Mise en Sommeil
Formes juridiques

Cotisations gérant SARL en sommeil : combien payer ?

Gérant majoritaire de SARL en sommeil : montant des cotisations minimales SSI en 2026, comment les éviter et toutes les démarches. Guide complet.

Par Marie Gattepaille · · 7 min de lecture Mis à jour le 24 juin 2026
En bref
  • Un gérant majoritaire de SARL en sommeil reste affilié au SSI et doit régler des cotisations minimales même sans revenu, sauf s'il se verse zéro rémunération.
  • En 2026, les cotisations minimales SSI dues par un gérant sans rémunération dépendent des taux fixés chaque année par décret ; consultez urssaf.fr pour le montant exact applicable à votre situation.
  • La mise en sommeil doit être déclarée via le guichet unique INPI et n'est autorisée que pour 2 ans maximum.
  • Un gérant minoritaire ou égalitaire relève du régime général (assimilé salarié) : ses cotisations tombent à zéro s'il ne perçoit aucune rémunération.
Sommaire

La mise en sommeil d’une SARL ne met pas fin aux obligations sociales du gérant majoritaire. Affilié au régime des travailleurs indépendants (SSI), il reste redevable de cotisations minimales même en l’absence totale de rémunération et d’activité. Comprendre leur montant, leur base de calcul et les rares leviers pour les limiter est indispensable avant toute décision.


Gérant majoritaire de SARL : pourquoi le SSI continue de s’appliquer en sommeil

Le statut social du gérant dépend directement de sa part dans le capital social. Dès lors qu’il détient, seul ou avec d’autres associés de sa famille, plus de 50 % des parts, il relève du statut de travailleur non salarié (TNS) et est affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), anciennement RSI.

Ce point est fondamental : l’affiliation au SSI ne découle pas de l’exercice effectif d’une activité commerciale, mais du mandat social et de la qualité de gérant majoritaire. Mettre la SARL en sommeil — c’est-à-dire déclarer une cessation temporaire totale d’activité au sens de l’article R123-46 du Code de commerce — ne modifie pas ce lien juridique.

Prenons un exemple illustratif : Nathalie, gérante majoritaire de la SARL “Lumière & Décors”, décide de mettre sa société en sommeil pour 18 mois afin de régler une situation personnelle. Elle cesse toute facturation, ferme ses locaux. Pourtant, le SSI continue de lui envoyer ses appels de cotisations. Son mandat de gérante n’a pas changé : elle reste affiliée.

⚠️ Attention à la confusion fréquente : la mise en sommeil suspend l’activité économique, elle ne suspend pas le mandat social. Ces deux réalités juridiques sont indépendantes.

Tant que vous conservez votre mandat de gérant majoritaire, vous restez affilié. Le SSI continuera d’appeler des cotisations, même si votre SARL ne génère plus aucun euro de chiffre d’affaires.


Cotisations minimales SSI : base de calcul et montant 2026

La logique des cotisations minimales

Lorsqu’un gérant majoritaire perçoit une rémunération, ses cotisations sociales sont calculées sur cette base. Lorsqu’il ne perçoit aucune rémunération — ce qui est le cas courant pour une SARL en sommeil — le SSI ne retient pas une assiette nulle. Il applique des assiettes minimales forfaitaires définies chaque année par décret, en pourcentage du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS).

Ces cotisations minimales couvrent :

BrancheAssiette minimaleObservation
Maladie-maternitéAssiette minimale forfaitaire (% du PASS, voir urssaf.fr)Donne droit aux remboursements maladie
Retraite de baseAssiette minimale forfaitaire (% du PASS, voir urssaf.fr)Valide des trimestres de retraite
Invalidité-décèsAssiette minimale forfaitaire (voir urssaf.fr)Couverture en cas d’invalidité
Retraite complémentaireCotisation minimale (voir urssaf.fr)Régime complémentaire des indépendants
Formation professionnelleCotisation fixe annuelle (voir urssaf.fr)Obligatoire pour tous les TNS

📌 Montant 2026 : les assiettes et taux des cotisations minimales SSI sont fixés chaque année par décret. Pour connaître le montant exact applicable à un gérant majoritaire sans rémunération en 2026, consultez directement urssaf.fr ou rapprochez-vous d’un expert-comptable.

