Mise en Sommeil
Formes juridiques

Mise en sommeil ou dissolution SCI : comment choisir ?

Mettre en sommeil ou dissoudre votre SCI ? Comparez coûts, délais et obligations pour choisir la bonne option en 2026. Guide expert et formalités claires.

Par Marie Gattepaille · · 7 min de lecture
En bref
  • La mise en sommeil suspend l'activité de la SCI jusqu'à 2 ans sans la supprimer, tandis que la dissolution l'éteint définitivement.
  • La dissolution d'une SCI implique plusieurs étapes obligatoires (assemblée, liquidation, radiation) et coûte plus cher en honoraires et en temps.
  • Si votre SCI détient encore un bien ou pourrait reprendre une activité, la mise en sommeil est généralement plus adaptée et moins coûteuse.
  • Dans les deux cas, les obligations comptables et fiscales restent en vigueur pendant toute la procédure.
Sommaire

La mise en sommeil suspend temporairement l’activité d’une SCI sans l’éteindre, tandis que la dissolution y met fin de façon définitive. La mise en sommeil est adaptée si vous envisagez une reprise dans les 2 ans ; la dissolution s’impose si la SCI n’a plus de raison d’être. Le choix dépend avant tout de votre horizon et de la situation patrimoniale de la société.


Mise en sommeil ou dissolution : deux logiques radicalement différentes

Une SCI peut traverser des périodes sans activité : vente du bien, mésentente entre associés, attente d’un nouveau projet immobilier. Dans ces situations, deux options s’offrent à vous, et elles n’ont pas du tout les mêmes conséquences juridiques.

La mise en sommeil est une cessation temporaire et totale d’activité. La SCI continue d’exister, son numéro SIREN reste actif, sa personnalité morale est préservée. Les associés peuvent relancer l’activité à tout moment, sans créer une nouvelle structure. Cette suspension est encadrée par la loi : la durée maximale est de 2 ans pour une société immatriculée au RCS (article R123-125 du Code de commerce). Au-delà, le greffe du tribunal de commerce peut radier la société d’office.

La dissolution est une décision définitive et irrévocable. Elle déclenche une procédure de liquidation, qui vise à apurer les dettes, céder les actifs, puis partager le solde entre les associés. La SCI est ensuite radiée du RCS. Une fois radiée, il est impossible de la “réveiller” : si un nouveau projet immobilier se présente, il faudra constituer une nouvelle SCI.

⚠️ Point de vigilance : la mise en sommeil ne dispense pas des obligations légales. Le dépôt des comptes annuels reste obligatoire (articles L232-21 et suivants du Code de commerce), et la SCI doit continuer à répondre à ses obligations fiscales pendant toute la période de sommeil. C’est le piège dans lequel tombent beaucoup de gérants : croire que “mettre en sommeil” équivaut à “ne plus rien faire”. Ce n’est pas le cas.


Un exemple concret pour situer les enjeux

Prenons l’exemple illustratif de Marc et Sophie (exemple illustratif anonymisé), associés d’une SCI familiale créée pour gérer un appartement locatif à Lyon. Après la vente du bien, ils ne savent pas encore s’ils rachèteront un autre bien ensemble. Ils choisissent la mise en sommeil plutôt que la dissolution : la SCI garde son historique, ses statuts, son SIREN, et ils n’auront pas à tout recommencer si un projet se présente dans les 18 mois. Mais ils continuent à déposer les comptes annuels — même à zéro — et à déclarer le résultat fiscal chaque année.

C’est précisément ce cas de figure que la mise en sommeil est conçue pour gérer : suspendre sans dissoudre, garder la porte ouverte.


Les étapes et formalités de chaque option

Mettre en sommeil une SCI : une procédure allégée

La mise en sommeil d’une SCI s’effectue via le guichet unique des formalités des entreprises (INPI). La décision peut être prise par le gérant, sous réserve de vérifier les statuts — certaines SCI imposent une décision collective des associés pour une telle démarche.

