Mise en Sommeil
Reprise d'activité

Reprise d'activité société en sommeil : démarches

Comment reprendre l'activité d'une société en sommeil ? Étapes, formalités RCS, délais et coûts expliqués. Procédure complète 2026.

Par Marie Gattepaille · · 10 min de lecture
En bref
  • La reprise d'activité d'une société en sommeil passe obligatoirement par une déclaration modificative au RCS via le guichet unique de l'INPI.
  • La durée maximale de cessation temporaire d'activité est de 2 ans : au-delà, la radiation d'office est possible (art. R123-125 du Code de commerce).
  • Dès la reprise, toutes les obligations déclaratives reprennent : TVA, liasse fiscale, dépôt des comptes annuels.
Sommaire

Reprendre l’activité d’une société en sommeil demande une seule formalité centrale : une inscription modificative au RCS, déposée par le dirigeant via le guichet unique de l’INPI, dans les mêmes formes que la déclaration de mise en sommeil initiale. Aucune assemblée générale n’est obligatoire par défaut — sauf si vos statuts en disposent autrement. Le point qui presse vraiment : cette reprise doit intervenir avant l’expiration du délai légal de 2 ans, sous peine de radiation d’office par le greffe.


Ce que la reprise change concrètement

La mise en sommeil n’est qu’une parenthèse — c’est tout son intérêt par rapport à une dissolution. Mais une parenthèse se referme, et ce moment-là est lui aussi encadré par une formalité précise : vous ne pouvez pas simplement reprendre vos opérations sans en informer le registre du commerce.

La reprise d’activité constitue une inscription modificative au RCS au sens de l’article R123-45 du Code de commerce. Elle annule l’inscription de cessation temporaire portée lors de la mise en sommeil (déclarée, elle, en application de l’article R123-46). Le greffe met à jour votre Kbis et déclenche une publication obligatoire au BODACC.

Ce formalisme produit des effets réels : votre société retrouve sa pleine capacité opérationnelle vis-à-vis des tiers, des banques, des fournisseurs et de l’administration fiscale. Sans cette déclaration, une reprise d’activité de fait resterait juridiquement irrégulière.

⚠️ Délai critique à ne pas dépasser : en application de l’article R123-125 du Code de commerce, une société dont la cessation temporaire d’activité dépasse 2 ans peut faire l’objet d’une radiation d’office par le greffier. Si vous approchez de cette échéance, agissez sans tarder — une réimmatriculation après radiation est une procédure nettement plus lourde qu’une simple reprise.

Exemple illustratif : Nathalie, gérante de la SARL « Lumière & Décors », avait mis sa société en sommeil 18 mois plus tôt pour traverser une période personnelle compliquée. Quand elle a voulu relancer son activité de décoration d’événements, elle a vérifié sa date de cessation sur son Kbis avant toute chose — elle savait qu’il lui restait encore quelques mois de marge, mais elle ne voulait pas s’approcher du couperet des 2 ans. C’est ce réflexe de vérification de date qui a structuré toute sa démarche de reprise.

Si vous hésitez encore entre reprendre l’activité et dissoudre la société, notre guide mise en sommeil ou dissolution : comment choisir ? présente les critères de décision.


Les vérifications à faire avant de déposer le dossier

1. Calculer précisément le délai restant

La date de référence est celle à laquelle la cessation temporaire d’activité a été déclarée — elle figure sur votre Kbis actuel. Si vous approchez des 24 mois, la reprise devient urgente. Au-delà, une radiation d’office peut intervenir, et la régularisation passe alors par une réimmatriculation, beaucoup plus contraignante qu’une reprise classique.

Le piège à éviter : beaucoup de dirigeants comptent le délai à partir de la date de la décision de mise en sommeil, alors que c’est la date d’inscription au RCS (souvent légèrement postérieure) qui fait foi pour le greffe. En cas de doute, demandez un Kbis à jour avant de vous fier à vos propres notes ou à votre décision écrite.

