SASU : mise en sommeil ou dissolution ?
Mettre en sommeil ou dissoudre votre SASU ? Comparatif complet des deux options, coûts, démarches et critères de choix pour décider en 2026.
- La mise en sommeil suspend temporairement l'activité de la SASU (max 2 ans) sans la fermer définitivement, tandis que la dissolution met fin à son existence juridique de façon irrévocable.
- Le choix dépend principalement de votre intention : reprendre l'activité à terme (sommeil) ou y mettre un terme définitif (dissolution-liquidation).
- Les deux procédures passent par le guichet unique INPI, mais la dissolution implique deux étapes distinctes (dissolution puis liquidation) et des coûts supérieurs.
- Même en sommeil, les obligations comptables et fiscales de la SASU subsistent : dépôt des comptes annuels, déclarations de résultat, CFE selon activité résiduelle.
Sommaire
- Mise en sommeil ou dissolution : comprendre la différence fondamentale
- Les critères décisifs pour choisir entre les deux options
- Démarches concrètes : ce que chaque procédure implique
- Obligations qui subsistent dans les deux cas
- Comparatif des coûts et des délais
- Ce que la mise en sommeil ne résout pas
- Synthèse : quelle option choisir pour votre SASU ?
Vous hésitez entre mettre votre SASU en sommeil ou la dissoudre : la réponse tient à une seule question — comptez-vous reprendre l’activité un jour, même dans plusieurs mois ? Si oui, la mise en sommeil suspend tout sans fermer la société, pour une durée maximale de 2 ans. Si non, seule la dissolution-liquidation, en deux étapes, met fin proprement et définitivement à son existence juridique. Ce sont deux logiques différentes, pas deux variantes d’une même démarche.
Mise en sommeil ou dissolution : comprendre la différence fondamentale
Ces deux notions sont souvent confondues, alors qu’elles n’ont rien en commun sur le plan juridique.
La mise en sommeil (ou cessation temporaire d’activité) est une faculté offerte aux sociétés immatriculées pour interrompre leur activité sans rompre le lien juridique avec le registre. Concrètement, votre SASU continue d’exister. Elle conserve son numéro SIREN, son immatriculation au RCS, sa personnalité morale. Elle peut reprendre ses activités dès que vous le décidez, dans la limite de 2 ans (article R123-125 du Code de commerce, sous peine de radiation d’office par le greffier).
La dissolution, à l’inverse, déclenche l’extinction programmée de la société. Une fois la décision de dissolution prise par l’associé unique de la SASU, la société entre en liquidation : ses actifs sont réalisés, ses dettes apurées, et le solde éventuel est distribué à l’associé. À la clôture de la liquidation, la SASU est radiée du RCS de façon définitive. Il n’existe aucun retour en arrière possible.
Exemple illustratif : Nathalie, gérante de la SARL “Lumière & Décors”, a déjà vécu cette interrogation pour sa propre société lorsqu’un différend personnel l’a obligée à interrompre son activité de décoration d’intérieur. Plutôt que de tout liquider dans l’urgence, elle a choisi la mise en sommeil : 18 mois plus tard, sa situation réglée, elle a repris l’activité sans avoir eu à recréer une structure ni à renégocier ses contrats fournisseurs. Le raisonnement est identique pour une SASU, seule la décision change de nom (associé unique plutôt qu’assemblée générale de gérance).
⚠️ Attention à la confusion fréquente : certains dirigeants pensent que “mettre en sommeil” revient à “fermer” leur société. Ce n’est pas le cas. La mise en sommeil est une suspension, non une fermeture. Si votre activité est définitivement terminée, seule la dissolution-liquidation clôt réellement le dossier.
🎯 Le piège du praticien : beaucoup de dirigeants de SASU enclenchent une dissolution-liquidation par réflexe, en pensant que c’est “plus propre” — alors qu’ils n’ont en réalité qu’un doute temporaire sur la suite. Or une dissolution est irréversible : impossible de “se rétracter” une fois la décision publiée. Si le moindre scénario de reprise existe, même incertain, la mise en sommeil est le choix par défaut le plus sûr : elle ne ferme aucune porte et coûte nettement moins cher qu’une dissolution engagée puis regrettée.
Les critères décisifs pour choisir entre les deux options
Vous prévoyez de reprendre un jour → la mise en sommeil s’impose
Si un projet professionnel est en pause (recherche d’associés, pause personnelle, reconversion temporaire, test d’une autre activité en parallèle), la mise en sommeil préserve la structure. Vous n’avez pas à recréer une société ultérieurement, ni à renégocier des contrats-cadres ou des agréments éventuels.
