Mise en Sommeil
Mise en sommeil

Mise en sommeil auto-entrepreneur : cotisations dues ?

Auto-entrepreneur inactif : payez-vous encore des cotisations URSSAF ? Réponse claire sur les charges dues (ou non) en cas de chiffre d'affaires nul.

Par Marie Gattepaille · · 5 min de lecture Mis à jour le 22 juin 2026
En bref
  • Un auto-entrepreneur sans chiffre d'affaires ne paie aucune cotisation URSSAF : le régime micro-social est strictement proportionnel au CA déclaré.
  • L'absence de CA pendant 24 mois civils consécutifs entraîne la radiation automatique du statut micro-entrepreneur.
  • La 'mise en sommeil' au sens strict n'existe pas pour un auto-entrepreneur : seule la déclaration de CA nul ou la cessation d'activité sont possibles.
Sommaire

Un auto-entrepreneur sans chiffre d’affaires ne doit aucune cotisation URSSAF. Le régime micro-social est entièrement proportionnel au CA déclaré : zéro euro encaissé, zéro euro de charges sociales. Mais cette logique simple dissimule deux pièges concrets — la contribution à la formation professionnelle qui peut subsister, et la radiation automatique au bout de 24 mois — sans compter que la “mise en sommeil” au sens juridique n’existe tout simplement pas pour ce statut.

Le régime micro-social : une logique strictement proportionnelle

Le principe fondateur du statut micro-entrepreneur est la proportionnalité totale des cotisations sociales au chiffre d’affaires encaissé. Contrairement aux dirigeants de société ou aux travailleurs indépendants classiques relevant du régime général, vous ne payez aucune cotisation minimale forfaitaire lorsque votre activité est à l’arrêt.

Concrètement, si vous déclarez 0 € de CA sur une période donnée, le calcul est sans appel :

Catégorie d’activitéTaux de cotisations socialesCotisations si CA = 0 €
Vente de marchandises (BIC)Taux en vigueur — consulter urssaf.fr0 €
Prestations de services (BIC)Taux en vigueur — consulter urssaf.fr0 €
Activités libérales (BNC, hors CIPAV)25,6 %0 €
Activités libérales CIPAV23,20 % (25,40 % avec versement libératoire de l’IR)0 €

Hors contribution à la formation professionnelle — voir le point de vigilance ci-dessous.

Cette absence de charge sociale en période d’inactivité est l’un des avantages distinctifs du régime micro-entrepreneur par rapport à une société comme la SASU ou la SARL, dont les obligations comptables et sociales perdurent même sans activité. Consultez notre guide sur le bilan comptable en sommeil pour comparer ces situations.

⚠️ Point de vigilance praticien — la contribution à la formation professionnelle (CFP) : contrairement aux cotisations sociales, la CFP peut être calculée sur la base d’un taux appliqué au CA déclaré sur l’année. Selon la date de création de votre micro-entreprise et les règles de l’année, une cotisation minimale peut être appelée même si votre CA annuel est nul. Les conditions exactes d’exigibilité en cas de CA nul varient selon votre catégorie d’activité et votre date de création : consultez directement l’URSSAF (urssaf.fr) pour connaître votre situation. Ne négligez pas ce point : des auto-entrepreneurs ont découvert un appel de cotisation formation inattendu après une année blanche.

Déclarations obligatoires même avec un chiffre d’affaires nul

L’absence de cotisations ne dispense pas des obligations déclaratives. Vous devez continuer à transmettre vos déclarations de CA à l’URSSAF selon votre périodicité choisie (mensuelle ou trimestrielle), en indiquant simplement “0”.

Prenons un exemple illustratif : Thomas (exemple illustratif, anonymisé), graphiste indépendant en micro-entreprise, traverse une période de convalescence de six mois. Il continue de déclarer 0 € chaque mois sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Résultat : aucune cotisation due, aucune pénalité, aucune radiation. Dès le septième mois, il facture à nouveau normalement.

Pourquoi cette obligation est-elle cruciale ?

  • Éviter les pénalités : une déclaration manquante peut être sanctionnée par une majoration de retard.
  • Préserver votre immatriculation : la non-déclaration répétée alerte l’URSSAF et peut accélérer la procédure de radiation.
  • Maintenir vos droits : même une période déclarée à zéro alimente votre historique administratif.

