Mise en Sommeil
Reprise d'activité

Reprise d'activité après mise en sommeil : guide

Réactivez votre société en sommeil en 2026 : procédure complète, délais, obligations comptables et fiscales. Démarches dématérialisées via le guichet unique INPI.

Par Marie Gattepaille · · 9 min de lecture
En bref
  • La reprise d'activité après mise en sommeil nécessite une inscription modificative au RCS via le guichet unique INPI.
  • La cessation temporaire d'activité ne peut excéder 2 ans : au-delà, la radiation d'office est prononcée (art. R123-125 du Code de commerce).
  • Toutes les obligations déclaratives — TVA, résultat, cotisations sociales — reprennent dès la date effective de reprise.
  • Le dépôt des comptes annuels reste obligatoire même pendant la période de sommeil.
Sommaire

Reprendre l’activité d’une société après une mise en sommeil se fait en une seule formalité : une inscription modificative au RCS déposée sur le guichet unique de l’INPI, sur simple décision du dirigeant — sans assemblée générale ni procès-verbal obligatoire, sauf si vos statuts l’exigent. Passé 2 ans de cessation temporaire sans déclaration de reprise, la radiation d’office devient possible. Voici la procédure complète, les obligations qui repartent immédiatement, et les pièges à éviter.


Ce que signifie juridiquement la reprise d’activité

La mise en sommeil d’une société correspond à une cessation temporaire totale d’activité, déclarée conformément à l’article R123-46 du Code de commerce. Elle ne dissout pas la société : la personnalité morale est conservée, les statuts restent inchangés, et la société demeure inscrite au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).

La reprise d’activité est l’acte symétrique : elle met fin à cet état de suspension et restitue à la société sa pleine capacité opérationnelle. Sur le plan du droit des sociétés, il s’agit d’une inscription modificative au RCS au sens de l’article R123-45 du Code de commerce. Cette inscription est obligatoire : elle n’est pas une simple formalité interne, mais une déclaration opposable aux tiers.

⚠️ Attention au délai butoir. Conformément à l’article R123-125 du Code de commerce, la cessation temporaire d’activité ne peut excéder 2 ans. Passé ce délai sans déclaration de reprise, le greffier du tribunal de commerce peut prononcer la radiation d’office de la société. Surveiller cette échéance est donc critique.

La reprise d’activité produit des effets dès la date déclarée, et non à compter de l’enregistrement par le greffe ou de la publication au BODACC. Cette précision a des conséquences directes sur le plan fiscal et social, détaillées plus loin.

Exemple illustratif — Nathalie, gérante de la SARL « Lumière & Décors », avait mis sa société en sommeil 18 mois pour régler une situation personnelle. Lorsqu’elle a décidé de reprendre, elle a daté sa décision de réactivation au 1er jour du mois où elle comptait effectivement recommencer à facturer — et non au jour du dépôt du dossier, qu’elle a réalisé deux semaines plus tard. Ce choix de date n’est pas anodin : c’est lui qui fait repartir le calcul de la TVA, de la CFE et des cotisations sociales, pas la date d’enregistrement par le greffe.

Pour une vision complète de ce qui se passe pendant et après la période de sommeil, consultez notre guide après mise en sommeil : que faire ?.


Les étapes de la procédure de reprise d’activité

La procédure est entièrement dématérialisée depuis la réforme du guichet unique en 2023. Elle se déroule en quatre temps.

1. Préparer les documents nécessaires

Avant de soumettre la déclaration, rassemblez les éléments suivants :

  • La date de reprise effective que vous souhaitez déclarer
  • L’extrait Kbis en cours (ou les données d’identification SIREN)
  • Une décision du dirigeant (gérant ou président) actant la reprise d’activité — un procès-verbal d’assemblée générale n’est nécessaire que si vos statuts l’imposent expressément
  • Les coordonnées de l’établissement principal si elles ont changé depuis la mise en sommeil

⚠️ Piège fréquent. Beaucoup de dirigeants pensent qu’une SARL à plusieurs associés impose systématiquement une décision collective pour la reprise, comme pour la mise en sommeil. C’est faux par défaut : la reprise d’activité, comme la mise en sommeil, relève du pouvoir du gérant, sauf clause statutaire contraire. Vérifiez vos statuts avant de convoquer une assemblée qui n’est pas nécessaire — cela vous fera gagner du temps et évitera un formalisme inutile.

2. Déposer la déclaration via le guichet unique INPI

La déclaration se fait exclusivement sur formalites.entreprises.gouv.fr, le guichet unique des formalités des entreprises opéré par l’INPI. C’est la seule voie légale depuis la suppression des Centres de Formalités des Entreprises (CFE) physiques.

