. Elle ne savait pas, au départ, si elle reprendrait. C’est cette incertitude qui a guidé son choix — nous y revenons plus loin.


Pourquoi une SARL inactive reste une société à part entière

Tant qu’aucune formalité de cessation ou de dissolution n’a été accomplie, la SARL continue d’être soumise à l’ensemble de ses obligations légales, qu’elle facture ou non :

  • Dépôt des comptes annuels au greffe du tribunal de commerce, en vertu des articles L232-21 et suivants du Code de commerce. Cette obligation ne disparaît pas en l’absence de chiffre d’affaires.
  • Déclaration annuelle de résultats à l’impôt sur les sociétés (IS), même si le résultat est nul. Pour un exercice clos au 31 décembre, l’échéance est fixée au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai.
  • Approbation annuelle des comptes, qui reste due quelle que soit l’activité — la procédure ne dispense pas de cette formalité sociétaire courante.
  • Paiement de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE), sauf dégrèvement obtenu auprès du service des impôts des entreprises (art. 1478 du Code général des impôts).
  • Cotisations sociales minimales du gérant majoritaire, même sans rémunération — au régime réel (hors micro-social), elles représentent environ 1 255 à 1 298 € par an.

Ignorer ces obligations expose le gérant à des sanctions : amendes pour non-dépôt des comptes, injonction de faire, voire mise en cause personnelle en cas de difficultés ultérieures.

⚠️ Le piège à connaître : beaucoup de gérants attendent d’avoir “réglé le problème” avant de faire la moindre déclaration, pensant que l’inactivité de fait suffit à les protéger. C’est l’inverse : sans formalité officielle, c’est la société active de plein droit qui continue de générer des obligations — et des pénalités si elles ne sont pas respectées.


Option 1 — La mise en sommeil : suspendre sans fermer

La mise en sommeil est la solution adaptée lorsque la cessation d’activité est temporaire, ou que l’avenir de la société n’est pas encore tranché — c’est la situation dans laquelle s’est trouvée Nathalie.

Ce que c’est juridiquement

Il s’agit d’une déclaration de cessation temporaire totale d’activité, prévue par l’article R123-46 du Code de commerce. C’est une décision du gérant : aucune assemblée générale ni procès-verbal n’est requis pour cette déclaration, sauf si les statuts de la SARL en disposent autrement. La déclaration constitue une inscription modificative au RCS, réalisée via le guichet unique des formalités des entreprises de l’INPI, dans le délai d’1 mois suivant la décision. Elle donne lieu à une publication au BODACC (Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales), et la mention est portée sur le Kbis.

La durée maximale

La cessation temporaire est limitée à 2 ans. Au-delà de ce délai, et si aucune reprise d’activité ni aucune dissolution n’est déclarée, le greffier peut procéder à une radiation d’office de la société, en application de l’article R123-125 du Code de commerce.

Ce qui change (et ce qui ne change pas)

ÉlémentAvant mise en sommeilPendant la mise en sommeil
Inscription au RCSActiveActive (mention de cessation temporaire)
Dépôt des comptes annuelsObligatoireToujours obligatoire
Déclaration ISObligatoireToujours obligatoire
CFEDueDégrèvement possible (art. 1478 CGI)
Numéro SIRENActifConservé
Possibilité de reprendreOui, à tout moment, dans la limite de 2 ans
Cotisations sociales gérant majoritaireDues sur rémunérationCotisations minimales dues même sans rémunération

Pourquoi choisir la mise en sommeil

C’est l’option à privilégier si vous envisagez de reprendre l’activité dans les deux prochaines années : changement de contexte économique, projet en attente, transition personnelle temporaire. Elle préserve l’antériorité de la société, son numéro SIREN, son historique bancaire et ses éventuels déficits fiscaux reportables.

Pour en savoir plus sur les démarches concrètes et les tarifs, consultez notre page dédiée à la mise en sommeil d’une SARL.

💡 Bon à savoir : la reprise d’activité suit la même logique que la mise en sommeil — c’est une nouvelle inscription modificative au RCS décidée par le gérant, sans AG obligatoire sauf disposition contraire des statuts. Retrouvez le détail des étapes dans notre guide après mise en sommeil : que faire ?


Option 2 — La dissolution-liquidation : fermer définitivement

Si vous êtes certain de ne jamais reprendre l’activité, la dissolution-liquidation est la voie appropriée. Elle met fin à l’existence juridique de la SARL de manière irrévocable.

