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Cessation temporaire d'activité société : guide complet

Tout savoir sur la cessation temporaire d'activité d'une société : procédure, délais, obligations comptables et fiscales. Guide 2026 par miseensommeil.fr.

Par Marie Gattepaille · · 9 min de lecture Mis à jour le 22 juin 2026
En bref
  • La cessation temporaire d'activité est limitée à 2 ans pour une société immatriculée au RCS, sous peine de radiation d'office.
  • La démarche passe obligatoirement par le guichet unique de l'INPI et déclenche une inscription modificative au RCS publiée au BODACC.
  • Les obligations comptables et fiscales (dépôt des comptes, TVA, IS) restent en vigueur pendant toute la période de suspension.
Sommaire

La cessation temporaire d’activité d’une société consiste à suspendre officiellement l’exploitation sans dissoudre la structure juridique. La société conserve son immatriculation, sa personnalité morale et ses obligations légales. La démarche est encadrée par l’article R123-46 du Code de commerce et la durée maximale est fixée à 2 ans.


Qu’est-ce que la cessation temporaire d’activité d’une société ?

La cessation temporaire d’activité — appelée couramment mise en sommeil — est un dispositif légal permettant à une société de suspendre temporairement son exploitation commerciale, artisanale ou libérale sans procéder à sa dissolution. La structure juridique reste entièrement intacte : le numéro SIREN, le Kbis, les statuts et la personnalité morale sont préservés.

C’est une solution adaptée lorsque le dirigeant traverse une période incertaine : difficulté conjoncturelle, projet personnel, recherche de financements, attente d’une autorisation administrative ou simple pause stratégique. Plutôt que de fermer définitivement, il choisit de suspendre l’activité en conservant la possibilité de reprendre.

Prenons un exemple illustratif pour concrétiser la démarche : Nathalie, gérante de la SARL “Lumière & Décors” (exemple illustratif, anonymisé), doit s’absenter 18 mois pour régler une situation personnelle importante. Plutôt que de dissoudre une société qu’elle a mis dix ans à construire, elle opte pour la cessation temporaire d’activité. Sa société reste immatriculée au RCS, ses contrats en cours sont traités, et elle reprend l’activité dès que sa situation le permet — sans avoir à recréer de structure.

⚠️ Ne confondez pas cessation temporaire et cessation définitive. La cessation définitive entraîne la dissolution, puis la liquidation et enfin la radiation. La cessation temporaire laisse la société en vie. Pour comparer les deux options et choisir la plus adaptée à votre situation, consultez notre guide mise en sommeil ou dissolution : comment choisir ?.

Toutes les formes sociales peuvent recourir à ce mécanisme : SASU, SAS, SARL, EURL, SCI, SA… Les entreprises individuelles et les micro-entrepreneurs disposent d’un régime légèrement différent, traité dans notre article dédié à la mise en sommeil de l’auto-entrepreneur.


Quelle est la procédure pour déclarer une cessation temporaire d’activité ?

La procédure est entièrement dématérialisée depuis le 1er janvier 2023. Elle s’effectue via le guichet unique des formalités des entreprises, opéré par l’INPI (Institut national de la propriété industrielle), accessible à l’adresse formalites.entreprises.gouv.fr.

Les étapes concrètes

1. Décision de l’organe compétent

Avant toute démarche administrative, la décision de mise en sommeil doit être prise conformément aux statuts de la société. Pour une SARL ou une EURL, le gérant peut généralement décider seul si les statuts lui en donnent le pouvoir. Pour une SAS ou une SASU, les statuts déterminent si la décision appartient au président ou à l’assemblée des associés. Il est recommandé de consigner cette décision dans un procès-verbal ou une décision unilatérale, selon la forme sociale.

2. Dépôt de la déclaration sur le guichet unique

La déclaration de cessation temporaire totale d’activité est régie par l’article R123-46 du Code de commerce. Elle constitue une inscription modificative au RCS au sens de l’article R123-45. Le dossier transmis via le guichet unique comprend notamment :

  • Le formulaire de modification de la situation de l’entreprise ;
  • La pièce justifiant de la décision (procès-verbal ou décision du dirigeant) ;
  • Le cas échéant, les actes de certification conforme exigés par les articles R123-102 et A123-4 du Code de commerce.

3. Traitement par le greffe du tribunal de commerce

Le greffe territorialement compétent reçoit le dossier via le guichet unique, vérifie sa conformité et procède à l’inscription modificative au RCS. Le Kbis est mis à jour pour mentionner la cessation temporaire d’activité.

4. Publication au BODACC

L’inscription modificative donne lieu à une publication au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales), qui rend la suspension d’activité opposable aux tiers.

📌 Bon à savoir : la procédure est identique que vous passiez en direct par le guichet unique ou que vous confiiez la formalité à un prestataire comme miseensommeil.fr. La différence réside dans l’accompagnement, la vérification du dossier et le gain de temps. Découvrez notre offre complète sur la page mise en sommeil.

