Mise en Sommeil
Reprise d'activité

Reprise d'activité SCI : délais et procédure 2026

Combien de temps pour réactiver une SCI en sommeil ? Délais réels, étapes au guichet unique INPI et obligations fiscales. Guide complet 2026.

Par Marie Gattepaille · · 8 min de lecture
En bref
  • La reprise d'activité d'une SCI se déclare via une inscription modificative au RCS sur le guichet unique INPI.
  • Le délai de traitement dépend de la charge du greffe compétent ; le Kbis mis à jour est disponible après l'enregistrement de l'inscription.
  • La durée maximale de mise en sommeil est de 2 ans : au-delà, la société risque une radiation d'office (art. R123-125 du Code de commerce).
  • La reprise entraîne le rétablissement des obligations déclaratives : TVA, résultat, CFE.
Sommaire

Reprendre l’activité d’une SCI mise en sommeil consiste à déposer une inscription modificative sur le guichet unique INPI, dans le délai d’1 mois suivant la décision du gérant. Le délai de traitement par le greffe du tribunal de commerce, qui sépare le dépôt d’un dossier complet de la mise à jour du Kbis, varie selon la charge de chaque juridiction : il est préférable de se renseigner directement auprès du greffe compétent. Une fois la reprise déclarée, toutes les obligations fiscales et déclaratives de la SCI redeviennent applicables, sans période de carence.


Ce que signifie concrètement “reprendre l’activité” d’une SCI

Une SCI mise en sommeil reste inscrite au registre du commerce et des sociétés (RCS). Elle n’est pas dissoute, ni radiée. Sa personnalité morale est intacte. La mise en sommeil consiste en une cessation temporaire totale d’activité, déclarée conformément à l’article R123-46 du Code de commerce, qui suspend les obligations opérationnelles sans mettre fin à la société.

Reprendre l’activité, c’est l’opération inverse : déclarer au RCS, via une inscription modificative prévue à l’article R123-45 du Code de commerce, que la SCI redevient active à compter d’une date précise. Cette déclaration n’est pas une formalité optionnelle — omettre de la déposer crée une discordance entre la réalité économique de la SCI et son état administratif, avec des conséquences possibles en matière de responsabilité du gérant.

Exemple illustratif : Nathalie, gérante de la SARL “Lumière & Décors”, avait mis sa société en sommeil 18 mois pour régler une situation personnelle. Le principe vaut de la même façon pour une SCI : la société reste en vie juridiquement, et c’est précisément cette réversibilité qui permet de reprendre l’activité sans recréer une structure.

⚠️ Attention à la durée maximale : une SCI ne peut rester en sommeil plus de 2 ans. Passé ce délai, le greffe peut procéder à une radiation d’office en application de l’article R123-125 du Code de commerce. Si vous approchez de cette limite, la décision de reprendre ou de dissoudre doit être prise rapidement. Pour bien peser cette décision, lisez notre guide Mise en sommeil ou dissolution : comment choisir ?.


La décision de reprise : qui décide, et le piège du procès-verbal

C’est le point sur lequel beaucoup de gérants de SCI se trompent, souvent par excès de prudence : la reprise d’activité, tout comme la mise en sommeil, est une décision du gérant. Aucune assemblée générale des associés ni procès-verbal n’est légalement requis pour effectuer cette démarche, sauf si les statuts de la SCI l’imposent explicitement (référence : service-public.gouv, fiche F37362).

Le piège de praticien à connaître : de nombreux modèles de statuts de SCI — notamment ceux rédigés pour des SCI familiales — comportent une clause imposant une décision collective des associés pour toute “modification de l’activité” ou “cessation et reprise d’activité”. Avant d’engager la démarche, relisez vos statuts ligne par ligne. Si une telle clause existe, un procès-verbal d’assemblée est requis et doit être joint au dossier de déclaration ; s’il n’y en a pas, la décision du gérant seul suffit, et exiger un PV inutilement ne fait que retarder le dépôt.

Dans tous les cas, même lorsque le procès-verbal n’est pas obligatoire, il est recommandé de conserver une trace écrite datée de la décision de reprise : elle sert de pièce justificative cohérente pour le dossier déposé sur le guichet unique.


