Mise en Sommeil
Formes juridiques

Mise en sommeil ou dissolution SARL : comment choisir ?

Mise en sommeil ou dissolution de votre SARL ? Comparez coûts, délais et obligations légales pour faire le bon choix. Guide expert 2026.

Par Marie Gattepaille · · 7 min de lecture
En bref
  • La mise en sommeil suspend l'activité de votre SARL sans la supprimer, pour 2 ans maximum.
  • La dissolution-liquidation ferme définitivement la société : impossible de faire marche arrière.
  • Le coût et les délais sont très différents : la mise en sommeil est plus rapide et moins onéreuse que la dissolution.
  • Le choix dépend avant tout de votre intention : reprise future ou arrêt définitif de l'activité.
Sommaire

Mettre en sommeil ou dissoudre votre SARL : ces deux options mettent fin à l’activité, mais leurs conséquences juridiques, fiscales et financières n’ont rien à voir. La mise en sommeil est une suspension temporaire et réversible ; la dissolution est un acte définitif qui aboutit à la radiation de la société. Choisir l’une plutôt que l’autre repose sur un seul critère déterminant : avez-vous l’intention de reprendre un jour ?


Ce que signifie vraiment “mettre une SARL en sommeil”

La mise en sommeil — juridiquement appelée cessation temporaire d’activité — consiste à déclarer au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) que votre SARL n’exerce plus d’activité, sans pour autant l’effacer. La société continue d’exister légalement : elle conserve sa personnalité morale, son numéro SIREN, son Kbis et ses statuts.

La formalité repose sur l’article R123-46 du Code de commerce. Le gérant dépose une déclaration modificative via le guichet unique des formalités des entreprises (INPI). Une fois enregistrée, la mention “en sommeil” apparaît sur l’extrait Kbis.

Durée maximale : 2 ans. C’est la limite légale posée par l’article R123-125 du Code de commerce. Passé ce délai sans déclaration de reprise ni démarche de dissolution, le greffe peut procéder à une radiation d’office. Attention : cette radiation ne correspond pas à une liquidation, elle ne règle pas les dettes éventuelles.

⚠️ La mise en sommeil ne clôt pas les contrats en cours, ne libère pas des baux commerciaux ni des dettes sociales ou fiscales. Ces obligations subsistent pendant toute la période de sommeil.

Prenons un exemple illustratif : Nathalie, gérante de la SARL “Lumière & Décors”, doit interrompre son activité 18 mois pour régler une situation personnelle. Elle choisit la mise en sommeil plutôt que la dissolution : la société reste juridiquement vivante, et elle sait qu’elle pourra la réactiver dès que sa situation le lui permettra. C’est précisément pour des situations comme la sienne que ce mécanisme a été conçu.

Pour approfondir la procédure pas à pas et connaître les frais exacts, consultez notre guide mise en sommeil SARL : procédure et coût 2026.


Ce que recouvre la dissolution-liquidation d’une SARL

La dissolution est la décision de mettre fin définitivement à la société. Elle se déroule en deux phases distinctes et successives.

Phase 1 — La dissolution : les associés votent la dissolution anticipée en assemblée générale extraordinaire (AGE). Cette décision doit être publiée dans un journal d’annonces légales (JAL), puis enregistrée au greffe. Un liquidateur est nommé (souvent le gérant lui-même).

Phase 2 — La liquidation : le liquidateur réalise l’actif (vente des biens), apure le passif (règlement des dettes), puis établit les comptes définitifs de liquidation. L’éventuel boni de liquidation est réparti entre les associés.

Une fois ces deux étapes accomplies, la radiation de la SARL est demandée au greffe. La société cesse définitivement d’exister.

Ce processus peut durer plusieurs mois. Il génère plusieurs séries de frais : les frais de greffe s’élèvent à 173,97 € pour la dissolution (modification avec dépôt d’acte) puis à 166,71 € pour la clôture de liquidation (inscription modificative avec avis BODACC), auxquels s’ajoutent le coût des annonces légales obligatoires à deux reprises — dissolution puis clôture de liquidation (tarifs variables selon le département, à vérifier auprès du journal d’annonces légales concerné) —, et éventuellement les honoraires d’un expert-comptable ou d’un avocat.

📌 Une fois la radiation prononcée, il est impossible de “ressusciter” la société. Si vous souhaitez reprendre une activité similaire, il faudra créer une nouvelle structure, avec tous les coûts et délais que cela implique.


Tableau comparatif : mise en sommeil vs dissolution SARL

CritèreMise en sommeilDissolution-liquidation
CaractèreTemporaire et réversibleDéfinitif et irréversible
Durée maximale2 ans (art. R123-125 C. com.)Aucune limite (processus à mener à terme)
Délai de réalisationQuelques jours à quelques semaines ouvrés selon les greffesPlusieurs mois à plus d’un an selon la complexité de la situation
Annonce légale obligatoireNonOui (x2 : dissolution + clôture liquidation)
Formalité principaleDéclaration modificative au guichet INPIAGE + publication + dépôt comptes liquidation + radiation
Kbis / SIRENConservés avec mention “en sommeil”Radiés définitivement
Obligations comptablesMaintenues (dépôt comptes annuels)Jusqu’à la clôture de liquidation
CFEDégrèvement possible (art. 1478 CGI)Cesse après radiation
Reprise possibleOui, à tout moment dans les 2 ansNon
Coût globalFaible : frais de greffe de 166,71 € (barème 2026) + honorairesÉlevé (greffe + annonces légales + honoraires)

Le piège praticien que personne ne vous dit

C’est l’erreur la plus fréquente que je rencontre : de nombreux gérants croient que la mise en sommeil suspend toutes les obligations de la société. Ce n’est pas le cas.

