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Cessation temporaire activité auto-entrepreneur : guide

Comment cesser temporairement son activité auto-entrepreneur ? Démarches, durée, cotisations, radiation : tout ce qu'il faut savoir en 2026.

Par Marie Gattepaille · · 9 min de lecture Mis à jour le 22 juin 2026
En bref
  • Un auto-entrepreneur peut cesser temporairement son activité sans la radier, mais la durée est limitée à 1 an renouvelable une fois (2 ans maximum).
  • Au-delà de 24 mois civils consécutifs de chiffre d'affaires nul, la radiation automatique est possible — il faut anticiper.
  • Pendant la cessation, les obligations déclaratives (liasse fiscale, déclaration de CA) subsistent ; seules les cotisations sociales tombent à zéro si le CA est nul.
Sommaire

Un auto-entrepreneur peut cesser temporairement son activité sans la fermer définitivement. Cette pause, encadrée par la réglementation, est limitée à 1 an renouvelable une fois (2 ans au total). Passé ce délai — ou après 24 mois civils consécutifs de chiffre d’affaires nul — la radiation automatique devient possible. Les démarches sont dématérialisées via le guichet unique de l’INPI.


Ce que signifie vraiment « cesser temporairement » pour un auto-entrepreneur

La notion de cessation temporaire d’activité désigne une interruption volontaire et provisoire de l’exercice de l’activité, sans fermeture définitive de l’entreprise. Pour un auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur — les deux termes désignent la même réalité depuis 2016), cela revient à « mettre en pause » son numéro SIRET, ses déclarations de chiffre d’affaires et ses cotisations, tout en conservant son statut juridique.

Il faut immédiatement lever une confusion fréquente : la mise en sommeil au sens strict est une procédure réservée aux sociétés immatriculées au Registre du commerce et des sociétés (RCS) — SASU, SARL, SCI, etc. — et déclarée conformément à l’article R123-46 du Code de commerce. L’auto-entrepreneur, lui, est une personne physique inscrite au Registre national des entreprises (RNE). La mécanique est différente, même si l’objectif reste identique : suspendre l’activité sans la supprimer.

📌 À retenir : si vous exploitez une SASU ou une SARL en plus de votre micro-entreprise, les procédures sont distinctes et cumulables. Consultez notre guide sur la mise en sommeil d’une entreprise individuelle pour une vision complète de vos options.

Exemple illustratif : Thomas, micro-entrepreneur dans la photographie de mariage, traverse une période difficile après un problème de santé. Plutôt que de radier immédiatement sa micro-entreprise — qu’il a mis plusieurs années à développer —, il déclare une cessation temporaire d’activité. Son numéro SIRET reste actif, ses clients historiques peuvent le retrouver, et il reprend son activité dix mois plus tard sans avoir à tout recréer.

Concrètement, la cessation temporaire peut répondre à de nombreuses situations : congé parental, projet salarié temporaire, problème de santé, période de reconversion, ou simplement une activité saisonnière qui s’étend dans la durée.


Les règles de durée : 1 an, 2 ans, 24 mois — quelle différence ?

C’est ici que la confusion est la plus répandue, et les conséquences peuvent être lourdes si vous confondez les différents compteurs.

La durée légale de la cessation temporaire

Pour toute personne physique exerçant en entreprise individuelle (dont le régime auto-entrepreneur), la cessation temporaire d’activité est autorisée pour une durée de 1 an, renouvelable une fois. Soit 2 ans au maximum, en cumulant la période initiale et son renouvellement.

Cette règle s’applique indépendamment du régime fiscal ou social choisi. Elle vaut donc pour le micro-entrepreneur comme pour l’entrepreneur individuel au réel.

La règle des 24 mois civils consécutifs de CA nul

Il s’agit d’une règle distincte, propre au régime micro-entrepreneur. Si vous déclarez un chiffre d’affaires nul pendant 24 mois civils consécutifs, l’URSSAF est en droit de vous radier d’office du régime. Cette règle existe pour éviter les « coquilles vides » qui maintiennent un SIRET actif sans aucune activité réelle.

⚠️ Piège de praticien : ces deux délais courent simultanément. Vous pouvez parfaitement être en cessation temporaire déclarée depuis 18 mois et approcher de la limite des 24 mois de CA nul. Beaucoup de micro-entrepreneurs pensent que la formalité de cessation temporaire « bloque » le compteur des 24 mois — ce n’est pas le cas. Surveillez les deux compteurs, pas seulement le premier.

Tableau récapitulatif des durées

SituationDurée maximaleConséquence en cas de dépassement
Cessation temporaire déclarée (personne physique)1 an + 1 renouvellement = 2 ansObligation de reprendre ou de radier volontairement
CA nul consécutif (régime micro-entrepreneur)24 mois civilsRadiation automatique possible par l’URSSAF
Cessation temporaire d’une société au RCS2 ans (art. R123-125 C. com.)Radiation d’office du RCS possible

Les démarches concrètes pour déclarer un arrêt temporaire

Où déclarer ?