Ce que ces cotisations minimales financent réellement

Ces cotisations ne sont pas seulement une charge : elles maintiennent vos droits. En les réglant, vous continuez à valider des trimestres pour votre retraite de base et conservez la couverture maladie-maternité. Si vous cessez de les payer, vos droits peuvent être suspendus.


Gérant minoritaire ou égalitaire : un régime radicalement différent

La situation est très différente pour un gérant minoritaire (moins de 50 % des parts) ou égalitaire (exactement 50 %) : il est assimilé salarié et relève du régime général de la Sécurité sociale.

La règle est simple : pas de rémunération versée = pas de cotisations. En période de sommeil, si la SARL ne verse aucune rémunération au gérant, aucune cotisation n’est appelée. Il perd en revanche tous ses droits à la protection sociale durant cette période (hors couverture par un autre emploi ou une autre affiliation).

Ce tableau récapitule la différence essentielle :

Profil du gérantRégime socialCotisations sans rémunération
Gérant majoritaire (> 50 % des parts)SSI (TNS)Cotisations minimales dues
Gérant égalitaire (50 % des parts)Régime général (assimilé salarié)Aucune cotisation
Gérant minoritaire (< 50 % des parts)Régime général (assimilé salarié)Aucune cotisation

Peut-on éviter ou réduire ces cotisations minimales ?

Renoncer au mandat de gérant majoritaire

C’est la seule manière de couper l’affiliation au SSI. En démissionnant de votre mandat ou en cédant suffisamment de parts pour devenir minoritaire, vous sortez du champ du régime TNS. Cette décision entraîne :

  • Une modification des statuts de la SARL (désignation d’un nouveau gérant si nécessaire) ;
  • Une déclaration modificative au guichet unique INPI (conformément aux articles R123-45 et suivants du Code de commerce) ;
  • Une publication au BODACC de la modification.

C’est une démarche lourde qui peut ne pas être adaptée à une cessation temporaire de courte durée.

Demander un délai ou un échelonnement

Si les cotisations minimales représentent une charge difficile à assumer pendant la période de sommeil, vous pouvez contacter le SSI pour demander un étalement de paiement. Cela ne supprime pas la dette, mais l’adapte à votre trésorerie.

Vérifier la régularisation en fin d’année

Le SSI calcule les cotisations à titre provisionnel. Si votre rémunération réelle annuelle est inférieure aux assiettes minimales, une régularisation intervient. Dans la pratique, pour une SARL en sommeil avec rémunération nulle, les cotisations minimales constituent déjà le plancher : il n’y a pas de régularisation à la baisse en dessous de ce seuil.


La procédure de mise en sommeil de la SARL : rappel des étapes clés

Avant de s’interroger sur les cotisations, encore faut-il avoir correctement formalisé la mise en sommeil. Une SARL inactive qui n’a pas accompli les formalités requises n’est pas “en sommeil” au sens légal : elle est simplement inactive, sans protection particulière.

Pour mettre votre SARL en sommeil dans les règles, vous devez notamment :

  1. Faire constater la décision du gérant de cesser temporairement l’activité (aucune assemblée générale ni procès-verbal n’est obligatoire, sauf si les statuts de la SARL l’imposent) ;
  2. Déclarer la cessation temporaire via le guichet unique des formalités des entreprises (plateforme INPI), conformément à l’article R123-46 du Code de commerce ;
  3. Obtenir la mise à jour du Kbis mentionnant l’état de cessation temporaire d’activité ;
  4. Veiller à respecter la durée maximale de 2 ans : au-delà, le greffe peut procéder à une radiation d’office en application de l’article R123-125 du Code de commerce.