Pendant la mise en sommeil, votre SARL reste une personne morale à part entière. Les obligations suivantes demeurent :

  • Dépôt des comptes annuels au greffe du tribunal de commerce, conformément aux articles L232-21 et suivants du Code de commerce. Même si les comptes affichent zéro activité, ils doivent être établis et déposés — sous peine d’injonction du président du tribunal.
  • Assemblée générale annuelle pour l’approbation des comptes.
  • Déclarations fiscales : liasse fiscale, déclaration de TVA (selon le régime), déclaration de résultats à néant. Une demande de dégrèvement de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) peut être formulée auprès du service des impôts des entreprises en l’absence d’activité, en application de l’article 1478 du Code général des impôts.
  • Maintien des contrats non résiliés (bail, assurances…).

Dans notre exemple illustratif, Nathalie continuait de déposer ses comptes annuels à néant et de tenir son AG chaque année pendant les 18 mois de sommeil. Elle avait anticipé ce point avec son expert-comptable avant de déposer le dossier — ce qui lui a évité une injonction du greffe.

Pendant la liquidation, les obligations comptables et fiscales subsistent jusqu’à la clôture effective. Le liquidateur doit établir un bilan de clôture et déposer les comptes de liquidation.

💡 La mise en sommeil réduit les obligations opérationnelles mais ne les supprime pas. Si vous souhaitez vous libérer totalement de toutes les contraintes d’une société, seule la dissolution-radiation y met fin — au prix d’un processus long et coûteux.


Quand choisir la mise en sommeil, quand choisir la dissolution ?

La réponse tient en une question : votre décision d’arrêt est-elle définitive ou provisoire ?

Choisissez la mise en sommeil si :

  • Vous traversez une période difficile (problèmes de santé, conjoncture défavorable, projet en pause) mais envisagez sérieusement de reprendre.
  • Vous souhaitez conserver la structure juridique pour une éventuelle cession ou apport.
  • Vous attendez une opportunité commerciale ou un associé.
  • Vous voulez limiter les frais et agir rapidement.

Choisissez la dissolution-liquidation si :

  • Vous avez définitivement décidé de cesser toute activité et n’envisagez aucune reprise.
  • Vous souhaitez récupérer les actifs de la société et clôturer proprement toutes les relations contractuelles et financières.
  • La mise en sommeil n’est plus possible (délai de 2 ans dépassé, ou situation irrémédiablement compromise).

Si votre questionnement porte plutôt sur la radiation, consultez également mise en sommeil ou radiation : comment choisir ?.

Si vous gérez d’autres structures, sachez que la logique est similaire pour une entreprise individuelle : lisez notre guide sur la mise en sommeil auto-entrepreneur ou celui consacré à la mise en sommeil d’une EURL.


Comment procéder concrètement pour mettre votre SARL en sommeil

La démarche est entièrement dématérialisée depuis la réforme du guichet unique en 2023. Voici les grandes étapes :

  1. Vérification préalable : consultez vos statuts pour savoir si une autorisation des associés est requise. Vérifiez également l’état de vos contrats en cours (bail, crédits, contrats fournisseurs).

  2. Déclaration au guichet unique INPI : le gérant dépose une déclaration de cessation temporaire d’activité via le portail formalites.entreprises.gouv.fr. Cette déclaration constitue une inscription modificative au RCS, conformément à l’article R123-45 du Code de commerce.

  3. Publication au BODACC : la mention est automatiquement publiée au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales après enregistrement par le greffe.

  4. Mise à jour du Kbis : l’extrait Kbis est modifié pour faire apparaître la mention “en sommeil” avec la date de cessation temporaire.

  5. Gestion des obligations résiduelles : informez votre expert-comptable, votre assureur et vos banques. Maintenez le dépôt des comptes annuels et les déclarations fiscales.

Pour une prise en charge complète de ces formalités, découvrez notre service de mise en sommeil d’une SARL : nous gérons l’intégralité du dossier pour vous, de la déclaration au guichet unique jusqu’à la mise à jour du Kbis.

Pour connaître le détail des frais applicables à votre situation, consultez notre article sur le coût d’une mise en sommeil de société en 2026.

💡 Besoin d’un conseil personnalisé ? Chaque situation est différente. Contactez notre équipe via notre formulaire de contact pour obtenir une réponse adaptée à votre SARL, votre secteur d’activité et vos objectifs.


Ce qu’il faut retenir avant de décider

La mise en sommeil et la dissolution sont deux outils juridiques distincts, conçus pour des situations radicalement opposées. L’une préserve vos options, l’autre les clôt définitivement.

Si un doute subsiste sur votre intention à moyen terme, la mise en sommeil est presque toujours la solution la plus prudente : elle est réversible, rapide, peu coûteuse, et vous laisse 2 ans pour décider. La dissolution, elle, ne souffre aucun repentir.

Avant de vous engager dans l’une ou l’autre voie, assurez-vous de :

  • Connaître l’état exact du passif et des contrats en cours de votre SARL.
  • Consulter votre expert-comptable sur les implications fiscales.
  • Vérifier vos statuts pour les éventuelles clauses procédurales.

Notre service miseensommeil.fr accompagne les gérants de SARL dans toutes ces démarches, avec des honoraires transparents et un traitement rapide des dossiers.

Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 22 juin 2026.

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