Les deux étapes obligatoires

1. La dissolution : à la différence de la mise en sommeil, la dissolution d’une SARL est une décision des associés prise en assemblée générale extraordinaire (AGE), à la majorité prévue par les statuts ou, à défaut, par la loi. Un liquidateur est nommé (souvent le gérant). La décision fait l’objet d’une publication dans un journal d’annonces légales (JAL) et d’une inscription modificative au RCS via le guichet unique de l’INPI.

2. La liquidation : le liquidateur réalise l’actif (vente des biens), apure le passif (règlement des dettes), et répartit le solde éventuel entre les associés. À l’issue, une AGE approuve les comptes de liquidation et prononce la clôture. Une nouvelle annonce légale est publiée, et la radiation définitive du RCS est demandée.

Avantages et inconvénients

CritèreDissolution-liquidation
Fin des obligations courantesOui, dès la radiation
RéversibilitéAucune
DélaiVariable selon la complexité de la liquidation (renseignez-vous auprès du greffe pour un délai estimatif)
CoûtFrais de greffe (dissolution + clôture de liquidation, soit deux dépôts d’actes à 173,97 € TTC chacun, environ 347,94 € au total) + annonces légales × 2
Adapté siCessation définitive certaine

Quand privilégier cette option

Lorsque l’activité est définitivement arrêtée, que les actifs sont réalisés ou nuls, et que les associés souhaitent tourner la page. La dissolution-liquidation arrête toutes les obligations annuelles à compter de la radiation.

⚠️ Le piège à connaître : une dissolution ne fait pas disparaître les dettes. Si la SARL a des créanciers impayés, le liquidateur doit les régler avant toute répartition aux associés. Une dissolution précipitée, sans liquidation correcte du passif, peut engager la responsabilité du liquidateur — et c’est souvent le gérant lui-même qui découvre ce piège trop tard, après avoir distribué le solde à ses associés.


Option 3 — La cession de parts sociales : transmettre plutôt que fermer

Une SARL inactive a parfois de la valeur, même sans chiffre d’affaires : son numéro SIREN, son ancienneté, ses agréments éventuels, ou ses déficits fiscaux reportables peuvent intéresser un acquéreur.

Comment ça fonctionne

La cession de parts sociales d’une SARL se fait par acte de cession entre le ou les cédants et l’acquéreur. Elle suppose généralement :

  • L’agrément des autres associés (clause d’agrément prévue par la loi pour les SARL, sauf cessions entre associés ou au profit du conjoint, d’ascendants ou de descendants),
  • L’enregistrement de l’acte de cession auprès du service des impôts, au taux de 3 % applicable aux cessions de parts sociales de SARL (avec un abattement de 23 000 € proraté selon le pourcentage de parts cédées, en application de l’article 726 du CGI),
  • La mise à jour des statuts et du registre des mouvements de titres,
  • Une déclaration de modification au RCS si la gérance change.

Ce que l’acquéreur obtient

L’acheteur reprend la société avec son passé complet : actif, passif, contrats en cours, et éventuelles dettes fiscales ou sociales. Un audit préalable (due diligence) est fortement recommandé des deux côtés.

Quand cette option est pertinente

  • La SARL possède des actifs réels (matériel, bail commercial, stocks),
  • Elle dispose de déficits fiscaux reportables significatifs,
  • Elle bénéficie d’une autorisation ou d’un agrément difficile à obtenir,
  • Vous souhaitez céder votre activité à un successeur naturel.

Option 4 — Le maintien sans formalités : une fausse économie

Certains gérants choisissent de ne rien faire : ne plus facturer, ne plus gérer la société, mais ne pas non plus effectuer de démarche officielle. C’est la pire des options sur le plan légal.

Les risques concrets

Sur le plan fiscal : le défaut de dépôt des comptes expose à une injonction de faire par le président du tribunal de commerce, et à des astreintes. Le non-dépôt de la déclaration IS entraîne des pénalités et peut déclencher une procédure de taxation d’office.

Sur le plan commercial : la SARL reste inscrite au RCS comme active. Toute personne consultant le Kbis verra une société apparemment en activité, ce qui peut créer des confusions, voire des engagements involontaires.

Sur le plan social : le gérant majoritaire reste affilié au régime social des travailleurs indépendants tant qu’il est en fonction, avec des cotisations minimales exigibles même en l’absence de revenus (environ 1 255 à 1 298 € par an au régime réel).