Notre service mise en sommeil d’une SARL prend en charge l’intégralité de ces formalités pour un tarif fixe de 150 € HT + 166,71 € TTC de frais de greffe, sans surprises.

💡 Pour une vue d’ensemble des frais liés à la mise en sommeil (frais de greffe, honoraires, publications), consultez notre article sur le coût de la mise en sommeil d’une société en 2026.


Les autres obligations qui subsistent pendant le sommeil de la SARL

Les cotisations sociales ne sont pas la seule charge à anticiper. Voici ce qui reste obligatoire même lorsque la SARL ne génère aucune activité.

Dépôt des comptes annuels

L’obligation de déposer les comptes annuels au greffe du tribunal de commerce reste entière, en vertu des articles L232-21 et suivants du Code de commerce. Même si le bilan présente un résultat nul et un chiffre d’affaires de zéro, les comptes doivent être approuvés en assemblée et déposés dans les délais légaux.

C’est un piège que beaucoup de gérants ignorent : ils croient que le sommeil suspend toutes les obligations. Ce n’est pas le cas. Les comptes et les déclarations fiscales restent dus, même à néant.

Cotisation foncière des entreprises (CFE)

Une SARL en sommeil peut bénéficier d’un dégrèvement de CFE en l’absence totale d’activité, en application de l’article 1478 du Code général des impôts. Ce dégrèvement n’est pas automatique : il doit faire l’objet d’une demande auprès du service des impôts des entreprises compétent.

Déclarations fiscales

La SARL reste tenue de déposer ses déclarations fiscales (déclaration de résultat IS, déclaration TVA le cas échéant) même si elles ne font apparaître aucun mouvement.


Mise en sommeil ou dissolution : peser les charges sociales dans la décision

Si la perspective de régler des cotisations minimales SSI pendant deux ans vous semble trop contraignante, il peut être pertinent de comparer la mise en sommeil avec une dissolution-liquidation. La dissolution met un terme définitif à la SARL et, avec elle, à votre mandat de gérant et à votre affiliation au SSI (sous réserve des délais de radiation).

Retrouvez les critères de choix dans notre article dédié : mise en sommeil ou dissolution, comment choisir ?.

De même, si vous gérez une EURL plutôt qu’une SARL, les règles sont proches mais méritent un traitement spécifique : consultez notre guide sur la mise en sommeil d’une EURL.

Et si votre situation concerne une activité en nom propre (auto-entrepreneur), la problématique des cotisations est différente : notre article sur la mise en sommeil d’un auto-entrepreneur vous explique les démarches.


Ce qu’il faut retenir avant de mettre votre SARL en sommeil

La mise en sommeil d’une SARL est une solution flexible pour suspendre temporairement une activité sans engager les frais d’une dissolution. Mais elle ne fait pas disparaître les obligations sociales du gérant majoritaire. Avant de décider, posez-vous les bonnes questions :

  • Êtes-vous gérant majoritaire (SSI, cotisations minimales inévitables) ou minoritaire (assimilé salarié, zéro cotisation sans rémunération) ?
  • La durée de sommeil envisagée justifie-t-elle les charges sociales cumulées, ou une dissolution serait-elle plus économique sur deux ans ?
  • Avez-vous bien accompli les formalités de déclaration au guichet unique INPI pour que le sommeil soit opposable aux tiers ?

Pour toute question sur votre situation ou pour lancer la procédure, contactez notre équipe. Nous analysons votre dossier et vous guidons vers la solution la plus adaptée à votre situation.


Cet article est fourni à titre informatif. Les montants de cotisations SSI sont susceptibles d’évoluer chaque année. Consultez votre expert-comptable ou le site officiel du SSI pour les taux en vigueur au moment de votre démarche.

Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 24 juin 2026.

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