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L'essentiel
- La dissolution d'une SASU n'efface pas les trimestres de retraite déjà validés pendant l'activité du président.
- Le président de SASU relève du régime général de la Sécurité sociale : ses droits à retraite sont calculés sur les cotisations versées sur sa rémunération, pas sur les dividendes.
- Le boni de liquidation distribué à l'associé unique est soumis au PFU de 31,4 % mais ne génère aucun droit à la retraite.
Fermer sa SASU au moment de partir à la retraite soulève une question légitime et souvent mal documentée : que devient-on côté droits à pension ? La réponse courte : la dissolution n’efface aucun droit acquis, mais la façon dont vous avez été rémunéré pendant l’activité détermine entièrement ce que vous toucherez. Voici ce que tout président de SASU doit savoir avant de signer l’acte de dissolution.
Quel régime de retraite pour le président de SASU ?
Le président d’une SASU est, sur le plan social, assimilé salarié. Il relève du régime général de la Sécurité sociale — et non du régime des travailleurs non-salariés (TNS) qui s’applique au gérant majoritaire de SARL ou à l’associé unique d’une EURL.
Concrètement, cela signifie que ses droits à la retraite sont constitués exactement comme ceux d’un salarié classique :
- les cotisations retraite (de base et complémentaire Agirc-Arrco) sont prélevées sur sa rémunération brute ;
- la validation d’un trimestre au régime de base exige d’avoir perçu, sur ce trimestre (ou sur l’année), une rémunération soumise à cotisations d’au moins 150 fois le SMIC horaire (soit 600 fois sur l’année civile pour valider 4 trimestres) ;
- les dividendes perçus en tant qu’associé unique ne génèrent aucune cotisation retraite et n’ouvrent donc aucun droit à pension.
⚠️ Piège fréquent : certains présidents de SASU se versent peu ou pas de salaire et compensent par des dividendes, jugeant cette stratégie fiscalement avantageuse. C’est parfois vrai à court terme — mais chaque année sans rémunération suffisante est une année sans trimestre validé. L’impact sur la pension peut se chiffrer en centaines d’euros par mois sur la durée de la retraite.
Ce que la dissolution change — et ce qu’elle ne change pas
Ce qui reste intact
La dissolution d’une SASU ne rétroagit pas. Tous les trimestres validés pendant les années d’activité rémunérée demeurent définitivement acquis. Votre relevé de carrière conserve chaque trimestre cotisé, chaque point Agirc-Arrco accumulé.
De même, si vous avez cotisé à une retraite supplémentaire (article 83, PER d’entreprise…), ces droits subsistent indépendamment de la fermeture de la société.
Ce qui s’arrête avec la dissolution
La dissolution met fin à toute possibilité de cotiser via la SASU. Dès la clôture de liquidation et la radiation au RCS, la société n’existe plus : elle ne peut plus verser de salaire, donc plus alimenter votre retraite future.
Si vous dissolvez votre SASU avant d’avoir atteint le nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein, vous devrez soit :
- compléter via une autre activité salariée ou indépendante ;
- accepter une pension calculée avec une décote ;
- attendre l’âge dit “d’annulation de la décote” (qui est distinct de l’âge légal de départ).
📌 Renseignez-vous auprès de votre caisse de retraite (CNAV pour le régime de base, Agirc-Arrco pour la complémentaire) avant de fixer la date de dissolution. Un entretien préalable avec un conseiller retraite peut éviter des erreurs irréparables.
Le boni de liquidation : aucun droit à la retraite, mais une fiscalité à anticiper
Lorsque la liquidation de la SASU est positive — c’est-à-dire que l’actif net après règlement de toutes les dettes est supérieur aux apports — l’excédent constitue un boni de liquidation. En tant qu’associé unique, vous le percevez intégralement.
Fiscalement, ce boni est traité comme un revenu distribué au sens des articles 112 et 161 du Code général des impôts. Il est soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif si celle-ci vous est plus favorable.
Socialement, en revanche, le boni de liquidation n’est pas soumis aux cotisations sociales. Il ne génère aucun trimestre de retraite, aucun point Agirc-Arrco, aucun droit aux prestations de la Sécurité sociale. C’est un capital, pas un revenu d’activité.
| Élément | Soumis à cotisations retraite ? | Imposition |
|---|---|---|
| Rémunération du président | Oui (régime général) | IR (traitements et salaires) |
| Dividendes versés en cours de vie | Non | PFU 31,4 % ou barème progressif |
| Boni de liquidation | Non | PFU 31,4 % ou barème progressif (art. 112 et 161 CGI) |
Timing de la dissolution : l’enjeu des trimestres en cours
Le moment auquel vous déclenchez la dissolution a un impact direct sur les trimestres de l’année en cours. Voici la logique à appliquer :
Règle des 150 SMIC horaires par trimestre. Pour valider un trimestre civil (janvier-mars, avril-juin, juillet-septembre, octobre-décembre), vous devez avoir perçu une rémunération brute cotisée au moins égale à 150 fois le SMIC horaire sur ce trimestre — ou avoir atteint 600 fois le SMIC annuellement. Si vous cessez de vous verser un salaire en cours de trimestre et que la somme cumulée est insuffisante, ce trimestre est perdu.