Sélectionnez la procédure « Modifier » pour votre société, puis renseignez la nature de la modification : reprise d’activité. Le formulaire vous demandera de préciser la date de reprise et de téléverser les pièces justificatives.

📌 Bon à savoir. Le guichet unique transmet automatiquement la déclaration au greffe compétent, à l’administration fiscale (DGFIP) et, selon les cas, à l’URSSAF. Vous n’avez pas à effectuer des démarches séparées auprès de chaque organisme.

3. Traitement par le greffe et publication au BODACC

Une fois le dossier déposé, le greffe du tribunal de commerce compétent le traite et procède à la mise à jour du RCS. Un Kbis actualisé mentionnant la reprise d’activité vous est alors délivré.

La reprise est ensuite publiée au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales), ce qui la rend opposable aux tiers. Pour comprendre ce que publie le BODACC lors des formalités liées à une société en sommeil, lisez notre article BODACC et mise en sommeil : ce qui est publié.

4. Informer les partenaires et organismes

Le guichet unique informe les administrations partenaires, mais il reste prudent de notifier directement :

  • Votre banque (réactivation de comptes si nécessaires)
  • Vos fournisseurs et clients
  • Votre assureur professionnel (réactivation ou souscription des garanties)
  • Votre expert-comptable, pour planifier les premières obligations déclaratives

Délais et coûts de la formalité

ÉtapeDélai indicatifCoût
Dépôt du dossier (guichet unique)Immédiat (en ligne)
Traitement par le greffeVariable selon le greffe compétentVoir frais de greffe ci-dessous
Publication au BODACCSuit le traitement par le greffeInclus dans les frais de greffe
Mise à jour du KbisSimultanée à l’enregistrement
Total accompagné (miseensommeil.fr)Sous 48h de préparation150 € HT + frais de greffe

Les frais de greffe pour une inscription modificative avec avis BODACC s’élèvent à 166,71 € TTC sans dépôt d’acte, ou 173,97 € TTC avec dépôt d’acte. Pour une entreprise individuelle, ce montant est de 83,64 € TTC. Les honoraires miseensommeil.fr sont fixes : 150 € HT, auxquels s’ajoutent ces frais de greffe — y compris pour les entreprises individuelles. Consultez notre page reprise d’activité pour le détail selon votre situation.

💡 Confier la formalité à un professionnel permet d’éviter les rejets de dossier pour pièce manquante ou date incohérente — erreurs fréquentes qui peuvent retarder la reprise effective de plusieurs semaines.


Les obligations qui reprennent dès la date de réactivation

C’est le point que les dirigeants sous-estiment le plus souvent : la reprise d’activité n’est pas seulement une formalité administrative. Elle déclenche immédiatement un ensemble d’obligations fiscales, comptables et sociales.

Obligations fiscales

Dès la date de reprise déclarée :

  • La société redevient assujettie à la TVA (si elle l’était avant la mise en sommeil et selon son régime). Les déclarations de TVA reprennent au rythme habituel (mensuel, trimestriel ou annuel).
  • La déclaration de résultat (IS ou IR selon la forme) couvre l’exercice entier, y compris la période de sommeil. Aucune déclaration « partielle » n’est prévue. Pour un exercice clos au 31 décembre, la déclaration de résultat (liasse IS) est due au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai.
  • La cotisation foncière des entreprises (CFE) peut faire l’objet d’un dégrèvement pendant la période de sommeil, sur le fondement de l’article 1478 du Code général des impôts. Ce dégrèvement cesse à compter de la date de reprise effective. La réclamation de dégrèvement doit être déposée avant le 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement (art. R196-1 du Livre des procédures fiscales).

Obligations sociales

Si le dirigeant était travailleur non salarié (TNS) — gérant majoritaire de SARL, associé unique d’EURL — les cotisations minimales à l’URSSAF reprennent à leur niveau normal dès la reprise d’activité. Au régime réel, ces cotisations minimales représentent environ 1 255 à 1 298 € par an (vieillesse de base, indemnités journalières, invalidité-décès, formation).

Pour les dirigeants assimilés salariés (président de SAS, président de SASU), la question se pose différemment selon la rémunération versée. Consultez notre article dédié à l’ARE et aux cotisations sociales lors de la reprise après sommeil pour une analyse détaillée.

Obligations comptables

L’obligation de dépôt des comptes annuels au greffe n’a jamais cessé pendant la mise en sommeil (art. L232-21 et suivants du Code de commerce). À la reprise, il convient donc de s’assurer que tous les exercices écoulés pendant la période de sommeil ont bien été clôturés et déposés. Un retard peut bloquer la formalité de reprise ou exposer la société à des injonctions.