2. Vérifier que les obligations maintenues pendant le sommeil ont été respectées

Même en sommeil, votre société restait soumise à certaines obligations :

  • Dépôt des comptes annuels : l’obligation prévue aux articles L232-21 et suivants du Code de commerce ne disparaît pas pendant la période de sommeil. Si un ou plusieurs exercices n’ont pas été déposés, il faut régulariser avant ou simultanément à la reprise.
  • Déclarations fiscales, même à néant : la déclaration de résultat devait continuer à être déposée chaque année, même sans activité. Un retard peut générer des pénalités.
  • Cotisations sociales minimales du dirigeant : pour un gérant majoritaire de SARL ou d’EURL relevant du régime réel des travailleurs non salariés (hors régime micro-social), des cotisations minimales ont continué à courir même sans activité — vieillesse, indemnités journalières, invalidité-décès et formation confondues, elles représentent environ 1 255 à 1 298 € par an. Vérifiez qu’elles ont bien été acquittées avant d’engager la reprise.

3. Vérifier l’état des dirigeants et associés

Si des changements sont intervenus pendant la période de sommeil (nouveau gérant, cession de parts, changement de siège social…), ces modifications doivent être déclarées simultanément ou préalablement à la reprise. Le dossier de reprise peut regrouper plusieurs inscriptions modificatives en une seule déclaration sur le guichet unique.

4. Vérifier la situation des activités réglementées

Certaines activités exigent des autorisations, agréments ou licences spécifiques. Si votre secteur est réglementé, vérifiez que vos habilitations sont toujours valides après la période d’inactivité.


Les étapes de la procédure de reprise d’activité

Étape 1 — La décision de reprise

La reprise d’activité est, par défaut, une décision du dirigeant — gérant pour une SARL/EURL, président pour une SAS/SASU. Aucune assemblée générale ni procès-verbal d’assemblée n’est exigé par la loi pour cette formalité, quelle que soit la forme juridique, sauf si les statuts de la société l’imposent expressément. C’est exactement la même logique que pour la mise en sommeil initiale : c’est le dirigeant qui décide, sauf clause statutaire contraire.

Avant d’agir, relisez vos statuts : certaines sociétés (notamment des SARL ou des SAS familiales) prévoient une clause imposant une consultation des associés pour ce type de décision. Si ce n’est pas le cas, une simple décision écrite du dirigeant — datée et signée — suffit à constituer le justificatif à joindre au dossier.

📌 Bon à savoir : les actes accompagnant le dossier de formalités doivent, selon les articles R123-102 et A123-4 du Code de commerce, être certifiés conformes à l’original par le représentant légal de la société ou un mandataire habilité. Les modalités pratiques de cette certification dans le cadre dématérialisé du guichet unique peuvent varier ; en cas de doute, renseignez-vous directement auprès du greffe du tribunal de commerce compétent ou faites-vous accompagner par un professionnel pour sécuriser votre dossier.

Étape 2 — Constitution du dossier de formalités

Le dossier déposé sur le guichet unique de l’INPI comprend généralement :

  • Le formulaire de déclaration de reprise d’activité (inscription modificative dématérialisée)
  • La copie de la décision du dirigeant actant la reprise
  • Le justificatif d’identité du déclarant
  • Selon les cas : justificatif de domiciliation, pièces relatives aux activités réglementées

Depuis la réforme du guichet unique, ces démarches s’effectuent exclusivement en ligne sur formalites.entreprises.gouv.fr. Le dépôt papier direct au greffe n’est plus possible.

Étape 3 — Dépôt et traitement par le greffe

Une fois le dossier soumis sur le guichet unique, il est transmis au greffe du tribunal de commerce compétent. Le greffe vérifie la conformité du dossier, procède à l’inscription modificative au RCS et déclenche la publication au BODACC.

Les délais de traitement varient selon la charge du greffe concerné ; pour connaître le délai actualisé entre le dépôt et la mise à jour effective du Kbis, le plus fiable est de vous renseigner directement auprès du greffe du tribunal de commerce compétent ou de suivre l’avancement de votre dossier sur le guichet unique.

