Mise en Sommeil
Reprise d'activité

Comment réactiver une société en sommeil : guide 2026

Procédure complète pour réactiver une société en sommeil en 2026 : démarches, délais, coûts et obligations légales. Guichet unique INPI, RCS, BODACC.

Par Marie Gattepaille · · 10 min de lecture Mis à jour le 24 juin 2026
En bref
  • La réactivation d'une société en sommeil passe obligatoirement par une inscription modificative au RCS via le guichet unique de l'INPI.
  • La cessation temporaire d'activité ne peut excéder 2 ans : au-delà, la société risque une radiation d'office (art. R123-125 du Code de commerce).
  • La reprise d'activité déclenche immédiatement le retour de toutes les obligations fiscales et sociales : TVA, IS, cotisations.
  • Les comptes annuels ont dû être déposés pendant toute la période de sommeil, y compris les exercices à zéro.
Sommaire

Réactiver une société en sommeil, c’est déposer une déclaration de reprise d’activité via le guichet unique de l’INPI, qui donne lieu à une inscription modificative au RCS. La procédure est entièrement dématérialisée et, si le dossier est bien préparé, rapide. Toutes les obligations fiscales et sociales reprennent dès la date de reprise déclarée. Le délai maximum de mise en sommeil est de 2 ans — ne laissez pas cette limite vous surprendre.


Pourquoi et quand réactiver une société en sommeil

Une société mise en sommeil conserve son existence juridique, son numéro SIREN et son immatriculation au RCS. Elle ne disparaît pas : elle attend. Mais cette attente est strictement encadrée par la loi.

L’article R123-125 du Code de commerce fixe une limite nette : la cessation temporaire d’activité ne peut dépasser 2 ans. Au-delà de ce délai sans reprise d’activité déclarée ni procédure de dissolution engagée, le greffier du tribunal de commerce peut radier la société d’office. Cette radiation entraîne la perte de l’immatriculation, ce qui complique considérablement toute tentative ultérieure de reprise.

Les raisons de réactiver une société en sommeil sont multiples :

  • Opportunité commerciale : un nouveau contrat, un marché qui se rouvre, un associé qui rejoint le projet.
  • Cession de la société : un acquéreur préfère reprendre une structure existante plutôt que d’en créer une nouvelle.
  • Optimisation fiscale ou patrimoniale : la société conserve son historique comptable, ses éventuels reports déficitaires — dont le traitement dépend de la forme juridique, de la durée de la période de sommeil et de la situation fiscale ; consultez un expert-comptable pour en évaluer la portée —, ainsi que ses actifs.
  • Contrainte légale : le délai de 2 ans approche et la radiation d’office doit être évitée.

⚠️ Si votre société est en sommeil depuis plus de 22 mois, agissez sans attendre. La radiation d’office prévue à l’article R123-125 du Code de commerce n’est pas une simple formalité administrative : elle met fin à l’existence légale de votre structure et peut engager la responsabilité du dirigeant pour non-respect des obligations déclaratives.

Exemple illustratif — Nathalie, gérante de la SARL “Lumière & Décors”, a mis sa société en sommeil 18 mois pour régler une situation personnelle. Lorsqu’elle a décidé de reprendre son activité de décoration d’intérieur, le délai de 2 ans n’était pas encore écoulé. Elle a pu réactiver la société en conservant son numéro SIREN, son historique bancaire et ses relations fournisseurs — un avantage concret par rapport à la création d’une nouvelle structure.

Avant de lancer la procédure de réactivation, il est utile de vérifier que les comptes annuels ont bien été déposés au greffe pour chaque exercice écoulé pendant la période de sommeil. L’obligation de dépôt des comptes reste entière même en l’absence d’activité (articles L232-21 et suivants du Code de commerce). Un retard de dépôt devra être régularisé avant ou en même temps que la reprise.