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités des entreprises — création, modification, cessation — sont centralisées sur le guichet unique dématérialisé de l’INPI : formalites.entreprises.gouv.fr. Les anciens formulaires papier P2 et le site lautoentrepreneur.fr pour les formalités modificatives ont été remplacés par cette interface unique.

La déclaration de cessation temporaire d’activité constitue une modification de situation, non une radiation. Vous conservez votre numéro SIRET, votre numéro TVA intracommunautaire (si vous y êtes assujetti) et votre historique d’immatriculation.

Que renseigner dans le formulaire ?

Lors de la saisie sur le guichet unique, vous devrez indiquer :

  • La date de début de cessation (ne peut pas être antérieure à la date de déclaration) ;
  • Le motif de la cessation temporaire (champ libre) ;
  • La durée envisagée ou la date prévisionnelle de reprise.

La procédure est entièrement dématérialisée. Aucun justificatif n’est en principe exigé pour une cessation temporaire simple. Le délai de traitement varie de quelques jours à quelques semaines ouvrées selon les services instructeurs ; comptez-en plusieurs avant que la modification soit visible dans les registres.

Faut-il contacter l’URSSAF séparément ?

Non. Le guichet unique transmet automatiquement l’information aux organismes concernés : URSSAF, administration fiscale, INSEE. Vous n’avez pas à effectuer de démarche parallèle auprès de votre URSSAF pour signaler la cessation. En revanche, continuez à déposer vos déclarations de chiffre d’affaires (mensuelles ou trimestrielles selon votre choix) même si elles sont à zéro — l’obligation déclarative persiste.

💡 Besoin d’un accompagnement pour la déclaration en ligne ? Notre article dédié à la cessation temporaire d’activité : déclarer en ligne détaille chaque étape du formulaire INPI pas à pas.


Obligations qui persistent pendant la cessation temporaire

Suspendre son activité ne signifie pas s’affranchir de toutes les obligations. C’est le point sur lequel le plus d’auto-entrepreneurs se font surprendre : la cessation temporaire ne suspend pas les obligations déclaratives, elle ne suspend que le cycle d’activité commerciale.

Déclarations de chiffre d’affaires

Tant que votre numéro SIRET est actif, vous êtes tenu de déposer vos déclarations de CA à l’URSSAF, selon votre périodicité habituelle (mensuelle ou trimestrielle). Ces déclarations seront à zéro, mais elles doivent être déposées. Un oubli répété peut entraîner une taxation d’office.

Impôt sur le revenu

Le chiffre d’affaires nul se traduit par une imposition nulle au titre du régime micro (abattement forfaitaire appliqué à un CA de 0 €). Vous devrez néanmoins déclarer votre activité dans votre déclaration de revenus annuelle, en indiquant un CA de 0 € dans la catégorie BIC ou BNC selon votre nature d’activité.

Cotisation foncière des entreprises (CFE)

La CFE est due par tout redevable qui exerce une activité au 1er janvier de l’année d’imposition. Si votre cessation temporaire débute avant le 1er janvier, vous pouvez solliciter un dégrèvement auprès du service des impôts des entreprises (SIE) dont vous dépendez. L’article 1478 du Code général des impôts prévoit en effet la possibilité d’un dégrèvement en cas d’absence totale d’activité sur l’année. Adressez votre demande par courrier ou via votre espace professionnel impots.gouv.fr.

⚠️ Attention : si votre cessation débute en cours d’année, la CFE reste due pour l’année entière sauf obtention d’un dégrèvement. La règle du prorata s’applique selon les modalités fixées par le SIE.

Assurances professionnelles

Certaines assurances (responsabilité civile professionnelle, multirisque professionnelle) peuvent être suspendues pendant la cessation, sous réserve de l’accord de votre assureur et des clauses contractuelles. Contactez systématiquement votre assureur avant de cesser l’activité pour éviter tout vide de couverture en cas de sinistre sur des prestations passées (clause de réclamation).


Ce qui change (et ce qui ne change pas) sur le plan social et financier

Cotisations sociales : zéro si CA zéro

Le régime micro-entrepreneur repose sur un principe simple : les cotisations sociales sont calculées en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Un CA nul génère donc des cotisations nulles. Vous ne devez rien payer à l’URSSAF pendant votre cessation temporaire, à condition de ne réaliser aucune recette.

Droits à la retraite et à la maladie

L’absence de cotisations entraîne mécaniquement l’absence de validation de trimestres pour la retraite et de droits ouverts à l’assurance maladie au titre de votre activité indépendante. Si vous êtes par ailleurs salarié, vos droits sociaux sont couverts par ce contrat de travail. Si vous êtes exclusivement micro-entrepreneur, une cessation prolongée peut créer des lacunes dans votre couverture sociale : renseignez-vous auprès de la CPAM et de votre caisse de retraite.

