Modèle décision mise en sommeil SCI : guide complet
Rédigez la décision de mise en sommeil de votre SCI : modèle de décision, mentions à inclure, dépôt au RCS et délais à respecter.
- La mise en sommeil d'une SCI est une décision du gérant : aucune assemblée ni procès-verbal n'est obligatoire, sauf si les statuts l'exigent expressément.
- La décision écrite — qu'elle émane du gérant seul ou d'une assemblée — reste la pièce justificative à joindre à la déclaration de cessation temporaire au guichet unique INPI.
- La cessation temporaire d'activité d'une SCI ne peut excéder 2 ans sans risquer une radiation d'office (art. R123-125 du Code de commerce).
- Même en sommeil, la SCI conserve ses obligations comptables et fiscales : dépôt des comptes annuels, déclarations fiscales et suivi de la CFE.
Sommaire
- Faut-il vraiment une décision d’assemblée pour mettre une SCI en sommeil ?
- Mentions à inclure dans la décision de mise en sommeil d’une SCI
- Modèle de décision : structure type commentée
- De la décision au dépôt : les étapes après signature
- Obligations maintenues pendant la période de sommeil
- Reprendre l’activité ou dissoudre : anticiper dès la décision initiale
- Faire appel à un professionnel pour sécuriser la démarche
Contrairement à une idée répandue, mettre une SCI en sommeil ne nécessite ni assemblée générale ni procès-verbal d’associés : c’est, par principe, une simple décision du gérant. Aucun texte n’impose de formalisme particulier pour la cessation temporaire d’activité, sauf si vos statuts en disposent autrement — dans ce cas, ce sont eux qui font la loi entre associés. Ce que le greffe attend, en revanche, c’est une décision écrite, datée et signée, à joindre à la déclaration déposée sur le guichet unique de l’INPI. C’est cette décision que nous détaillons ici, avec un modèle prêt à adapter.
Faut-il vraiment une décision d’assemblée pour mettre une SCI en sommeil ?
La réponse, dans l’immense majorité des cas, est non. La mise en sommeil correspond à une inscription modificative au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS), régie par l’article R123-46 du Code de commerce, qui impose de déclarer toute cessation temporaire totale d’activité — mais ce texte ne dit rien sur la façon dont la décision doit être prise en interne. Sur ce point, c’est le droit des sociétés et les statuts qui s’appliquent : le gérant dispose, par défaut, du pouvoir de décider seul d’une cessation temporaire d’activité, sans consultation des associés (fiche service-public.gouv F37362).
Le piège classique : beaucoup de gérants de SCI, par excès de prudence ou parce qu’ils ont vu un modèle générique en ligne, organisent une assemblée et rédigent un procès-verbal alors que rien ne l’exige. Ce n’est pas une erreur en soi — cela ne nuit pas à la formalité — mais cela alourdit inutilement la démarche et fait perdre du temps. À l’inverse, l’erreur qui coûte cher est l’erreur en sens inverse : ignorer une clause statutaire qui, elle, impose une décision collective. Avant toute chose, relisez vos statuts : si une clause prévoit que les décisions de cette nature relèvent de l’assemblée, elle s’impose et une décision du gérant seul serait irrégulière, exposant la SCI à un risque de contestation par un associé minoritaire et, potentiellement, à un refus du greffe en cas de vérification.
Exemple illustratif : Nathalie, gérante de la SARL “Lumière & Décors”, a connu une situation comparable lors de la mise en sommeil de sa société pendant 18 mois : ses statuts ne prévoyaient aucune obligation de consultation des associés pour ce type de décision, elle a donc rédigé une décision du gérant en quelques lignes, sans convoquer d’assemblée — gain de temps appréciable dans une période déjà chargée. Le principe est transposable à une SCI dont les statuts laissent ce pouvoir au gérant.
Que la décision soit prise par le gérant seul ou en assemblée, elle doit être :
- datée et signée par la ou les personnes compétentes ;
- conservée dans les documents de la société (registre des décisions ou des délibérations, s’il en existe un) ;
- certifiée conforme à l’original par le représentant légal avant transmission au greffe (art. R123-102 et A123-4 du Code de commerce).
Mentions à inclure dans la décision de mise en sommeil d’une SCI
Aucun formalisme légal rigide n’est imposé pour le contenu de cette décision. Mais certaines mentions sont incontournables pour qu’elle soit complète et acceptée sans difficulté par le greffe.