Exemple concret : Nathalie, présidente de SASU, décide de dissoudre sa société en octobre. Elle se verse un salaire jusqu’à fin septembre. Le 4e trimestre (octobre-décembre) ne sera pas validé si aucune rémunération cotisée n’est perçue sur cette période. Or, selon sa situation, ce trimestre manquant pourrait être celui qui lui ouvrait droit à la retraite à taux plein. Un décalage d’un mois dans la décision de dissolution peut ainsi coûter plusieurs années d’attente — ou une décote définitive.
💡 Conseil pratique : Si vous approchez du seuil de trimestres pour la retraite à taux plein, demandez un relevé de carrière actualisé sur info-retraite.fr et simulez votre situation avant de fixer la date d’acte de dissolution.
La mise en sommeil : une alternative à envisager avant de décider
Avant de dissoudre définitivement votre SASU, il peut être pertinent d’explorer la mise en sommeil. Cette option, souvent méconnue, permet de suspendre l’activité sans fermer la société — la porte reste ouverte.
Contrairement à la dissolution, la mise en sommeil est une décision du président seul : aucune assemblée générale ni procès-verbal n’est obligatoire, sauf si vos statuts l’imposent. Elle se déclare au guichet unique de l’INPI dans le mois suivant la décision (articles R123-45 et R123-46 du Code de commerce), entraîne une inscription modificative au RCS publiée au BODACC, et figure ensuite sur l’extrait Kbis.
Elle est limitée à 2 ans maximum. Au-delà, le greffier peut procéder à une radiation d’office (article R123-125 du Code de commerce). À l’issue, vous choisissez : reprendre l’activité ou dissoudre.
Dans le contexte de la retraite, la mise en sommeil peut être utile si :
- vous n’avez pas encore atteint l’âge légal de départ et souhaitez garder la structure disponible ;
- vous attendez un repreneur potentiel ;
- vous souhaitez sécuriser votre situation fiscale et sociale le temps de clarifier votre projet.
Pour en savoir plus sur ce que faire après avoir mis une SASU en sommeil, consultez notre article Après mise en sommeil : que faire ? Guide complet.
La procédure de dissolution-liquidation de SASU : rappel des étapes
Si vous avez décidé de fermer définitivement votre SASU, la procédure se déroule en deux étapes distinctes.
Étape 1 — La dissolution. L’associé unique prend une décision de dissolution et nomme un liquidateur (souvent lui-même). Cette décision est consignée dans un document signé par l’associé unique — sans assemblée générale puisque la SASU est unipersonnelle. Une annonce légale est publiée dans un support habilité (consultez notre guide sur l’annonce légale de dissolution SASU : prix et procédure), puis le dossier est déposé au guichet unique. Les frais de greffe pour cette étape s’élèvent à 173,97 € TTC.
Étape 2 — La clôture de liquidation. Une fois toutes les opérations de liquidation réalisées (recouvrement des créances, règlement des dettes, établissement du bilan de clôture), l’associé unique approuve les comptes de liquidation et prononce la clôture. Une seconde annonce légale est publiée (voir notre article sur l’annonce légale de clôture de liquidation), puis la radiation est demandée au greffe dans le mois suivant cette publicité. Les frais de greffe pour la radiation sont de 7,26 € TTC.
Notre service dissolution-liquidation d’une SASU prend en charge l’ensemble du dossier pour 200 € HT, auxquels s’ajoutent les deux annonces légales (environ 153 € HT pour la dissolution et 111 € HT pour la clôture) et les frais de greffe.
⚠️ Obligations maintenues pendant la liquidation. Même en cours de liquidation, la SASU reste soumise à ses obligations comptables et fiscales : dépôt des comptes annuels (articles L232-21 et suivants du Code de commerce), dépôt de la liasse IS dans les délais légaux, déclarations fiscales. Ne pas les négliger sous prétexte que la société est « en train de fermer ».
Pour comprendre le contenu et les montants exacts des annonces légales publiées lors de la dissolution, consultez notre article détaillé : Annonce légale de dissolution : prix, contenu, publication.
Checklist avant de dissoudre votre SASU pour la retraite
Voici les points à vérifier avant de signer l’acte de dissolution :
| Vérification | Action recommandée |
|---|---|
| Nombre de trimestres validés à ce jour | Consulter votre relevé de carrière sur info-retraite.fr |
| Trimestres manquants pour le taux plein | Simulation retraite + conseil de votre caisse |
| Rémunération suffisante sur le trimestre en cours | Vérifier avec votre expert-comptable |
| Traitement fiscal du boni de liquidation | Simulation IR avec PFU vs barème progressif |
| Déficits fiscaux IS reportables | Vérifier leur imputation avant clôture |
| Obligations comptables et fiscales avant radiation | Comptes de clôture, liasse IS finale, déclarations TVA |
| Option mise en sommeil comme alternative | À envisager si le calendrier reste incertain |
La dissolution d’une SASU dans le contexte d’un départ à la retraite est une décision qui mérite une planification rigoureuse — au moins autant sur le plan social que sur le plan juridique. Les droits acquis ne disparaissent pas, mais les erreurs de calendrier peuvent coûter cher. Si votre situation présente des zones d’incertitude — trimestres insuffisants, boni de liquidation important, déficits IS à apurer — consultez votre caisse de retraite, votre expert-comptable, et contactez-nous pour les aspects procéduraux de la dissolution.
Rédigé avec l’assistance d’outils d’IA, sous la responsabilité éditoriale de NORGE CONSEIL. Dernière mise à jour : 3 octobre 2026.