Mise en Sommeil
Général

Auto-entrepreneur : mise en sommeil ou dissolution ?

Suspendre ou fermer votre micro-entreprise ? Comparez mise en sommeil et dissolution pour choisir la bonne option selon votre situation en 2026.

Par Marie Gattepaille · · 6 min de lecture Mis à jour le 22 juin 2026
En bref
  • La mise en sommeil suspend l'activité de votre micro-entreprise sans la supprimer, pour une durée maximale d'1 an renouvelable une fois.
  • La radiation (dissolution) met fin définitivement à votre numéro SIRET et à votre statut d'auto-entrepreneur.
  • La radiation automatique intervient après 24 mois civils consécutifs de chiffre d'affaires nul, sans démarche de votre part.
  • Le choix entre suspension et fermeture définitive dépend de votre intention de reprendre ou non une activité à court ou moyen terme.
Sommaire

Vous hésitez entre mettre en sommeil votre micro-entreprise ou la radier définitivement ? La réponse tient à une question : avez-vous l’intention de reprendre cette activité un jour ? Si oui, la cessation temporaire préserve votre SIRET et votre historique. Si non, la radiation est la voie la plus nette. Voici comment choisir, sans précipitation.

Suspension ou fermeture : deux logiques opposées

La confusion entre mise en sommeil et radiation est fréquente chez les auto-entrepreneurs. Pourtant, ces deux dispositifs répondent à des besoins radicalement différents.

La mise en sommeil — ou cessation temporaire d’activité — est une pause officielle. Vous signalez à l’administration que vous cessez momentanément toute activité, sans pour autant renoncer à votre entreprise. Votre numéro SIRET reste actif, votre inscription est maintenue.

La radiation est l’acte de fermeture définitive. Une fois radiée, votre micro-entreprise cesse d’exister juridiquement. Votre numéro SIRET est désactivé. Si vous souhaitez un jour reprendre une activité indépendante, vous devrez créer une nouvelle entreprise et obtenir un nouveau SIRET.

Pour une entreprise individuelle (dont relève le régime micro-entrepreneur), la cessation temporaire d’activité est limitée à 1 an, renouvelable une fois — soit 2 ans au maximum. Ce délai est distinct de la règle applicable aux sociétés (SASU, SARL…), pour lesquelles l’article R123-125 du Code de commerce prévoit une radiation d’office possible après 2 ans de mise en sommeil.

⚠️ Attention à la radiation automatique : si votre chiffre d’affaires est nul pendant 24 mois civils consécutifs sans que vous ayez déclaré une cessation temporaire, l’URSSAF peut procéder à votre radiation d’office. Vous perdez alors définitivement votre statut sans l’avoir choisi.

Tableau comparatif : mise en sommeil vs radiation d’auto-entrepreneur

CritèreMise en sommeilRadiation (définitive)
NatureTemporaireDéfinitive
Numéro SIRETConservéClôturé
Durée maximale1 an + 1 an (renouvelable)Sans objet
Reprise possibleOui, à tout momentNon (nouvelle création nécessaire)
Cotisations socialesNulles si CA nulCessent à la date de radiation
Déclarations URSSAFChiffre d’affaires nul à maintenirPlus nécessaires après radiation
DémarcheGuichet unique INPIGuichet unique INPI
Délai de traitementQuelques jours ouvrésQuelques jours ouvrés
Radiation automatiquePossible après 24 mois de CA nul
Recommandé si…Pause, projet, incertitudeArrêt définitif certain

Ce tableau résume les différences essentielles. Mais chaque situation mérite une analyse plus fine, notamment sur le plan fiscal et social.

La mise en sommeil d’une micro-entreprise : comment ça marche concrètement

Prenons un exemple illustratif : Sophie, graphiste indépendante sous le régime micro-entrepreneur, traverse une période de congé parental inattendu. Elle ne souhaite pas fermer définitivement son activité, mais ne peut plus facturer pendant plusieurs mois. Elle déclare une cessation temporaire d’activité via le guichet unique — son SIRET est préservé, elle peut reprendre dès que sa situation le permet.

Contrairement aux sociétés (SAS, SARL, SCI…), une entreprise individuelle n’est pas toujours inscrite au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS). Un auto-entrepreneur exerçant une activité commerciale est inscrit au RCS ; un auto-entrepreneur artisan est immatriculé au Registre National des Entreprises (RNE). Dans tous les cas, la déclaration de cessation temporaire se fait via le guichet unique dématérialisé de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr).

La procédure est simple :

  1. Connectez-vous au guichet unique de l’INPI.
  2. Sélectionnez votre entreprise et choisissez la modification « cessation temporaire d’activité ».
  3. Indiquez la date de début de la suspension.
  4. Validez et transmettez le formulaire.

La formalité est gratuite pour les entreprises individuelles. Pour les sociétés, des frais de greffe s’appliquent.

💡 Bon à savoir : pendant la mise en sommeil, le régime micro-entrepreneur fonctionne toujours sur la base du chiffre d’affaires encaissé. Si vous ne réalisez aucune recette, vous ne payez aucune cotisation sociale ni aucun impôt au titre du régime. Vous devez simplement continuer à déclarer un CA nul à l’URSSAF aux échéances habituelles (mensuelles ou trimestrielles). Négliger ces déclarations peut entraîner des pénalités.