ARE (allocations chômage) et cessation temporaire

La cessation temporaire d’activité auto-entrepreneur peut interagir avec vos droits à l’ARE si vous avez récemment quitté un emploi salarié. La réglementation d’assurance chômage distingue la suspension de l’activité (qui peut permettre le maintien ou la reprise des droits ARE) de la poursuite d’une activité non salariée (qui réduit ou supprime l’ARE). Les règles sont complexes et évoluent régulièrement.

Pour un éclairage complet sur ce sujet, consultez notre article ARE et mise en sommeil : durée et droits en 2026, ainsi que ARE et cotisations sociales : reprendre après sommeil.


Reprendre ou cesser définitivement : comment décider ?

La cessation temporaire est une pause, pas une solution définitive. À l’approche de l’échéance des 2 ans (ou avant d’atteindre les 24 mois de CA nul), vous devez trancher entre deux options.

Option 1 : reprendre l’activité

La reprise se déclare de la même façon que la cessation, via le guichet unique de l’INPI. Vous indiquez la date effective de reprise et le formulaire est transmis aux organismes compétents. Votre SIRET retrouve le statut « actif », vos obligations déclaratives reprennent à leur rythme habituel, et vos cotisations sociales redémarrent dès le premier euro de CA encaissé.

Avant de reprendre, anticipez les points suivants :

  • Mise à jour de vos assurances professionnelles ;
  • Vérification de la validité de vos éventuelles accréditations ou agréments professionnels ;
  • Reprise du paiement de la CFE dès la première année d’activité.

Option 2 : radiation volontaire

Si vous décidez de ne pas reprendre, procédez à une radiation volontaire avant d’atteindre la limite légale. Mieux vaut radier soi-même que subir une radiation d’office. La radiation volontaire se déclare également via le guichet unique (formulaire de cessation définitive d’activité). Votre SIRET sera clôturé, vos obligations fiscales et sociales soldées après dépôt des dernières déclarations.

📌 Pour préparer votre reprise dans les meilleures conditions, notre guide Après mise en sommeil : que faire ? vous accompagne étape par étape.


Auto-entrepreneur vs société : les différences essentielles à connaître

Si vous envisagez de transformer votre micro-entreprise en société (SASU, EURL…) ou si vous avez déjà les deux structures, les règles ne sont pas les mêmes.

CritèreAuto-entrepreneur (EI)Société (SASU, SARL…)
Registre concernéRNE (Registre national des entreprises)RCS (Registre du commerce et des sociétés)
Référence légale principaleArt. R123-45 du Code de commerceArt. R123-46 du Code de commerce
Durée maximale1 an + 1 renouvellement (2 ans)2 ans (radiation d’office possible : art. R123-125 C. com.)
Publication BODACCNon requise pour les EIOui, obligatoire pour les sociétés
Dépôt des comptes annuelsNon applicable (pas de bilan obligatoire)Maintenu (art. L232-21 et suivants C. com.)
Cotisations sociales à CA nulZéroGérant minoritaire de SARL : cotisations minimales possibles
Risque de radiation automatique24 mois civils de CA nulRadiation d’office après 2 ans sans déclaration de reprise

Pour les sociétés, la mise en sommeil entraîne une publication au BODACC et des obligations comptables maintenues. Notre article BODACC et mise en sommeil : ce qui est publié détaille le contenu et les délais de publication.


Faire appel à un professionnel : quand et pourquoi ?

La déclaration de cessation temporaire d’un auto-entrepreneur est une formalité relativement accessible via le guichet unique INPI. Elle ne requiert pas nécessairement l’intervention d’un mandataire. Cependant, plusieurs situations justifient de s’entourer d’un accompagnement professionnel :

  • Vous avez plusieurs structures (micro-entreprise + société) et souhaitez aligner leurs périodes de cessation ;
  • Vous percevez l’ARE et souhaitez sécuriser votre situation vis-à-vis de France Travail ;
  • Vous approchez de la limite des 2 ans et devez décider entre reprise, transformation en société ou radiation ;
  • Vous avez des dettes fiscales ou sociales en cours qu’il faut solder avant la radiation.

Chez miseensommeil.fr, nous accompagnons les micro-entrepreneurs et entreprises individuelles dans l’ensemble de leurs formalités de cessation temporaire et de reprise d’activité. Honoraires fixes : 150 € HT + frais de greffe, sans surprise.

💡 Une question sur votre situation spécifique ? Contactez notre équipe via notre formulaire de contact — nous vous répondons sous 24 heures ouvrées.


Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 22 juin 2026.

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