Auto-entrepreneur : mise en sommeil ou radiation ?
Mise en sommeil ou radiation de votre auto-entreprise : comparez les deux options, leurs effets juridiques, fiscaux et sociaux pour choisir la bonne décision.
- La mise en sommeil (cessation temporaire) conserve votre numéro SIRET et votre statut ; la radiation y met fin définitivement.
- Un auto-entrepreneur radié automatiquement après 24 mois civils consécutifs de chiffre d'affaires nul ne peut pas réactiver son ancien numéro SIRET.
- La cessation temporaire d'une personne physique est limitée à 1 an renouvelable une fois, soit 2 ans maximum.
- Choisir entre les deux dépend de votre horizon de reprise, de vos droits sociaux et de vos projets professionnels futurs.
- Piège praticien : ne pas déclarer la cessation temporaire et laisser filer 24 mois de CA nul expose à une radiation d'office sans préavis.
Sommaire
- Ce que signifie concrètement “mettre en sommeil” une auto-entreprise
- Ce que signifie radier son auto-entreprise
- Tableau comparatif : mise en sommeil vs radiation pour un auto-entrepreneur
- Le piège praticien : croire que le silence vaut mise en sommeil
- Quand choisir la mise en sommeil plutôt que la radiation ?
- Quand la radiation est-elle préférable ?
- Les démarches concrètes selon votre choix
- Ce que vous devez vérifier avant de décider
Mettre en sommeil ou radier son auto-entreprise : la réponse tient en une question — comptez-vous reprendre un jour ? La mise en sommeil suspend temporairement l’activité en conservant le numéro SIRET et le statut juridique. La radiation y met fin définitivement. Ces deux voies ont des conséquences radicalement différentes sur le plan fiscal, social et administratif.
Ce que signifie concrètement “mettre en sommeil” une auto-entreprise
La mise en sommeil, appelée techniquement cessation temporaire d’activité, permet à un entrepreneur individuel — dont le micro-entrepreneur — d’interrompre son activité sans fermer définitivement son entreprise. L’entreprise existe toujours : son numéro SIRET reste actif, son immatriculation au registre national des entreprises (RNE) est maintenue.
Pour un auto-entrepreneur au régime micro, la cessation temporaire est encadrée par une durée maximale de 1 an, renouvelable une fois, soit 2 ans au total. Au-delà, si aucune reprise n’est déclarée, la radiation peut intervenir d’office.
La démarche s’effectue en ligne via le guichet unique des formalités des entreprises géré par l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Il s’agit d’une déclaration modificative. Aucun chiffre d’affaires n’est déclaré pendant cette période — et donc aucune cotisation sociale calculée sur la base du CA.
💡 Pendant la mise en sommeil, vous conservez votre numéro SIRET, votre historique d’entreprise et la possibilité de reprendre sans repartir de zéro. C’est l’avantage décisif par rapport à la radiation.
Prenons un exemple illustratif : Thomas, photographe indépendant, décroche une mission salariée de 14 mois. Plutôt que de radier son auto-entreprise, il déclare une cessation temporaire. À l’issue de la mission, il reprend ses activités sans aucune nouvelle immatriculation ni perte de son historique clients.
Ce que signifie radier son auto-entreprise
La radiation est la clôture définitive de l’auto-entreprise. Elle entraîne la suppression du numéro SIRET et la fin du statut de micro-entrepreneur. Aucun retour en arrière n’est possible avec le même numéro : si vous souhaitez reprendre une activité indépendante ultérieurement, vous devrez créer une nouvelle entreprise individuelle, avec une nouvelle immatriculation.
La radiation volontaire se déclare également via le guichet unique INPI. Elle prend effet à la date indiquée dans la déclaration et est publiée au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales).
Il existe par ailleurs une radiation automatique dont beaucoup d’auto-entrepreneurs ignorent l’existence : si vous déclarez un chiffre d’affaires nul pendant 24 mois civils consécutifs, l’administration (URSSAF ou greffe selon les cas) peut procéder à votre radiation d’office. Cette disposition vise à purger les “entreprises fantômes” du registre, mais elle peut prendre par surprise un entrepreneur qui pensait simplement traverser une période creuse.