Vous arrêtez définitivement → la dissolution est la seule option cohérente
Conserver une SASU en sommeil indéfiniment n’est pas possible (2 ans maximum) et entraîne des coûts annuels incompressibles : dépôt des comptes annuels, éventuellement CFE, honoraires comptables. Si vous n’avez aucune intention de reprendre, la dissolution-liquidation est la solution économiquement rationnelle.
Votre situation financière entre en jeu
Une SASU qui a des dettes envers des tiers, des créanciers, ou l’administration fiscale ne peut pas se contenter d’une mise en sommeil pour y mettre fin. La liquidation règle ces créances dans un ordre légal. Si la SASU est en état de cessation des paiements, une procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire) peut s’imposer, indépendamment de votre volonté.
Démarches concrètes : ce que chaque procédure implique
La mise en sommeil d’une SASU en pratique
La déclaration de cessation temporaire totale d’activité s’effectue exclusivement via le guichet unique des formalités des entreprises géré par l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), dans le délai d’1 mois suivant la décision, conformément à l’article R123-46 du Code de commerce. Elle donne lieu à :
- Une inscription modificative au RCS (article R123-45 du Code de commerce) ;
- Une publication au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales) ;
- La mention “en sommeil” sur l’extrait Kbis de la société.
La décision relève du président de la SASU (ou de l’associé unique lorsqu’il occupe cette fonction) : aucune assemblée générale ni procès-verbal n’est exigé par la loi pour la mise en sommeil, sauf si les statuts de la société l’imposent. Vérifiez vos statuts avant d’agir : c’est précisément l’un des points que les dirigeants pressés oublient de contrôler. La déclaration doit être dûment complétée et, le cas échéant, certifiée conforme (articles R123-102 et A123-4 du Code de commerce).
Pour en savoir plus sur le détail de la procédure et confier les formalités à un prestataire, consultez notre page dédiée à la mise en sommeil d’une SASU.
La dissolution-liquidation d’une SASU en pratique
La procédure se déroule en deux phases distinctes, chacune impliquant des formalités auprès du guichet unique :
Phase 1 — La dissolution :
- Décision de l’associé unique constatant la dissolution ;
- Désignation d’un liquidateur (souvent l’associé unique lui-même) ;
- Déclaration de dissolution sur le guichet unique → inscription modificative au RCS + publication légale dans un journal d’annonces légales (JAL) + publication au BODACC.
Phase 2 — La liquidation et clôture :
- Réalisation des actifs, apurement du passif ;
- Établissement des comptes définitifs de liquidation ;
- Décision de clôture de liquidation par l’associé unique ;
- Deuxième déclaration sur le guichet unique → radiation définitive du RCS + nouvelle publication.
📌 Délai réglementaire : entre la dissolution et la clôture de liquidation, un délai minimum est généralement nécessaire pour permettre aux créanciers éventuels de se manifester. La durée précise dépend de la situation de chaque société ; votre expert-comptable ou votre greffe pourra vous indiquer le calendrier applicable à votre dossier. En pratique, la procédure complète peut s’étendre sur plusieurs mois selon la complexité du passif à apurer.
Obligations qui subsistent dans les deux cas
Ce point est souvent sous-estimé. Ni la mise en sommeil, ni même l’ouverture d’une procédure de dissolution ne vous dispensent immédiatement de toutes vos obligations.
| Obligation | SASU en sommeil | SASU en dissolution-liquidation | SASU après radiation |
|---|---|---|---|
| Dépôt des comptes annuels | Obligatoire (art. L232-21 C. com.) | Comptes de liquidation obligatoires | Société inexistante |
| Déclaration de résultat IS | Oui (même si résultat nul) | Oui, jusqu’à clôture | — |
| CFE | Dégrèvement possible (art. 1478 CGI) | Calcul au prorata de la période d’activité, à confirmer avec votre service des impôts des entreprises | — |
| TVA | Déclarations à déposer (CA nul) | Oui, jusqu’à radiation | — |
| Cotisations sociales dirigeant | Selon rémunération versée | Idem | — |
| Responsabilité du dirigeant | Maintenue | Maintenue (liquidateur) | — |
La mise en sommeil n’est donc pas une solution “zéro contrainte”. Elle allège la gestion courante (pas de facturation, pas de charges d’exploitation), mais n’éteint pas les obligations déclaratives et comptables annuelles. Pour anticiper la suite, consultez notre guide complet après mise en sommeil : que faire ?.