Les formalités obligatoires sont les suivantes :

  1. Décision de cessation temporaire d’activité : délibération des associés ou décision du gérant selon les statuts.
  2. Déclaration au guichet unique INPI : déclaration modificative au RCS, conformément aux articles R123-45 et R123-46 du Code de commerce.
  3. Inscription modificative au Kbis : la mention « cessation temporaire d’activité » apparaît sur l’extrait Kbis.
  4. Publication au BODACC : le greffe assure cette publication après enregistrement de la modification.

Contrairement à la dissolution, une seule formalité principale suffit. Pas de liquidateur à nommer, pas de publication d’avis de dissolution dans un journal d’annonces légales, pas d’assemblée de clôture des opérations de liquidation.

Pour découvrir en détail la procédure et les coûts, consultez notre page dédiée à la mise en sommeil d’une SCI.

Dissoudre une SCI : une procédure en plusieurs actes

La dissolution d’une SCI est un processus long, qui se déroule en sept étapes :

  1. Assemblée générale extraordinaire de dissolution : les associés votent la dissolution et nomment un liquidateur (souvent le gérant).
  2. Publication de l’avis de dissolution dans un journal d’annonces légales (JAL) du département du siège social.
  3. Déclaration au guichet unique INPI pour l’inscription de la dissolution au RCS.
  4. Opérations de liquidation : clôture des comptes, cession des actifs résiduels, paiement des créanciers.
  5. Assemblée générale de clôture de liquidation : approbation des comptes de liquidation, constat de la clôture.
  6. Publication de l’avis de clôture de liquidation dans un JAL.
  7. Déclaration de radiation au guichet unique INPI.

Chaque étape génère des coûts : les frais de greffe pour une modification de société avec dépôt d’acte s’élèvent à 173,97 € (barème en vigueur en 2026), auxquels s’ajoutent les publications légales dans un journal d’annonces légales (tarifs variables selon le département, à vérifier auprès du JAL retenu) et les éventuels honoraires de conseil. Une dissolution bien conduite prend en général entre 3 et 12 mois, parfois davantage si la situation patrimoniale est complexe.

⚠️ Piège praticien : beaucoup de gérants pensent que la dissolution se résume à une assemblée et une déclaration. En réalité, la publication légale de clôture de liquidation est obligatoire même si la SCI ne détenait plus aucun actif au moment de la dissolution. Omettre cette étape rend la radiation impossible.


Tableau comparatif : mise en sommeil vs dissolution d’une SCI

CritèreMise en sommeilDissolution
CaractèreTemporaire (≤ 2 ans)Définitif
Personnalité moraleConservéeSupprimée à la radiation
Nombre de formalités1 déclaration modificative3 déclarations + 2 publications légales
DélaiQuelques jours3 à 12 mois minimum
Coût approximatifHonoraires + frais de greffe de 166,71 € (barème 2026)Nettement plus élevé (publications, liquidation…)
Reprise d’activité possibleOui, à tout moment dans la limite de 2 ansNon (nouvelle structure obligatoire)
Obligations comptablesMaintenuesMaintenues jusqu’à la radiation
CFEDégrèvement possible (art. 1478 CGI)Dégrèvement possible jusqu’à la radiation
Responsabilité des associésMaintenueMaintenue jusqu’à la radiation

💡 Pour comparer les frais de chaque option en détail, consultez notre article sur le coût de la mise en sommeil d’une société en 2026.


SCI sans bien immobilier : quelle option choisir ?

C’est l’une des situations les plus fréquentes : la SCI a vendu son unique bien, ou n’en a jamais acquis. Les associés se demandent alors quoi faire de la structure.