Tableau récapitulatif de la procédure

ÉtapeActionDélai indicatif
1Décision interne (PV ou décision du gérant/président)Avant toute démarche
2Dépôt sur le guichet unique INPIDès la décision prise
3Traitement par le greffe du tribunal de commerceQuelques jours à quelques semaines ouvrés selon les greffes
4Mise à jour du KbisSimultané à l’étape 3
5Publication au BODACCQuelques jours après inscription

Quelle est la durée maximale autorisée ?

La durée maximale d’une cessation temporaire d’activité est de 2 ans pour une société immatriculée au RCS. Ce délai court à compter de la date d’inscription modificative.

L’article R123-125 du Code de commerce prévoit qu’au-delà de cette période, le greffe peut radier d’office la société si aucune reprise d’activité ni aucune dissolution n’a été déclarée. Cette radiation d’office présente des conséquences sérieuses : la société perd son immatriculation et sa personnalité morale est remise en cause, ce qui peut compliquer considérablement les démarches ultérieures.

⚠️ Attention à l’approche des 2 ans. La loi ne prévoit pas de prolongation au-delà de cette durée : si la reprise d’activité n’est pas envisageable dans ce délai, il convient d’anticiper une dissolution volontaire avant que le greffe n’agisse d’office. Notre article mise en sommeil ou radiation : comment choisir ? vous aide à prendre la bonne décision.

Pour les formes à associé unique comme l’EURL, les modalités sont identiques sur ce point. Consultez notre guide mise en sommeil EURL : procédure et coût 2026 pour les spécificités liées à cette forme sociale.


Quelles obligations persistent pendant la cessation temporaire d’activité ?

C’est le point le plus mal compris — et le plus risqué : la mise en sommeil ne suspend pas les obligations déclaratives. La société reste une personne morale à part entière et doit continuer à respecter plusieurs exigences légales et fiscales, même si elle ne réalise plus aucune opération.

⚠️ Piège de praticien. Nombreux sont les dirigeants qui, convaincus que leur société « ne fait rien », n’envoient plus rien à l’administration fiscale ni au greffe. Résultat : pénalités de retard, injonctions de régularisation sous astreinte du greffe, voire taxation d’office. La cessation temporaire suspend l’activité commerciale, pas les obligations déclaratives.

Obligations comptables

L’article L232-21 du Code de commerce (et les suivants) impose aux sociétés commerciales de déposer leurs comptes annuels au greffe, quelle que soit leur activité. Une société en cessation temporaire doit donc établir chaque année :

  • Un bilan (qui sera, dans la plupart des cas, un bilan blanc ou quasi-nul) ;
  • Un compte de résultat ;
  • Une annexe.

Ces documents doivent être approuvés par l’assemblée générale ordinaire dans les délais légaux (6 mois après la clôture de l’exercice pour les SA, SARL et SAS) et déposés au greffe.

Obligations fiscales

Impôt sur les sociétés (IS) : la société reste redevable de l’IS, même si le résultat est nul. Elle doit continuer à déposer sa liasse fiscale annuelle dans les délais impartis.

TVA : si la société est assujettie à la TVA, elle doit continuer à déposer ses déclarations périodiques, même avec un montant nul. Un défaut de dépôt peut entraîner des pénalités.

Cotisation foncière des entreprises (CFE) : la mise en sommeil peut ouvrir droit à un dégrèvement de CFE en application de l’article 1478 du Code général des impôts, en l’absence d’activité. Ce dégrèvement n’est toutefois pas automatique : le dirigeant doit formuler une réclamation contentieuse auprès du service des impôts des entreprises (SIE) compétent, dans les délais légaux.

Obligations sociales du dirigeant

Le dirigeant associé reste affilié à son régime social habituel. Le gérant majoritaire de SARL, affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), continuera à percevoir des appels de cotisations minimales, même en l’absence de rémunération. Le président de SAS ou SASU, assimilé salarié, ne paiera de cotisations sociales que s’il perçoit une rémunération.

Dans l’exemple de Nathalie, gérante majoritaire de sa SARL, les cotisations minimales SSI restent dues pendant toute la durée de la mise en sommeil. Elle l’anticipe dès le départ pour ne pas être prise au dépourvu.

Tableau de synthèse des obligations maintenues

ObligationMaintenue pendant la mise en sommeil ?Observations
Dépôt des comptes annuels✅ OuiArt. L232-21 et s. du Code de commerce
Déclaration IS / liasse fiscale✅ OuiMême si résultat nul
Déclarations TVA✅ OuiDépôt néant si aucune opération
CFE⚠️ Dégrèvement possibleArt. 1478 CGI — réclamation à formuler
Cotisations sociales dirigeant⚠️ PartiellementCotisations minimales maintenues selon régime
Tenue d’une comptabilité✅ OuiComptabilité simplifiée possible

Quel est le coût d’une cessation temporaire d’activité ?