Comparatif des coûts et des délais
Les montants exacts varient selon la composition du dossier et les frais de greffe en vigueur. Pour une société, l’inscription modificative avec avis BODACC sans dépôt d’acte coûte 166,71 € TTC, et 173,97 € TTC avec dépôt d’acte. Un avis BODACC isolé coûte 11,84 €. Voici une comparaison structurelle :
| Critère | Mise en sommeil | Dissolution-liquidation |
|---|---|---|
| Nombre de formalités guichet unique | 1 | 2 (dissolution + clôture) |
| Publications légales | 1 (BODACC) | Au moins 2 (JAL + BODACC à chaque étape) |
| Frais de greffe | 166,71 € à 173,97 € TTC (inscription modificative) | Frais de greffe dus à chaque étape (dissolution puis radiation) : consultez le barème en vigueur auprès du greffe |
| Honoraires prestataire | Limités à une seule formalité | Plus élevés, deux dossiers à traiter : contactez-nous pour un devis précis |
| Délai total | Quelques jours à quelques semaines selon le greffe | Plusieurs mois, variable selon la complexité du dossier |
| Réversibilité | Totale (dans les 2 ans) | Irréversible |
| Obligations comptables annuelles | Maintenues | Jusqu’à clôture |
💡 Notre service : NORGE CONSEIL prend en charge l’intégralité des formalités de mise en sommeil de votre SASU pour 150 € HT + frais de greffe. Aucune démarche à effectuer de votre côté sur le guichet unique. Demandez un devis sur /contact.
Ce que la mise en sommeil ne résout pas
Choisir la mise en sommeil dans l’espoir d’éviter de prendre une décision est une erreur stratégique. Voici les situations où elle ne constitue pas une solution :
1. Vous avez des dettes sociales ou fiscales importantes. La mise en sommeil ne suspend pas les poursuites des créanciers. L’URSSAF, les impôts ou un fournisseur impayé peuvent agir pendant la période de sommeil.
2. Votre bail commercial continue de courir. Sauf clause spécifique, la mise en sommeil ne suspend pas les obligations contractuelles (loyer, contrats de maintenance, etc.).
3. Vous approchez des 2 ans sans perspective de reprise. Au-delà de ce délai, le greffe peut procéder à la radiation d’office de votre SASU (article R123-125 du Code de commerce), ce qui n’équivaut pas à une liquidation propre : les obligations fiscales peuvent subsister sans avoir été correctement apurées.
4. Vous êtes salarié et envisagez de rouvrir des droits à l’ARE. La mise en sommeil n’ouvre pas automatiquement de droits au chômage. La question des droits à l’ARE pendant et après une période de sommeil mérite une analyse spécifique : consultez notre article ARE et mise en sommeil : durée et droits en 2026 ainsi que notre dossier ARE et cotisations sociales : reprendre après sommeil.
Synthèse : quelle option choisir pour votre SASU ?
En résumé, le choix entre mise en sommeil et dissolution se résume à une question simple : votre SASU a-t-elle encore un avenir ?
- Avenir incertain ou pause temporaire → Mettez en sommeil. Vous préservez la structure, limitez les coûts immédiats, et gardez la porte ouverte.
- Arrêt définitif de l’activité → Dissolvez proprement. Vous soldez toutes les obligations, apurez le passif, et repartez sans casserole administrative.
- Situation financière dégradée → Consultez un avocat ou un expert-comptable avant toute démarche : une procédure collective peut être plus adaptée.
Quelle que soit votre décision, agir rapidement est préférable à l’inaction. Une SASU dormante sans formalités régulières accumule les risques : redressements fiscaux, radiation d’office, responsabilité personnelle du dirigeant.
Pour entamer les formalités de mise en sommeil de votre SASU sans délai, contactez notre équipe. Nous gérons l’intégralité du dossier pour vous, de la déclaration au guichet unique jusqu’à la réception de votre Kbis mis à jour.
Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 24 juin 2026.
Une formalité de mise en sommeil d'une sasu à faire ?
On monte et déposons votre dossier au guichet unique. Devis clair et frais annoncés d'avance · 150 € HT · dépôt au greffe sous 48h · sans engagement.