Mentions de tête
| Mention | Détail |
|---|---|
| Dénomination sociale | Telle qu’inscrite au RCS |
| Forme juridique | Société Civile Immobilière (SCI) |
| Capital social | Montant en euros |
| Siège social | Adresse complète |
| Numéro SIREN | Délivré par l’INSEE |
| Date de la décision | Date du gérant ou date de l’assemblée, selon le cas |
Corps de la décision
Le corps doit exposer :
- L’auteur de la décision — le gérant agissant seul, ou les associés réunis en assemblée si les statuts l’exigent.
- En cas d’assemblée, le quorum et la majorité — conformément aux statuts ; sans objet si la décision relève du gérant seul.
- L’exposé des motifs — en quelques lignes (difficultés temporaires, absence de projet locatif, attente de financement, etc.). Ce n’est pas obligatoire, mais cela renforce la cohérence du dossier.
- La décision proprement dite — la cessation temporaire totale d’activité à compter d’une date précise.
- La durée envisagée — sans excéder 2 ans (art. R123-125 du Code de commerce : au-delà, radiation d’office possible par le greffier).
- Le maintien du gérant — préciser que le gérant en exercice conserve ses fonctions pendant la période de sommeil.
- L’autorisation donnée au gérant — pour accomplir toutes les formalités nécessaires (dépôt au guichet unique INPI, publication au BODACC, etc.).
Clause de signature
La décision se conclut par la signature du gérant et, si une assemblée s’est réunie parce que les statuts l’imposaient, par la signature du président de séance et du secrétaire désigné en début de réunion.
Modèle de décision : structure type commentée
Voici la structure type d’une décision de mise en sommeil de SCI, dans sa version la plus fréquente — celle du gérant statuant seul. Adaptez chaque mention à votre situation réelle et substituez le formalisme d’assemblée uniquement si vos statuts l’exigent.
[Dénomination de la SCI] Société Civile Immobilière au capital de [montant] € Siège social : [adresse] SIREN : [numéro]
DÉCISION DU GÉRANT EN DATE DU [JJ/MM/AAAA]
Le gérant soussigné, [Prénom NOM], agissant en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par les statuts et la loi,
[Si les statuts imposent une décision collective, substituer :] L’an [AAAA] et le [JJ/MM/AAAA], les associés de la société [dénomination] se sont réunis en assemblée au siège social sur convocation du gérant, conformément à l’article [X] des statuts qui impose une décision collective pour ce type d’opération.
Étaient présents ou représentés :
- M./Mme [Prénom NOM], titulaire de [X] parts sociales, [présent(e) / représenté(e) par M./Mme…]
- [etc.]
Les associés représentant [X] % des parts sociales, le quorum prévu à l’article [X] des statuts est atteint.
DÉCISION
Le gérant [/ Les associés] décide[nt] de procéder à la cessation temporaire totale d’activité de la société [dénomination], à compter du [JJ/MM/AAAA], pour une durée n’excédant pas [X mois / X an(s)], et dans tous les cas inférieure à 2 ans.
Cette cessation temporaire sera déclarée au Registre du Commerce et des Sociétés conformément à l’article R123-46 du Code de commerce.
M./Mme [Prénom NOM], en sa qualité de gérant(e), est maintenu(e) dans ses fonctions et est autorisé(e) à accomplir toutes les formalités légales et administratives requises, notamment le dépôt de la déclaration modificative auprès du guichet unique de l’INPI et la publication subséquente au BODACC.
[Si assemblée :] Cette résolution est adoptée à [l’unanimité / majorité de X %].
De tout ce qui précède, il a été dressé la présente décision.
Fait à [Ville], le [JJ/MM/AAAA]
Le gérant : ___________________ [Prénom NOM]
Certification conforme : avant de transmettre cette décision au guichet unique INPI, le gérant doit apposer la mention « Certifié conforme à l’original » suivie de sa signature et de la date, conformément aux articles R123-102 et A123-4 du Code de commerce.
Pour en savoir plus sur l’ensemble des étapes administratives, consultez notre guide dédié à la mise en sommeil d’une SCI.
De la décision au dépôt : les étapes après signature
Une fois la décision signée, la procédure se déroule en plusieurs temps. Le délai à respecter : la déclaration doit être déposée dans le mois suivant la décision.
1. Dépôt sur le guichet unique INPI
Toutes les formalités modificatives des entreprises sont centralisées sur le guichet unique dématérialisé opéré par l’INPI. Vous y déposez :
- Le formulaire de déclaration de cessation temporaire d’activité ;
- La décision du gérant (ou le PV d’assemblée le cas échéant), certifiée conforme ;
- Le cas échéant, une copie des statuts à jour.