Si vous vous interrogez encore sur l’opportunité de réactiver plutôt que de dissoudre définitivement, consultez notre article Mise en sommeil ou dissolution : comment choisir ? pour peser les deux options.


Les vérifications préalables avant de lancer la réactivation

Réactiver une société sans préparer le terrain expose à des retards, voire à des complications administratives et fiscales. Quatre vérifications s’imposent avant de déposer la moindre formalité.

1. Vérifier le statut actuel au RCS

Consultez l’extrait Kbis ou l’avis de situation Infogreffe pour confirmer que la société est bien inscrite comme “en cessation temporaire d’activité” et non radiée. Une radiation, même d’office, change entièrement la situation : il ne s’agit plus d’une réactivation mais d’une réimmatriculation, qui obéit à des règles différentes.

2. Contrôler les comptes annuels déposés

Vérifiez que les comptes de chaque exercice clos pendant la période de sommeil ont été approuvés en assemblée et déposés au greffe. En cas d’omission, le dépôt tardif est possible mais peut donner lieu à des injonctions de la part du président du tribunal de commerce (article L611-2 du Code de commerce).

Piège praticien : beaucoup de dirigeants croient que la mise en sommeil suspend toutes les obligations déclaratives. C’est faux. Les comptes annuels restent dus pour chaque exercice, y compris les années à chiffre d’affaires nul. Un greffe qui constate des comptes manquants peut refuser ou retarder l’inscription modificative de reprise.

3. Vérifier la situation fiscale

Pendant la mise en sommeil, la société restait soumise à certaines obligations : dépôt de la déclaration de résultat (même néant), paiement de la cotisation minimale d’impôt sur les sociétés (son montant varie selon la forme juridique et la période ; consultez impots.gouv.fr pour les barèmes en vigueur), et, dans certains cas, de la cotisation foncière des entreprises (CFE). Un dégrèvement de CFE est possible en l’absence d’activité en vertu de l’article 1478 du Code général des impôts, mais il doit avoir été demandé en temps utile. Assurez-vous qu’aucune dette fiscale n’est en souffrance.

4. Préparer la décision de reprise

La reprise d’activité est une décision du dirigeant : le gérant pour une SARL ou une EURL, le président pour une SAS ou une SASU. Aucune assemblée générale ni procès-verbal n’est obligatoire, sauf si les statuts de la société l’imposent — il est donc utile de les relire avant de lancer la formalité. Si une décision écrite est établie, elle peut être jointe au dossier transmis via le guichet unique.

💡 Les frais de mise en sommeil et les frais de reprise d’activité sont deux postes distincts. Pour estimer l’ensemble du coût du cycle sommeil-réactivation, consultez notre article sur le coût de la mise en sommeil d’une société.


La procédure de réactivation étape par étape

La réactivation d’une société en sommeil est une formalité modificative enregistrée au RCS. Depuis le 1er janvier 2023, elle s’effectue exclusivement via le guichet unique des formalités des entreprises, opéré par l’INPI (conformément à l’article R123-46 du Code de commerce et aux règles générales sur les mentions modificatives au RCS prévues par l’article R123-45 du Code de commerce).

Étape 1 — Préparer les pièces justificatives

Le dossier de reprise d’activité comprend généralement :

DocumentDétail
Formulaire de déclaration de modificationRempli en ligne sur le guichet unique INPI
Décision de reprise du dirigeantSignée par le représentant légal (gérant ou président) ; un procès-verbal d’assemblée n’est requis que si les statuts l’imposent
Pièce d’identité du dirigeantEn cours de validité
Justificatif de domiciliationSi l’adresse du siège a changé pendant le sommeil
Attestation de parution (si applicable)Une publication dans un journal d’annonces légales n’est en principe pas requise pour une simple reprise d’activité ; elle peut l’être si la réactivation s’accompagne d’une modification statutaire (changement de dénomination, d’objet, etc.)