Étape 4 — Publication au BODACC

La reprise d’activité fait l’objet d’une publication obligatoire au BODACC, qui informe les tiers du retour à l’activité commerciale. Cette publication est déclenchée automatiquement par le greffe — vous n’avez aucune démarche supplémentaire à effectuer.

Étape 5 — Mise à jour du Kbis

Une fois l’inscription traitée, votre extrait Kbis ne mentionne plus la cessation temporaire d’activité. C’est ce document actualisé qui atteste, auprès de vos partenaires commerciaux et financiers, de votre retour en activité normale.


Les conséquences fiscales et comptables de la reprise

La reprise d’activité entraîne un redémarrage immédiat de l’ensemble de vos obligations fiscales et comptables, à compter de la date de reprise effective.

TVA

Si votre société était assujettie à la TVA avant la mise en sommeil, elle le redevient dès la reprise. Vérifiez votre régime d’imposition (réel normal, réel simplifié…), qui peut avoir évolué entre-temps, et réactivez si nécessaire votre compte auprès des services fiscaux.

Cotisation foncière des entreprises (CFE)

En l’absence totale d’activité, un dégrèvement de CFE est possible en application de l’article 1478 du Code général des impôts. Ce dégrèvement cesse de s’appliquer dès l’année de la reprise. Une réclamation relative à un dégrèvement doit, le cas échéant, être déposée avant le 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement (art. R196-1 du LPF). Informez votre service des impôts des entreprises (SIE) de la date effective de reprise pour éviter toute régularisation tardive.

Impôt sur les sociétés et liasse fiscale

La déclaration de résultat reprend normalement dès l’exercice au cours duquel intervient la reprise — pour un exercice clos au 31 décembre, elle est due au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai. Si la reprise intervient en cours d’exercice, le résultat de cet exercice intégrera à la fois la période d’inactivité et la période d’activité relancée.

Dépôt des comptes annuels

L’obligation de dépôt des comptes annuels au greffe (art. L232-21 et suivants du Code de commerce) était déjà maintenue pendant la mise en sommeil. Elle reste naturellement en vigueur après la reprise. Si des retards se sont accumulés, une régularisation s’impose sans attendre.

💡 Conseil pratique : profitez de la préparation du dossier de reprise pour faire un point complet sur votre situation comptable et fiscale avec votre expert-comptable. C’est le bon moment pour régulariser d’éventuels retards et repartir sur une base saine — Nathalie en a fait l’expérience : elle a découvert, en préparant sa reprise, qu’un exercice « néant » n’avait pas été déposé l’année précédente, et a pu régulariser avant le dépôt du dossier plutôt qu’après.


Tableau récapitulatif : mise en sommeil vs reprise d’activité

CritèreMise en sommeilReprise d’activité
Base légaleArt. R123-46 Code de commerceArt. R123-45 Code de commerce (inscription modificative)
Voie de dépôtGuichet unique INPI (dématérialisé)Guichet unique INPI (dématérialisé)
Publication BODACCOuiOui
Mise à jour KbisOui (mention « cessation temporaire »)Oui (suppression de la mention)
Décision préalableDirigeant, sauf clause statutaire contraireDirigeant, sauf clause statutaire contraire
Obligations fiscalesMaintenues mais allégées (déclarations à néant)Reprennent intégralement
Durée maximale2 ans (au-delà : radiation possible)Sans objet

Ce qui change selon la forme juridique

Sur le fond, la règle est identique pour toutes les formes : c’est le dirigeant qui décide, sauf disposition statutaire contraire imposant une consultation des associés ou une assemblée. Quelques nuances pratiques méritent toutefois d’être notées.

SASU et SAS

Pour une SASU, l’associé unique et président peut prendre seul la décision de reprise. Pour une SAS pluripersonnelle, vérifiez vos statuts : certains prévoient que ce type de décision reste de la compétence du président, d’autres l’attribuent à l’assemblée des associés.

SARL et EURL

Pour une SARL comme pour une EURL, la décision de reprise relève du gérant, sauf si les statuts en disposent autrement. Si vous avez mis en sommeil une EURL et souhaitez comprendre la symétrie avec la procédure initiale, notre article sur la mise en sommeil d’une EURL vous donnera les repères utiles. De même pour une mise en sommeil de SARL.