⚠️ Un chiffre d’affaires nul pendant 24 mois consécutifs peut déclencher une radiation automatique. Si vous anticipez une longue période d’inactivité, déclarez formellement une cessation temporaire plutôt que de ne rien faire.
Tableau comparatif : mise en sommeil vs radiation pour un auto-entrepreneur
| Critère | Mise en sommeil | Radiation |
|---|---|---|
| Numéro SIRET | Conservé | Supprimé définitivement |
| Statut juridique | Maintenu | Clôturé |
| Durée | 1 an renouvelable une fois (2 ans max) | Définitive |
| Reprise d’activité | Possible sans nouvelle immatriculation | Nécessite une nouvelle création |
| Cotisations sociales sur CA | Aucune (CA nul) | N/A (plus de statut) |
| Déclaration CA URSSAF | Déclarations à zéro maintenues | Fin des déclarations |
| Publication BODACC | Non (la cessation temporaire d’une entreprise individuelle ne donne pas lieu à publication au BODACC) | Oui, pour la cessation définitive |
| Accès aux droits ARE | Préservé selon votre situation | Potentiellement déclenché |
| Démarche | Guichet unique INPI | Guichet unique INPI |
| Réversibilité | Oui | Non |
Le piège praticien : croire que le silence vaut mise en sommeil
C’est l’erreur la plus fréquente que je rencontre. Un auto-entrepreneur cesse de facturer, continue de déclarer un CA à zéro — ou pire, oublie même de déclarer — en pensant que l’absence d’activité suffit à “mettre en veille” son statut. Ce n’est pas le cas.
Déclarer un CA nul n’est pas une déclaration de cessation temporaire. Ce sont deux démarches distinctes. Tant que la cessation temporaire n’est pas formellement enregistrée via le guichet unique INPI, l’entreprise est simplement inactive, sans protection contre la radiation automatique au bout de 24 mois.
Conséquence concrète : si vous atteignez les 24 mois de CA nul sans avoir déclaré de cessation temporaire, l’URSSAF ou le greffe peut radier votre entreprise d’office. Vous perdez alors votre numéro SIRET sans l’avoir choisi, à un moment que vous ne contrôlez pas.
La bonne pratique : dès que vous anticipez plus de quelques mois d’inactivité, déposez formellement votre déclaration de cessation temporaire sur le guichet unique. La démarche est gratuite et prend moins de 15 minutes.
Quand choisir la mise en sommeil plutôt que la radiation ?
Plusieurs situations militent clairement en faveur de la cessation temporaire :
Vous envisagez de reprendre dans les 2 ans. C’est le cas le plus évident. Un congé maternité, une mission salariée temporaire, un projet personnel, une réorientation professionnelle en cours de maturation : autant de raisons de ne pas tout fermer. La mise en sommeil vous laisse le temps de décider sans subir les conséquences irréversibles d’une radiation.
Vous avez une clientèle ou une notoriété à préserver. Un numéro SIRET actif, un historique d’entreprise, des avis clients accumulés : tout cela disparaît avec la radiation. La mise en sommeil protège cet actif immatériel.
Vous percevez des allocations chômage (ARE). Le lien entre mise en sommeil et droits à l’ARE est complexe mais réel. Consulter l’article sur les droits ARE et mise en sommeil en 2026 vous donnera une vision complète des interactions. Dans certains cas, maintenir le statut sans activité est plus favorable que de fermer définitivement.
Vous hésitez encore. La mise en sommeil est réversible. La radiation ne l’est pas. En cas de doute, la cessation temporaire achète du temps.
Pour comprendre les formalités à accomplir sur le guichet unique INPI, consultez notre guide sur la cessation temporaire d’activité en ligne.
Quand la radiation est-elle préférable ?