📌 La certification conforme des actes transmis est régie par les articles R123-102 et A123-4 du Code de commerce. En cas de doute sur les pièces à fournir, le guichet unique affiche la liste exacte lors de la saisie de la formalité.

Étape 2 — Déposer la formalité sur le guichet unique INPI

Connectez-vous sur formalites.entreprises.gouv.fr, sélectionnez votre société, choisissez “Modifier” puis “Reprise d’activité” ou “Cessation de la cessation temporaire d’activité” selon le libellé affiché. La date de reprise effective doit être renseignée précisément : c’est elle qui détermine le point de départ de toutes vos nouvelles obligations.

Étape 3 — Transmission au greffe et inscription modificative

Le guichet unique transmet le dossier au greffe du tribunal de commerce compétent. Le greffe procède à l’inscription modificative au RCS. Un Kbis actualisé, ne mentionnant plus la cessation temporaire d’activité, est délivré. Le délai de traitement varie de quelques jours à quelques semaines ouvrés selon les greffes.

Étape 4 — Publication au BODACC

La reprise d’activité fait l’objet d’une publication au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC). Cette publication est automatique et rend la reprise opposable aux tiers.

Pour les sociétés à forme particulière ou lorsque la réactivation s’accompagne d’autres modifications statutaires (changement d’objet, de dénomination, de dirigeant), des formalités complémentaires peuvent être requises. Notre page dédiée à la reprise d’activité d’une société détaille les parcours spécifiques par forme juridique.


Les obligations qui reprennent dès la réactivation

La date de reprise inscrite au RCS est un point de bascule fiscal, social et comptable. Dès ce jour, la société sort du régime allégé applicable pendant le sommeil et reprend l’intégralité de ses obligations.

Obligations fiscales

  • TVA : si la société est assujettie, les déclarations reprennent à compter de la première opération taxable réalisée après la reprise. Informez votre service des impôts des entreprises (SIE) de la date de reprise effective.
  • Impôt sur les sociétés : la déclaration de résultat (formulaire 2065 pour les sociétés à l’IS) couvre l’exercice entier, y compris la période de sommeil. Assurez-vous que la date de reprise est cohérente avec l’exercice comptable en cours.
  • CFE : la cotisation foncière des entreprises est calculée sur une base annuelle. En cas de reprise en cours d’année, il n’existe pas de mécanisme légal de proratisation automatique de la CFE comparable à celui de la cessation ; la CFE peut donc être due pour l’année entière dès lors que la société était redevable au 1er janvier. Rapprochez-vous de votre service des impôts des entreprises (SIE) pour la situation de votre établissement.

Obligations sociales

Le dirigeant assimilé salarié (président de SASU ou SAS rémunéré) voit ses cotisations URSSAF reprendre. Le gérant majoritaire de SARL (TNS) doit signaler la reprise à sa caisse de retraite et à l’URSSAF. Les salariés éventuellement recrutés déclenchent les obligations habituelles : DPAE, affiliation aux caisses de prévoyance, etc.

Obligations comptables

L’exercice en cours doit être clôturé normalement. Si des charges ont été engagées pendant la période de sommeil (loyer de siège social, honoraires d’expert-comptable, cotisations minimales), elles figurent dans les comptes même si le chiffre d’affaires est nul.

ObligationPoint de départÀ faire
Déclarations TVAPremière opération taxableInformer le SIE, rouvrir les périodes
Déclaration ISExercice en coursInclure la période de sommeil
Cotisations sociales dirigeantDate de reprise déclaréeInformer URSSAF / caisse de retraite
CFE1er janvier de l’année de repriseVérifier le dégrèvement précédent
Dépôt des comptes annuelsClôture de l’exerciceAssembler les pièces, déposer au greffe

Cas particuliers : EURL, SARL, SASU et auto-entrepreneur

La procédure de réactivation est globalement identique quelle que soit la forme juridique, mais quelques spécificités méritent attention.