Pour vous accompagner dans cette démarche et comprendre ce qu’implique la suspension de votre activité à chaque étape, consultez notre guide détaillé sur la mise en sommeil d’une entreprise individuelle.

Le piège que la plupart des auto-entrepreneurs ignorent

C’est le point de vigilance le plus souvent sous-estimé : la mise en sommeil ne suspend pas vos obligations déclaratives envers l’URSSAF.

Beaucoup pensent qu’une fois la cessation temporaire déclarée, ils n’ont plus rien à faire jusqu’à la reprise. C’est faux. Vous devez continuer à déclarer un chiffre d’affaires nul à chaque échéance (mensuelle ou trimestrielle). En cas d’oubli répété, l’URSSAF peut émettre des pénalités et, dans certains cas, considérer que vous avez abandonné votre démarche — ce qui peut accélérer une radiation que vous n’avez pas souhaitée.

La règle est simple : mettre en sommeil ne veut pas dire disparaître des radars administratifs.

La radiation : quand et comment fermer définitivement

La radiation volontaire est la procédure à choisir lorsque vous êtes certain de ne plus vouloir exercer sous ce régime. Elle se déclare également via le guichet unique de l’INPI, en sélectionnant la cessation définitive d’activité.

Quelques points essentiels à retenir :

  • La date de cessation que vous indiquez est importante : c’est à partir de cette date que vos cotisations et obligations fiscales cessent.
  • Le solde de tout compte avec l’URSSAF : vous devrez déclarer votre dernier chiffre d’affaires et vous acquitter des cotisations éventuellement dues.
  • La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) : elle reste due pour l’année en cours, même si vous cessez en cours d’année. Un dégrèvement prorata temporis peut être demandé selon les règles de l’article 1478 du Code général des impôts.
  • La radiation automatique : si vous n’effectuez pas vous-même la démarche mais que votre chiffre d’affaires reste nul pendant 24 mois civils consécutifs, l’URSSAF procède à votre radiation d’office. C’est une fermeture subie, pas choisie — et elle a exactement les mêmes effets définitifs qu’une radiation volontaire.

📌 Cas particulier : l’auto-entrepreneur salarié ou retraité. Si vous exercez sous le régime micro-entrepreneur à titre complémentaire (en parallèle d’un emploi salarié ou d’une retraite), la radiation n’a aucun impact sur votre situation principale. Vos droits sociaux (retraite, maladie) restent attachés à votre statut principal.

Impact sur les droits au chômage (ARE)

La question des allocations chômage est souvent centrale dans le choix entre suspension et fermeture. Voici ce qu’il faut savoir.

En cas de mise en sommeil, votre activité est suspendue mais votre entreprise existe toujours. Cela peut avoir des conséquences sur votre éligibilité ou le maintien de l’ARE (Allocation de Retour à l’Emploi) si vous êtes par ailleurs demandeur d’emploi. France Travail (ex-Pôle Emploi) considère que la mise en sommeil ne constitue pas une cessation d’activité au sens du droit à l’ARE.

En cas de radiation définitive, la fermeture de votre micro-entreprise peut ouvrir des droits à l’ARE si vous remplissez les conditions d’affiliation et de perte involontaire d’emploi. Les règles sont complexes et évoluent régulièrement.

Pour une analyse détaillée de votre situation, consultez nos articles dédiés :

Que faire après avoir choisi ?

Une fois votre décision prise, la démarche administrative n’est que la première étape. Voici les suites à anticiper selon l’option retenue.

Si vous choisissez la mise en sommeil

  • Continuez à déclarer un chiffre d’affaires nul à l’URSSAF.
  • Anticipez la durée maximale de 2 ans : si la reprise n’est pas possible dans ce délai, vous devrez radier votre entreprise.
  • Préparez votre déclaration de reprise d’activité le moment venu (même guichet unique INPI).
  • Consultez notre guide Après mise en sommeil : que faire ? pour ne rien oublier.
  • Pensez à la déclaration en ligne de cessation temporaire d’activité si vous souhaitez formaliser la démarche étape par étape.

Si vous choisissez la radiation

  • Déclarez votre dernier chiffre d’affaires et réglez les cotisations dues.
  • Conservez vos documents comptables et fiscaux pendant les durées légales applicables à votre situation — les délais varient selon la nature des pièces (comptables, fiscales, contractuelles) ; référez-vous aux dispositions de l’article L123-22 du Code de commerce et aux règles fiscales en vigueur, ou consultez impots.gouv.fr pour les délais de prescription applicables.
  • Informez votre banque professionnelle si vous disposez d’un compte dédié à votre activité.
  • Vérifiez auprès de votre assureur si votre responsabilité civile professionnelle couvre d’éventuels sinistres déclarés après la radiation.

💡 Un doute sur votre choix ? Nos équipes chez miseensommeil.fr peuvent vous guider. Contactez-nous pour un échange sur votre situation avant d’engager toute démarche.


Le choix entre mise en sommeil et radiation n’est pas anodin : il engage votre statut juridique, vos droits sociaux et votre capacité à reprendre une activité indépendante. Prenez le temps d’évaluer vos intentions réelles à moyen terme. Si le doute persiste, la suspension temporaire reste la solution la plus réversible — à condition de respecter scrupuleusement la durée maximale de 2 ans et les obligations déclaratives qui l’accompagnent.

Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 22 juin 2026.

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