La réponse dépend de votre horizon temporel :

  • Vous avez un projet immobilier dans les 2 ans : la mise en sommeil est la bonne solution. Vous conservez la structure, son historique, ses statuts, sans frais de création d’une nouvelle société.
  • Aucun projet n’est envisagé à court ou moyen terme : la dissolution est préférable. Conserver une SCI inactive génère des obligations annuelles (dépôt des comptes, obligations fiscales, éventuellement CFE) sans aucun bénéfice opérationnel. À terme, si vous ne faites rien, la SCI risque d’être radiée d’office sans que les formalités de clôture soient correctement effectuées, ce qui peut laisser des situations administratives et fiscales non soldées.
  • La SCI est endettée : dans ce cas, la mise en sommeil ne résout rien. La dissolution avec liquidation est indispensable pour apurer les dettes et clore proprement la situation.

📌 Rappel important : même en sommeil, une SCI sans activité doit déposer ses comptes annuels au greffe chaque année. L’absence de dépôt expose le gérant à des sanctions (injonction de dépôt, amende civile). Ne négligez pas cette obligation, même si la société ne génère aucun chiffre d’affaires.


Les implications fiscales et sociales à ne pas négliger

Cotisation foncière des entreprises (CFE)

Une SCI en sommeil peut bénéficier d’un dégrèvement de CFE en l’absence d’activité imposable, conformément à l’article 1478 du Code général des impôts. Ce dégrèvement n’est pas automatique : il doit être demandé auprès du service des impôts des entreprises (SIE) compétent. La même logique s’applique pendant la période de liquidation d’une SCI dissoute.

Impôt sur les sociétés ou régime des sociétés de personnes

La grande majorité des SCI relèvent de l’impôt sur le revenu (régime des sociétés de personnes, article 8 du Code général des impôts). Dans ce cadre, une SCI sans revenus fonciers ni cession d’actif n’aura pas d’impôt à payer, mais devra tout de même déposer une déclaration de résultat (formulaire 2072) chaque année, même en sommeil.

Si la SCI a opté pour l’impôt sur les sociétés, les mêmes obligations déclaratives annuelles s’appliquent, avec le risque de cotisation minimale selon le régime applicable.

TVA

Les SCI à l’IR ne sont généralement pas assujetties à la TVA sauf option spécifique. En sommeil, cette situation ne change pas. En revanche, une SCI assujettie doit déclarer la cessation d’activité taxable auprès du SIE.


Pourquoi faire appel à un service spécialisé ?

Qu’il s’agisse d’une mise en sommeil ou d’une dissolution, les formalités juridiques d’une SCI peuvent rapidement devenir complexes, en particulier si les statuts prévoient des règles spécifiques pour les décisions collectives, ou si des biens sont encore inscrits à l’actif.

Chez miseensommeil.fr, nous accompagnons les gérants et associés de SCI dans toutes les étapes de la cessation temporaire d’activité : rédaction des actes, dépôt au guichet unique INPI, suivi de l’inscription modificative au RCS, publication au BODACC. Nos honoraires sont fixes et transparents — aucune mauvaise surprise en cours de procédure.

Pour les autres formes juridiques, nos guides comparatifs peuvent également vous être utiles :

💡 Vous hésitez encore entre mise en sommeil et dissolution pour votre SCI ? Notre équipe peut vous orienter rapidement selon votre situation. Contactez-nous pour un accompagnement personnalisé.


Ce qu’il faut retenir avant de décider

La décision entre mise en sommeil et dissolution d’une SCI n’est pas qu’une question de coût immédiat. C’est avant tout une question de stratégie patrimoniale et temporelle :

  • Mise en sommeil si vous voulez garder la porte ouverte, si un projet est possible dans les 2 ans, si la SCI est saine financièrement.
  • Dissolution si la société n’a plus d’utilité, si les associés souhaitent clore définitivement, si des actifs ou des dettes doivent être soldés.

Dans tous les cas, ne laissez pas votre SCI dans un vide administratif : une société inactive sans formalité adaptée accumule les obligations non honorées et expose ses dirigeants à des risques réels. Agir rapidement et correctement est toujours moins coûteux que de régulariser une situation à l’abandon.


Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 22 juin 2026.

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