Radiation d’office : en cas d’inactivité prolongée sans déclaration, le greffier peut procéder à une radiation d’office — sans que le gérant soit nécessairement informé à temps pour régulariser.

📌 En pratique : ne rien faire coûte souvent plus cher que d’agir. Les pénalités, cotisations et frais de régularisation s’accumulent pendant que la situation reste figée. Mieux vaut choisir une option formelle dès que l’inactivité est constatée.


Comment choisir entre ces 4 options : le tableau comparatif

CritèreMise en sommeilDissolution-liquidationCession de partsMaintien sans formalités
RéversibilitéOui (dans la limite de 2 ans)NonOui (pour le cédant)Oui mais risqué
Décision requiseDu gérant (sauf statuts contraires)Des associés en AGEDes associés (agrément)Aucune — c’est le problème
Coût immédiat150 € HT + frais de greffe (166,71 € ou 173,97 € TTC)Frais de greffe des deux formalités (environ 347,94 € TTC) + annonces légalesVariableNul en apparence, croissant en réalité
Obligations annuellesMaintenuesSupprimées dès radiationTransférées à l’acquéreurMaintenues, avec risque de pénalités
SIREN conservéOuiNonOui (transféré)Oui
Idéal siIncertitude temporaireCessation définitiveSociété avec valeurJamais recommandé

L’arbre de décision simplifié

  1. Vous envisagez de reprendre un jour ? → Mise en sommeil.
  2. La cessation est définitive et la société n’a pas de valeur particulière ? → Dissolution-liquidation.
  3. La société a une valeur (actifs, agréments, déficits) ? → Cession de parts.
  4. Vous hésitez encore ? → Mise en sommeil : elle suspend sans fermer aucune porte.

C’est ce dernier raisonnement qui a guidé Nathalie. Ne sachant pas, au moment de partir s’occuper de son parent, si elle reprendrait son activité de décoration, elle a opté pour la mise en sommeil plutôt que pour une dissolution qu’elle aurait pu regretter.


Les démarches concrètes pour mettre une SARL en sommeil

Si vous optez pour la mise en sommeil, voici le déroulé pratique.

1. Décision du gérant

Contrairement à la dissolution, qui requiert une assemblée générale extraordinaire, la mise en sommeil est décidée par le gérant seul — aucun procès-verbal d’AG n’est exigé par défaut, sauf si les statuts de la SARL en disposent autrement.

2. Déclaration au guichet unique INPI

La démarche est entièrement dématérialisée sur le portail du guichet unique des formalités des entreprises (INPI), dans le délai d’1 mois suivant la décision. Il s’agit d’une inscription modificative au RCS, conformément aux articles R123-45 et R123-46 du Code de commerce.

3. Publication au BODACC

Le greffe du tribunal de commerce transmet l’information au BODACC, qui publie l’avis de cessation temporaire. Le Kbis est mis à jour avec cette mention.

4. Informer les tiers concernés

Banque, assurances, fournisseurs, bail commercial le cas échéant : la mise en sommeil ne résilie pas automatiquement les contrats en cours. Une revue contractuelle s’impose.

5. Obligations pendant la période de sommeil

Même en sommeil, la SARL doit :

  • Déposer ses comptes annuels chaque année,
  • Déposer sa déclaration IS,
  • Demander si nécessaire le dégrèvement de CFE (art. 1478 du CGI), en déposant la réclamation avant le 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement (art. R196-1 du LPF).

Pour les questions liées aux droits sociaux du gérant pendant la période de sommeil — notamment l’ARE — consultez notre article sur l’ARE et la mise en sommeil : durée et droits en 2026. Et si vous anticipez une reprise, notre article sur l’ARE et les cotisations sociales lors de la reprise après sommeil vous donnera les clés pour bien préparer ce moment.


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💡 Vous avez des questions sur la situation spécifique de votre SARL ? Contactez notre équipe via notre page contact pour un échange rapide et sans engagement. Nous répondons sous 24 heures ouvrées.


Une SARL sans activité n’est jamais une situation neutre. Chaque mois qui passe sans formalité représente des obligations qui s’accumulent et des risques qui augmentent. Que vous choisissiez la mise en sommeil, la dissolution ou la cession, l’essentiel est d’agir rapidement et de manière éclairée.

Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 24 juin 2026.

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