Dans le cas de Nathalie, les deux exercices clos pendant les 18 mois de sommeil de « Lumière & Décors » avaient bien été déposés au greffe — à néant, mais déposés. C’est précisément ce point que son expert-comptable a vérifié avant d’enclencher la déclaration de reprise, pour éviter tout blocage du dossier.

Pour faire le point sur vos obligations comptables en période de sommeil, consultez notre article bilan comptable en sommeil : obligations en 2026.


Cas particuliers selon la forme juridique

La procédure de reprise est identique sur le principe pour toutes les sociétés immatriculées au RCS : c’est une décision du dirigeant, sans assemblée générale ni procès-verbal obligatoire, sauf disposition contraire des statuts. Quelques particularités méritent toutefois attention.

SASU et SAS

Le président de SASU ou de SAS décide seul la reprise d’activité, sauf clause statutaire contraire. Une décision écrite datée suffit. Aucune assemblée générale n’est requise par défaut.

SARL et EURL

Pour une EURL, le gérant associé unique décide seul. Pour une SARL à plusieurs associés, la règle par défaut reste la même : c’est le gérant qui décide, sans assemblée générale obligatoire. Vérifiez vos statuts : seule une clause expresse peut imposer une décision collective pour la reprise d’activité. N’inversez pas la logique en pensant qu’une SARL pluripersonnelle nécessite systématiquement une AG — c’est l’exception, pas la règle.

SCI

La SCI ne peut techniquement pas « mettre en sommeil » son activité au sens de la cessation temporaire, car elle n’est pas nécessairement commerçante. En pratique, si elle est inscrite au RCS, les règles s’appliquent. Rapprochez-vous d’un professionnel si vous avez un doute sur votre situation.

Auto-entrepreneur / Micro-entreprise

Le régime de l’entreprise individuelle et de la micro-entreprise est distinct de celui des sociétés. La cessation temporaire y est limitée à 1 an, prolongeable d’1 an pour une activité commerciale (2 ans maximum). La déclaration se fait également via le guichet unique, dans le délai d’1 mois suivant la décision, sans procès-verbal. Pendant toute la suspension, le micro-entrepreneur doit continuer à déclarer son chiffre d’affaires (mention « néant ») à l’URSSAF — à défaut, une radiation d’office est possible après 2 années civiles consécutives (ou 8 trimestres consécutifs) de chiffre d’affaires nul. N’hésitez pas à nous contacter pour une analyse de votre situation personnelle.


Reprendre ou dissoudre : comment choisir ?

Avant de lancer la procédure de reprise, une question mérite d’être posée lucidement : la reprise d’activité est-elle la meilleure option, ou vaut-il mieux dissoudre et liquider la société ?

CritèreReprise d’activitéDissolution / liquidation
Projet professionnel en coursAdaptéInadapté
Aucun projet à court termeRisque de radiationClôture propre
Délai depuis mise en sommeil< 2 ansPossible à tout moment
Obligations maintenues pendant sommeilOui (comptes, CFE…)Clôturées à la dissolution
CoûtFormalité modificativeFormalité + liquidation
Réputation commercialeKbis préservéSociété radiée

Si vous approchez de la limite des 2 ans sans projet concret, la dissolution volontaire évite la radiation d’office — qui produit des effets similaires mais de façon non maîtrisée et potentiellement préjudiciable à votre réputation auprès des tiers.

⚠️ Ne confondez pas cessation temporaire et cessation définitive. Une mise en sommeil prolongée au-delà de 2 ans sans démarche peut être assimilée à une cessation définitive par les administrations, avec des conséquences fiscales et sociales que vous n’aurez pas anticipées.


Comment miseensommeil.fr vous accompagne

Notre service prend en charge l’intégralité de la formalité de reprise d’activité : constitution du dossier, dépôt sur le guichet unique INPI, suivi auprès du greffe et transmission du Kbis mis à jour. Vous n’avez pas à gérer les échanges techniques avec les administrations.

Les honoraires sont transparents : 150 € HT, auxquels s’ajoutent les frais de greffe propres à votre situation (166,71 € ou 173,97 € TTC pour une société, 83,64 € TTC pour une entreprise individuelle). Aucun frais caché, aucune relance commerciale.

Découvrez le détail de notre accompagnement sur la page reprise d’activité, ou consultez nos ressources complémentaires :

Une question spécifique sur votre situation ? Notre équipe répond via la page contact. Nous vous orientons vers la procédure adaptée à votre forme juridique et à votre calendrier.

Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 24 juin 2026.

Une formalité de reprise d'activité à faire ?

On monte et déposons votre dossier au guichet unique. Devis clair et frais annoncés d'avance · 150 € HT · dépôt au greffe sous 48h · sans engagement.

Sur le même sujet

On gère votre reprise d'activité
150 € HT · réponse sous 24h
Démarrer