La radiation s’impose lorsque la décision d’arrêt est définitive et réfléchie :
Vous changez de statut. Vous passez en portage salarial, vous intégrez une société, vous prenez un emploi salarié définitif. Conserver un statut d’auto-entrepreneur sans activité n’apporte aucune valeur et peut compliquer certaines démarches administratives.
Vous avez dépassé ou approchez les 2 ans de cessation. Puisque la mise en sommeil ne peut excéder 2 ans pour une personne physique, la radiation devient inévitable si vous ne reprenez pas d’activité dans ce délai. Mieux vaut alors l’anticiper volontairement.
Vous souhaitez récupérer vos droits à la retraite ou à la protection sociale sous un autre régime sans ambiguïté de statut. Une radiation nette et datée simplifie les démarches.
Votre activité était déficitaire ou non viable. Si la cessation temporaire serait suivie d’une reprise difficile sans perspective commerciale réelle, prolonger artificiellement l’existence de l’entreprise ne sert à rien.
📌 La radiation volontaire vaut toujours mieux que la radiation d’office. Elle vous permet de choisir la date effective, de préparer vos déclarations finales et d’informer vos clients ou partenaires dans de bonnes conditions.
Les démarches concrètes selon votre choix
Pour une mise en sommeil
- Connectez-vous au guichet unique INPI (formalites.entreprises.gouv.fr).
- Sélectionnez votre entreprise individuelle et choisissez “Modifier”.
- Déclarez la cessation temporaire d’activité avec la date de début.
- La déclaration est transmise aux organismes concernés (URSSAF, impôts, greffe si applicable).
- Continuez à déposer vos déclarations de CA à zéro auprès de l’URSSAF pendant la période de sommeil.
Pour aller plus loin sur la gestion de votre entreprise pendant et après cette période, l’article Après mise en sommeil : que faire ? recense toutes les obligations à respecter.
Si vous souhaitez être accompagné dans cette démarche sans risque d’erreur, notre service de mise en sommeil d’une entreprise individuelle prend en charge l’intégralité du dossier pour 150 € HT + frais de greffe, avec vérification de votre situation avant tout dépôt.
Pour une radiation
- Connectez-vous également au guichet unique INPI.
- Choisissez “Cessation d’activité définitive”.
- Indiquez la date de cessation (elle peut être rétroactive dans certaines limites).
- Régularisez vos dernières déclarations de CA auprès de l’URSSAF pour la période en cours.
- Procédez à votre déclaration de revenus finale incluant les revenus de l’exercice partiel.
Ce que vous devez vérifier avant de décider
Avant de choisir, posez-vous ces questions concrètes :
Avez-vous des droits à l’ARE en cours ou à venir ? La reprise d’activité après sommeil peut ouvrir des droits ou en prolonger. Lisez l’article sur ARE et cotisations sociales après reprise pour mesurer l’enjeu financier réel.
Avez-vous des contrats en cours ? Clients, fournisseurs, bail commercial : une radiation engage votre responsabilité personnelle si des obligations contractuelles ne sont pas soldées avant la fermeture.
Quel est votre régime de TVA ? Les auto-entrepreneurs en franchise de base de TVA n’ont pas de déclarations de TVA à gérer, mais ceux qui ont opté pour le régime réel doivent effectuer une déclaration de cessation auprès du service des impôts des entreprises (SIE).
Votre secteur d’activité détermine les registres concernés. Un commerçant est inscrit au RCS, un artisan au RM, une profession libérale au RNE. Le guichet unique centralise les démarches, mais les conséquences et les délais de traitement peuvent varier. Vérifiez les spécificités de votre activité avant de déposer.
La décision entre mise en sommeil et radiation n’est pas anodine. Elle engage votre situation administrative, sociale et fiscale pour les mois ou les années à venir. Si votre horizon est incertain, la cessation temporaire offre une souplesse précieuse. Si votre décision d’arrêt est définitive, la radiation volontaire et bien préparée est la voie propre et sécurisée.
Pour toute question spécifique à votre situation, contactez notre équipe — nous répondons sous 24 heures ouvrées et pouvons évaluer gratuitement quelle option correspond à votre cas.
Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 22 juin 2026.
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