Le coût d’une mise en sommeil se compose de deux éléments distincts : les frais de greffe (obligatoires, fixés par arrêté ministériel) et les honoraires du prestataire si vous choisissez de déléguer la formalité.

Les frais de greffe sont identiques que vous fassiez la démarche vous-même ou via un mandataire. Ils couvrent l’inscription modificative au RCS et la publication au BODACC.

💡 Vous souhaitez connaître le détail des frais applicables à votre situation ? Notre article coût mise en sommeil société : tous les frais 2026 recense l’ensemble des postes de dépenses selon la forme juridique. Pour une SARL, retrouvez les spécificités tarifaires dans notre guide mise en sommeil SARL : procédure et coût 2026.

Chez miseensommeil.fr, la formalité est traitée pour 150 € HT d’honoraires, auxquels s’ajoutent les frais de greffe en vigueur. Nous prenons en charge la constitution du dossier, la vérification de sa conformité et le dépôt sur le guichet unique, jusqu’à l’obtention du Kbis à jour.


Comment reprendre l’activité après une cessation temporaire ?

La reprise d’activité est une formalité distincte, qui s’effectue elle aussi via le guichet unique de l’INPI. Elle consiste à déclarer une nouvelle inscription modificative au RCS mentionnant la reprise effective de l’activité.

La reprise peut intervenir à tout moment dans le délai de 2 ans, sans qu’aucune condition particulière ne soit requise : il n’est pas nécessaire de justifier d’un motif, ni d’obtenir une autorisation préalable.

La démarche comprend :

  1. La décision interne de reprise (procès-verbal ou décision unilatérale selon la forme sociale) ;
  2. Le dépôt de la déclaration modificative sur le guichet unique ;
  3. Le traitement par le greffe et la mise à jour du Kbis ;
  4. La publication au BODACC.

À compter de la reprise, toutes les obligations fiscales et sociales redeviennent pleinement applicables, notamment en matière de TVA et de cotisations sociales.

Nathalie, dans notre exemple, dépose sa déclaration de reprise d’activité au guichet unique au bout de 14 mois. Le Kbis est mis à jour, le BODACC publie la reprise, et “Lumière & Décors” retrouve pleinement son existence commerciale.

📌 Vous envisagez de relancer votre société ? Consultez notre page dédiée à la reprise d’activité pour découvrir comment miseensommeil.fr peut vous accompagner dans cette démarche.


Cessation temporaire d’activité : les erreurs à éviter

Plusieurs écueils reviennent fréquemment lors d’une mise en sommeil. Les identifier en amont permet d’éviter des complications administratives ou financières.

Oublier de déposer les comptes annuels. C’est l’erreur la plus répandue. Le dirigeant, convaincu que sa société « ne fait rien », omet de déposer la liasse fiscale et les comptes au greffe. Les pénalités peuvent être significatives, et le greffe peut enjoindre la société de régulariser sous astreinte.

Négliger les déclarations TVA. Même une déclaration à zéro doit être déposée dans les délais. Un défaut répété peut déclencher une taxation d’office.

Dépasser le délai de 2 ans sans agir. Si la reprise d’activité n’est pas possible dans ce délai, il faut anticiper et procéder à une dissolution volontaire. Une radiation d’office est bien plus complexe à gérer a posteriori.

Confondre cessation temporaire et radiation. Certains dirigeants croient mettre leur société en sommeil alors qu’ils procèdent à sa radiation définitive. Les deux démarches sont fondamentalement différentes sur le plan juridique. Notre article mise en sommeil ou radiation : comment choisir ? clarifie la distinction.

Ne pas informer les partenaires et créanciers. Même si la publication au BODACC rend la suspension opposable aux tiers, il est recommandé de notifier directement les fournisseurs, clients importants, banques et assureurs pour éviter tout incident contractuel.


Confier votre formalité à miseensommeil.fr

La cessation temporaire d’activité est une formalité apparemment simple, mais qui nécessite un dossier conforme, un dépôt sans erreur et une bonne connaissance des obligations résiduelles. Une omission ou une erreur de qualification peut coûter cher.

miseensommeil.fr, opéré par NORGE CONSEIL (SASU, RCS Libourne 942 694 076), prend en charge l’intégralité de la démarche pour toutes les formes sociales : SASU, SAS, SARL, EURL, SCI, SA et entreprises individuelles.

Ce que nous faisons pour vous :

  • Analyse de votre situation et de la forme sociale ;
  • Constitution et vérification du dossier complet ;
  • Dépôt sur le guichet unique INPI ;
  • Suivi jusqu’à l’obtention du Kbis mis à jour ;
  • Information sur les obligations maintenues pendant la mise en sommeil.

💡 Une question sur votre situation ? Notre équipe est disponible pour vous répondre. Contactez-nous pour un échange sans engagement.


Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif général. Elles ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Pour toute situation particulière, il est recommandé de consulter un avocat ou un expert-comptable.

Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 22 juin 2026.

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