Les étapes de la déclaration de reprise au guichet unique INPI

Depuis la réforme du guichet unique des formalités des entreprises (INPI), toutes les démarches modificatives — y compris la reprise d’activité — se font exclusivement en ligne sur formalites.entreprises.gouv.fr. Il n’est plus possible de déposer un dossier papier directement au greffe.

La déclaration doit être effectuée dans le délai d’1 mois suivant la décision de reprise.

1. Décision du gérant (ou des associés si les statuts l’imposent)

Comme expliqué plus haut, vérifiez vos statuts avant de matérialiser la décision sous la forme requise : décision de gérance ou procès-verbal d’assemblée.

2. Constitution du dossier

Les pièces habituellement requises sont :

  • Le formulaire de modification d’entreprise rempli via le guichet unique (rubrique “cessation d’activité / reprise d’activité”) ;
  • Une copie de la décision du gérant (ou des associés, si les statuts l’imposent) actant la reprise ;
  • La copie d’une pièce d’identité en cours de validité du gérant déclarant ;
  • Le cas échéant, les justificatifs d’adresse du siège social si celui-ci a changé pendant la mise en sommeil.

3. Dépôt en ligne et transmission au greffe

Le guichet unique INPI reçoit le dossier et le transmet au greffe du tribunal de commerce compétent. C’est le greffe qui procède à l’inscription modificative au RCS, dans un délai qui varie selon la charge de travail du tribunal concerné : renseignez-vous auprès du greffe compétent pour connaître le délai de traitement en vigueur.

4. Publication au BODACC et mise à jour du Kbis

Une fois l’inscription enregistrée, la reprise d’activité fait l’objet d’une publication au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). Le Kbis de la SCI est mis à jour et reflète la nouvelle situation : la SCI est à nouveau active.

📌 Pour une prise en charge complète de ces démarches, consultez notre page dédiée à la reprise d’activité d’une SCI. Nos équipes gèrent l’intégralité du dossier pour vous, du formulaire guichet unique jusqu’à la réception du Kbis mis à jour.


Frais de greffe applicables à la reprise

La reprise d’activité d’une SCI suit le même barème de frais de greffe qu’une mise en sommeil, puisqu’il s’agit dans les deux cas d’une inscription modificative au RCS :

Type de formalitéFrais de greffe (TTC)
Inscription modificative avec avis BODACC, sans dépôt d’acte166,71 €
Inscription modificative avec avis BODACC et dépôt d’acte (ex. procès-verbal joint)173,97 €
Avis BODACC isolé11,84 €

Si vous confiez la démarche à miseensommeil.fr, nos honoraires sont fixés à 150 € HT, auxquels s’ajoutent ces frais de greffe — sans surprise ni facturation cachée.


Les obligations qui reprennent dès la date de réactivation

La reprise d’activité n’est pas une formalité neutre : elle déclenche le rétablissement des obligations légales, fiscales et comptables de la SCI à compter de la date de reprise effective.

Obligations fiscales

  • Impôt sur le revenu (SCI à l’IR) : les revenus fonciers générés par la SCI doivent à nouveau être déclarés par les associés au titre de leur quote-part.
  • Impôt sur les sociétés (SCI à l’IS) : la déclaration de résultat IS reprend. Pour un exercice clos au 31 décembre, l’échéance est fixée au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai.
  • TVA : si la SCI est assujettie à la TVA (location de locaux professionnels, option TVA), les déclarations périodiques reprennent dès le premier euro de recette post-reprise.
  • CFE (Cotisation foncière des entreprises) : pendant la mise en sommeil, la SCI pouvait bénéficier d’un dégrèvement en l’absence d’activité, en application de l’article 1478 du Code général des impôts. Ce dégrèvement cesse dès la reprise déclarée. Pour contester une CFE indue, la réclamation doit être déposée avant le 31 décembre de l’année suivant celle de la mise en recouvrement (art. R196-1 du Livre des procédures fiscales).

Obligations comptables

Le dépôt des comptes annuels reste obligatoire en vertu des articles L232-21 et suivants du Code de commerce, y compris pendant les exercices de mise en sommeil. À la reprise, la SCI doit donc être à jour de ses dépôts de comptes, faute de quoi elle s’expose à des injonctions de dépôt.

Obligations sociales

Si la SCI reprend une activité locative avec des salariés (gardien d’immeuble, par exemple), les déclarations sociales reprennent également. Dans la grande majorité des SCI familiales ou patrimoniales, cet aspect est sans objet.