Le guichet transmet ensuite la demande au greffe du tribunal de commerce (ou du tribunal judiciaire à compétence commerciale) compétent.
2. Inscription modificative au RCS
Le greffe procède à l’inscription modificative au RCS en application des articles R123-45 et R123-46 du Code de commerce. Le Kbis de la SCI est mis à jour avec la mention « en cessation temporaire d’activité ».
3. Publication au BODACC
L’inscription est ensuite publiée au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC). Cette publication rend la cessation temporaire opposable aux tiers. Pour comprendre ce qui est exactement publié et ses effets, lisez notre article sur le BODACC et la mise en sommeil.
4. Déclaration en ligne de la cessation
Toute la procédure peut être réalisée de façon dématérialisée. Notre article sur la cessation temporaire d’activité : déclarer en ligne détaille pas à pas la navigation sur le guichet unique.
Obligations maintenues pendant la période de sommeil
La mise en sommeil ne suspend pas toutes les obligations de la SCI. Voici un récapitulatif des principales contraintes qui subsistent.
| Obligation | Maintenue pendant le sommeil ? | Base légale |
|---|---|---|
| Dépôt des comptes annuels au greffe | Oui | Art. L232-21 et s. du Code de commerce |
| Déclarations fiscales (IS ou IR selon régime) | Oui | CGI |
| Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) | Dégrèvement possible si absence totale d’activité | Art. 1478 du CGI |
| Tenue d’une assemblée annuelle | Oui, uniquement si les statuts l’imposent | Statuts |
| Paiement des charges de copropriété ou prêt immobilier | Oui | Contrat |
| Radiation automatique après 2 ans | Risque réel si délai non respecté | Art. R123-125 du Code de commerce |
Sur le dégrèvement de CFE, adressez une réclamation à votre Service des Impôts des Entreprises (SIE) en justifiant l’absence totale d’activité locative ou de gestion active au 1er janvier de l’année d’imposition, avant le 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement (art. R196-1 du LPF). L’article 1478 du CGI encadre ce dispositif.
Pour tout ce qui concerne les bilans et les comptes annuels pendant le sommeil, notre article sur le bilan comptable en sommeil : obligations en 2026 répond à vos questions concrètes.
Reprendre l’activité ou dissoudre : anticiper dès la décision initiale
La cessation temporaire d’activité est, par définition, réversible et provisoire — c’est tout l’intérêt de la mise en sommeil par rapport à une dissolution. Deux issues sont possibles au terme de la période :
Reprendre l’activité
Une nouvelle déclaration modificative doit être déposée sur le guichet unique INPI, accompagnée d’une décision de reprise prise dans les mêmes formes que la décision de mise en sommeil — c’est-à-dire, là encore, une décision du gérant seul sauf clause statutaire contraire. La reprise doit intervenir avant l’expiration du délai de 2 ans. Notre article sur ce qu’il faut faire après une mise en sommeil vous guide à chaque étape.
Dissoudre la SCI
Si le projet immobilier est définitivement abandonné ou si la SCI n’a plus de raison d’être, la dissolution-liquidation reste l’alternative. Elle suit une procédure distincte, plus longue, avec publication de la dissolution et de la clôture de liquidation.
Ne laissez pas la période de 2 ans s’écouler sans action. Une radiation d’office par le greffe (art. R123-125 du Code de commerce) peut entraîner des complications fiscales et juridiques, notamment pour les associés souhaitant apporter ultérieurement les biens immobiliers à une autre structure.
Faire appel à un professionnel pour sécuriser la démarche
La rédaction de la décision, sa certification conforme et le dépôt au guichet unique INPI constituent un ensemble de formalités qui, bien que dématérialisées et allégées en l’absence d’obligation d’assemblée, restent sources d’erreurs et de rejets si les pièces transmises sont incomplètes ou si une clause statutaire imposant une consultation collective a été ignorée.
Chez miseensommeil.fr, nous prenons en charge l’intégralité de la procédure : vérification des statuts, rédaction de la décision adaptée à votre SCI, certification, dépôt sur le guichet unique et suivi jusqu’à l’obtention du Kbis mis à jour.
Nos honoraires sont fixes et transparents (150 € HT + frais de greffe), sans surprise. Contactez-nous pour obtenir un devis personnalisé ou poser vos questions avant de vous lancer.
Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr. Dernière mise à jour : 24 juin 2026.
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