SCI

La société civile immobilière en sommeil reprend son activité selon les mêmes principes : décision du gérant, sauf clause statutaire imposant un vote en assemblée. Les SCI détenant des biens locatifs ont souvent intérêt à formaliser rapidement leur reprise pour sécuriser leurs actes de gestion courante.

Auto-entrepreneur (entreprise individuelle)

La situation diffère sensiblement pour les auto-entrepreneurs : la cessation temporaire d’activité est limitée à 1 an, prolongeable d’1 an pour une activité commerciale (2 ans maximum), la déclaration se fait également au guichet unique sans PV, et le micro-entrepreneur doit continuer à déclarer son chiffre d’affaires (mention « néant ») à l’URSSAF pendant toute la suspension. Notre guide sur la mise en sommeil de l’auto-entrepreneur détaille ces règles spécifiques.

📌 Attention à ne pas confondre : la mise en sommeil et la reprise d’activité d’une société immatriculée au RCS ne relèvent pas du même régime que la radiation d’un auto-entrepreneur. Pour les entreprises individuelles, les démarches et les effets juridiques diffèrent. Consultez notre comparatif mise en sommeil ou radiation : comment choisir ? pour clarifier votre situation.


Faire appel à miseensommeil.fr

La procédure de reprise d’activité est accessible en autonomie sur le guichet unique. Mais la constitution du dossier, la rédaction de la décision du dirigeant et le respect des exigences formelles du greffe peuvent rapidement devenir chronophages — surtout si vous devez régulariser simultanément d’autres inscriptions modificatives.

Chez miseensommeil.fr, nous prenons en charge l’intégralité des formalités de reprise d’activité d’une société : préparation des actes, constitution du dossier, dépôt sur le guichet unique et suivi jusqu’à la mise à jour du Kbis, pour 150 € HT en plus des frais de greffe. Ces frais de greffe s’élèvent à 166,71 € TTC pour une inscription modificative avec avis BODACC sans dépôt d’acte, ou 173,97 € TTC avec dépôt d’acte ; pour une entreprise individuelle, ils sont de 83,64 € TTC.

Cette approche vous évite les allers-retours avec le greffe en cas de dossier incomplet, et garantit que toutes les obligations formelles sont respectées dès le premier dépôt.

Si vous souhaitez comprendre les coûts globaux liés à ces formalités — mise en sommeil initiale incluse — notre article sur le coût de la mise en sommeil d’une société détaille l’ensemble des frais à prévoir.


En résumé

  1. La déclaration au RCS est obligatoire — sans inscription modificative, la reprise d’activité n’a pas d’existence légale opposable aux tiers.
  2. La décision appartient au dirigeant — gérant ou président, sans assemblée générale ni PV obligatoire, sauf si vos statuts l’imposent.
  3. Le délai de 2 ans ne pardonne pas — au-delà, une radiation d’office peut intervenir (art. R123-125 du Code de commerce).
  4. Les obligations fiscales et comptables reprennent immédiatement — TVA, liasse fiscale, CFE, dépôt des comptes : tout redémarre à la date de reprise.
  5. La procédure passe exclusivement par le guichet unique de l’INPI — le dépôt papier n’est plus possible.
  6. La préparation en amont fait la différence — régularisez vos éventuels retards comptables et fiscaux avant de déposer votre dossier.

Pour toute question sur votre situation spécifique, ou pour confier la gestion de vos formalités à nos équipes, contactez-nous — nous vous répondons rapidement et vous orientons vers la solution la mieux adaptée à votre société.

Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 24 juin 2026.

Une formalité de reprise d'activité d'une société à faire ?

On monte et déposons votre dossier au guichet unique. Devis clair et frais annoncés d'avance · 150 € HT · dépôt au greffe sous 48h · sans engagement.

Sur le même sujet

On gère votre reprise d'activité d'une société
150 € HT · réponse sous 24h
Démarrer