💡 Bon à savoir : si la SCI a perçu des loyers ou réglé des charges pendant la période de mise en sommeil, ces opérations devaient déjà être déclarées. La mise en sommeil suspend l’activité opérationnelle déclarée — elle ne suspend pas les obligations fiscales liées à des flux financiers réellement constatés.


Reprise d’activité vs radiation : les erreurs à éviter

Il arrive que des gérants de SCI confondent ou retardent la démarche de reprise, générant des situations délicates. Voici les erreurs les plus fréquentes.

Erreur n° 1 : reprendre une activité sans le déclarer. Commencer à louer un bien ou à percevoir des loyers sans avoir déposé la déclaration de reprise au RCS crée une discordance entre la réalité et le registre. Cela peut soulever des questions en cas de contrôle fiscal ou lors d’une cession de parts.

Erreur n° 2 : laisser passer le délai de 2 ans. Si la mise en sommeil excède 2 ans, le greffe peut radier la SCI d’office (art. R123-125 du Code de commerce). Une SCI radiée n’est pas dissoute, mais sa situation devient complexe à régulariser. Pour comparer mise en sommeil et radiation, lisez notre article dédié : Mise en sommeil ou radiation : comment choisir ?.

Erreur n° 3 : ne pas mettre les comptes à jour avant de reprendre. Un investisseur ou un établissement bancaire qui demande le Kbis et les comptes d’une SCI avant une opération immobilière vérifiera systématiquement que les dépôts de comptes sont à jour. Un retard peut bloquer une vente ou un financement.

Erreur n° 4 : exiger un procès-verbal d’assemblée par excès de prudence. Comme vu plus haut, ce réflexe — fréquent chez les gérants peu familiers de la procédure — n’est justifié que si les statuts l’imposent. À défaut, il rallonge inutilement le délai de constitution du dossier.


Comparer avec d’autres formes juridiques : pourquoi la SCI a ses spécificités

La procédure de reprise d’activité est globalement identique pour toutes les sociétés inscrites au RCS : inscription modificative via le guichet unique, publication BODACC, nouveau Kbis. Mais la SCI présente quelques particularités à connaître.

Contrairement à une SARL ou une EURL (voir nos articles sur la mise en sommeil SARL et la mise en sommeil EURL), la SCI a rarement une activité commerciale au sens strict. Son patrimoine immobilier continue d’exister et de pouvoir générer des revenus même pendant le sommeil. Le “réveil” de la SCI est donc souvent lié à un événement patrimonial précis : acquisition d’un nouveau bien, reprise d’une location, refinancement.

Par ailleurs, le régime fiscal de la SCI — IR ou IS — influe sur les modalités de déclaration à la reprise, mais pas sur la procédure d’inscription modificative elle-même, qui reste identique.

Pour information, les coûts de mise en sommeil puis de reprise pour une SCI sont détaillés dans notre article sur le coût de la mise en sommeil d’une société.


Faire appel à un prestataire : gain de temps et sécurité juridique

Déposer soi-même le dossier sur le guichet unique est possible, mais la plateforme peut être source d’erreurs pour les non-initiés : mauvaise sélection du type de modification, pièces manquantes, dates incohérentes, ou procès-verbal joint à tort alors que les statuts n’en exigent pas. Un dossier rejeté repart de zéro et allonge le délai de plusieurs jours.

Chez miseensommeil.fr, nous prenons en charge l’intégralité de la démarche de reprise d’activité d’une SCI : vérification des statuts, préparation du dossier, dépôt sur le guichet unique, suivi auprès du greffe et transmission du Kbis mis à jour. Nos honoraires sont fixes et transparents (150 € HT + frais de greffe), sans surprise.

💡 Une question sur votre situation spécifique ? Contactez notre équipe via notre formulaire de contact. Nous vous répondons sous 24 heures ouvrées.


La reprise d’activité d’une SCI est une procédure encadrée, qui ne nécessite par défaut qu’une décision du gérant, et qui devient rapide dès lors que le dossier est bien préparé. Vérifier vos statuts avant d’exiger un procès-verbal, respecter le délai d’1 mois pour déclarer la reprise, et anticiper les obligations fiscales qui redeviennent applicables : voilà ce qui détermine la fluidité de la réactivation de votre société civile immobilière.

Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 24 juin 2026.

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