SARL et EURL

Pour une SARL, la reprise d’activité est décidée par le gérant, sans assemblée générale ni procès-verbal obligatoire sauf si les statuts l’exigent. Pour une EURL (SARL à associé unique), c’est l’associé unique qui prend la décision. Le gérant dépose ensuite la formalité. Notre article sur la mise en sommeil de l’EURL et celui sur la mise en sommeil de la SARL rappellent les spécificités de ces formes, utiles pour comprendre le chemin inverse que constitue la réactivation.

SASU et SAS

Le président de SASU ou le président de SAS décide seul (ou en accord avec les actionnaires selon les statuts) de la reprise. La formalité est identique : guichet unique, inscription modificative, publication BODACC.

Auto-entrepreneur (micro-entrepreneur)

L’auto-entrepreneur ne dispose pas techniquement d’une “mise en sommeil” au sens du RCS puisqu’il n’est pas toujours immatriculé. La procédure de cessation temporaire et de reprise est différente. Consultez notre guide complet sur la mise en sommeil de l’auto-entrepreneur pour les démarches spécifiques à ce statut.

Société civile immobilière (SCI)

Une SCI peut également être mise en sommeil et réactivée selon un processus similaire, sur décision du gérant (sans assemblée générale obligatoire, sauf disposition contraire des statuts), suivie d’une inscription modificative au RCS. Les obligations de dépôt des comptes et de déclaration fiscale (IFU, déclaration 2072) restent dues pendant la période de sommeil.

💡 Si vous hésitez entre réactiver votre société et la radier définitivement pour en créer une nouvelle, lisez notre comparatif Mise en sommeil ou radiation : comment choisir ?. La réactivation conserve l’antériorité, les éventuels contrats et l’historique bancaire, ce qui peut valoir son coût.


Combien coûte la réactivation d’une société en sommeil ?

La réactivation d’une société en sommeil engendre des frais qui comprennent deux composantes principales : les frais de greffe (émoluments du greffier du tribunal de commerce pour l’inscription modificative et la publication au BODACC) et les honoraires du prestataire qui prend en charge la formalité.

Les frais de greffe sont fixés par arrêté. Pour une société, l’inscription modificative de reprise d’activité avec avis BODACC s’élève à 166,71 € TTC selon le barème en vigueur.

Chez miseensommeil.fr, nous prenons en charge l’intégralité de la formalité de reprise d’activité pour 150 € HT, auxquels s’ajoutent les frais de greffe. Notre équipe vérifie votre dossier, prépare les documents, les dépose sur le guichet unique de l’INPI et vous transmet votre Kbis actualisé.

💡 Vous souhaitez réactiver votre société ou vous avez des questions sur votre situation spécifique ? Contactez-nous : nous vous répondons sous 24 heures ouvrées et vous accompagnons de la décision de reprise jusqu’à la délivrance du Kbis actualisé.


Ce qu’il faut retenir

Réactiver une société en sommeil est une procédure encadrée, dématérialisée et rapide si le dossier est bien préparé. Les points essentiels à mémoriser :

  1. Le délai de 2 ans est une limite absolue (art. R123-125 du Code de commerce) : ne laissez pas votre société approcher de la radiation d’office.
  2. La formalité passe par le guichet unique de l’INPI : inscription modificative au RCS, suivie d’une publication au BODACC.
  3. Les comptes annuels doivent avoir été déposés pour chaque exercice écoulé, même à zéro (art. L232-21 et suivants du Code de commerce).
  4. Toutes les obligations fiscales et sociales reprennent à la date de reprise déclarée : TVA, IS, cotisations, CFE.
  5. La reprise se décide par le dirigeant (gérant ou président) : aucune assemblée générale ni procès-verbal n’est obligatoire, sauf disposition contraire des statuts.

Pour aller plus loin et comprendre l’ensemble du processus, consultez notre guide complet sur la reprise d’activité d’une société, qui couvre toutes les formes juridiques et tous les cas particuliers.

Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 24 juin 2026.

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