L’URSSAF considère en pratique l’absence de déclaration comme équivalente à un CA nul, mais cette tolérance administrative n’est pas garantie et n’est pas inscrite dans les textes. La règle est de déclarer, quelle que soit la valeur.

La “mise en sommeil” n’existe pas pour un auto-entrepreneur

C’est le point le plus souvent mal compris, y compris par des professionnels. La mise en sommeil au sens juridique désigne la procédure de cessation temporaire d’activité formalisée par une déclaration modificative au registre compétent (RCS ou RNCS). Elle est prévue notamment par l’article R123-46 du Code de commerce pour les personnes morales et les personnes physiques immatriculées au RCS.

Or, la grande majorité des auto-entrepreneurs relèvent uniquement du guichet unique INPI pour leur immatriculation et ne sont pas immatriculés au RCS dans les mêmes conditions qu’un commerçant ou un artisan. La procédure de cessation temporaire d’activité formelle, publiée au BODACC, ne leur est pas applicable.

Ce que vous pouvez faire en pratique :

  1. Continuer à déclarer un CA nul — sans démarche particulière, vous suspendez de fait votre activité, sans frais ni formalité.
  2. Déclarer une cessation définitive d’activité — si vous souhaitez fermer définitivement votre micro-entreprise via le guichet unique INPI (cessation irréversible, sans procédure de réactivation possible sur le même numéro SIRET).

Pour les entrepreneurs souhaitant aller plus loin dans la formalisation de leur arrêt d’activité, notre page dédiée à la mise en sommeil d’une entreprise individuelle présente les options disponibles selon votre situation et votre forme juridique.

📌 Bon à savoir — entreprise individuelle au RCS : si votre activité est exercée en tant qu’entreprise individuelle immatriculée au RCS (artisan, commerçant immatriculé), et non sous le seul régime micro-social, une cessation temporaire d’activité au RCS est envisageable. La durée est alors limitée à 2 ans (articles R123-45 et R123-46 du Code de commerce). Au-delà, une radiation peut être prononcée d’office.

Radiation automatique : le délai de 24 mois à surveiller

Le principal risque d’une inactivité prolongée sans démarche formelle est la radiation automatique. Après 24 mois civils consécutifs de chiffre d’affaires nul, l’URSSAF procède à la radiation d’office de votre micro-entreprise.

Cette règle est distincte de celle applicable aux sociétés. Pour une SASU ou une SARL en mise en sommeil formelle, l’article R123-125 du Code de commerce prévoit une radiation d’office possible après 2 ans sans renouvellement de la déclaration de cessation temporaire, mais la procédure est différente et la publication au BODACC encadre chaque étape.

Pour un auto-entrepreneur, la radiation est silencieuse et automatique : aucune publication, aucune procédure contradictoire formelle. Vous recevez simplement une notification de radiation par l’URSSAF — souvent après le fait accompli.

Conséquences de la radiation :

  • Perte du numéro SIRET actuel (ou suspension de l’immatriculation selon les cas)
  • Impossibilité de facturer sous ce statut
  • Nouvelle immatriculation nécessaire pour reprendre l’activité

💡 Vous envisagez de reprendre après une longue période d’inactivité ? Consultez notre article sur les ARE et cotisations sociales lors d’une reprise après sommeil pour anticiper l’impact sur vos droits sociaux.

Que faire concrètement si vous cessez temporairement votre activité ?

Voici la marche à suivre selon votre horizon d’inactivité prévu :

Durée d’inactivité prévueAction recommandéeRisque principal
Moins de 6 moisDéclarer CA nul aux échéances normalesAucun si déclarations respectées
6 à 12 moisContinuer les déclarations à zéro + vérifier la CFPOubli de déclaration → pénalité
12 à 23 moisDéclarations à zéro + évaluer la cessation définitiveApproche du seuil de radiation
24 mois ou plusRadiation automatique probablePerte du statut sans démarche de votre part

Si vous avez un doute sur la procédure à suivre, notamment en cas d’entreprise individuelle avec immatriculation au RCS, notre article sur la cessation temporaire d’activité déclarée en ligne détaille les étapes sur le guichet unique INPI.

Enfin, pour ne rien oublier après avoir suspendu votre activité — déclarations fiscales, obligations résiduelles, relance possible — le guide complet sur l’après mise en sommeil centralise toutes les vérifications à effectuer.


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Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 22 juin 2026.

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